Immenses minuscules - ​​​​​​​28 novembre 2020

Immenses minuscules

28 novembre 2020

 

 

Être somme de Minuscules

 

Vous souvenez-vous de ce film ? "Dans la peau de John Malkovich" ? C'est l'idée.

Une série de reportages à l'intérieur de...

Un être vivant, un personnage traversé par la vie.

La vie ?

​​​​​​​

Tous ces petits trésors, cette mosaïque d'impressions, de sensations, de perceptions, d'émotions.

Tous ces mots, ces notes, tweets, haïkus, minuscules ancres et beautés, etc.

Entrer à l'intérieur d'un être vivant et filmer tout ce qui s'y passe :

pensées, perceptions des sens, du corps, impacts de l'extérieur,

vie intérieure, projections, souvenirs, ruminations, etc.


Comme un documentaire, par petites touches impressionnistes, en alternant travellings, arrêts sur images, zoom, etc.

Sans oublier la bande son.

​​​​​​​

Crédit photo : Claudine L.

 

 Esprit, sors de ce corps…

 

 Je m’éveille à moi-même
Mon corps s’étire
Mon cœur respire
Un jour nouveau à vivre

 

            J’ai le pancréas las
            Ma vésicule bascule
            Le foie qui s’époumone
Les poumons perdent foi
            Mais je m’en sortirai…

 

Rassembler mes organes, coordonner mes désirs, théâtraliser ma réapparition sur la scène du monde extérieur.
Dehors il me semble entendre les murmures troublants du monde qui vibre sans moi. Mes narines s’ouvrent au parfum triste de l’automne qui se meurt doucement.. Mes mains caressent dans l’air les formes évanescentes d’un été qui tente encore une percée ensoleillée.
Où mon corps me mènera-t-il aujourd’hui ? A une table d’écriture ? A un désherbage providentiel ? A un fauteuil d’une indécente relaxation ?. 


Ma voix sortira-t-elle mélodieuse et protéinée pour aider un ami en détresse ? Ou sombrera-t-elle solitaire dans les murmures ouatés du Requiem de Fauré ?
Dehors les mésanges palpitent.
M’enseigneront-elles leur chant ?


Il me faut trouver dans la beauté inflexible du monde qui m’entoure, arbres, sculptures, élans des fleurs, la force d’accepter l’imperfection de mon être, l’insuffisance de mes possibles.

 

Il me faut palper le monde du bout de mes doigts gourds
Et sentir sous leur pulpe
La réconfortante sensation d’être en vie


            Nutriments du monde
            Donnez-moi la vigueur
            De vivre encor ce jour

 

Claudine L.

 

Crédit photo : Jean-Pierre C.

 

Matin

 

L'homme peut jouer tant qu'il veut du violon ou du piano, il ne sera jamais violon ou piano.
Ils ne sont pas son corps, et le sien n'est pas le leur.
Du tabac est tombé de sa cigarette à rouler.

 

Poussière et tabac
Fumer la poussière d'étoiles
Recueillie au sol

 

Il boit un café, un vrai café, très caféïné, il dort mieux quand le café est vrai.
Le silence du soleil levant lui donne les nouvelles du jour, les nouvelles du Sud.
Il tourne le dos au Nord pour les entendre.
Le soleil croise sa route d'Est en Ouest, à la jonction :

 

Silence du soleil
Accueilli par la fenêtre
Il luit, allumette

 

Il allume une cigarette.
Il a envie de toucher son sexe.
L'odeur, le parfum qui le suit puis le fuit depuis... Stagne.
Il se caresse.
La fenêtre aux vieilles vitres, se met à vibrer au passage d'une voiture.
Frontière entre l'envie et l'ennui, le fenêtre tremble d'incertitude.
Il vibre avec elle.
Il jouit.
Les poissons rouges dans le bassin  ont vu et senti la surface de l'eau se strier.
La douceur de l'air ce matin, fenêtre ouverte, les poissons attendent, impatients, leur nourriture.
Nager dans l'eau froide, envie d'eau froide, il va prendre une douche.
Il règle la température de l'eau et se laisse glacer par intervalles quand il ferme sporadiquement le robinet d'eau chaude.
Virtuose, il se croit maître du violon et du piano, il ne sera jamais ni l'un ni l'autre.
Il s'habille, un air flotte dans sa tête, une chanson.
Il va vers son ordinateur posé devant la fenêtre ouverte, il cherche la chanson sur le net.
Il l'écoute.
Encore.
Et encore. Et encore.
Comme un adolescent.
Le soleil peine à briller, les nouvelles qu'il donne ne sont pas claires.
Des nouvelles des confins, le confinement est partout.
Le ciel tombe sur la tête, l'antique peur est réveillée.
Il sort, et donne de la nourriture aux poissons.
Le bruit de la ville.
Le silence de la maison dans son dos et le soleil pâle qui passe

 

Nord Sud contre Est Ouest
Qui est désorienté
L'aimant pas l'amour

 

Il est dos au mur.
Et le mur, dont le crépi se décolle et tombe par plaques fantomatiques susurre 
-Elle ne sera jamais plus câline, et le mot qu'elle t'a laissé sur la table de la cuisine est la seule nouvelle audible, elle est partie vers le soleil » .
Prendre son mâle en patience.
Il pleure.

 

Jean-Pierre C.

 

Crédit photo : Claude R.

 

Les feuilles qui s'évaporent.

 

J'aime poser mon visage au soleil et ne plus avoir froid dans tout le corps.
J'ai préparé le déjeuner pour nous tous.
Cette nuit les moutons ont dormi sous les feuilles.
Tout à l'heure, le chat et moi nous sommes salués, comme à notre habitude.
Le bruit lourd des machines est revenu.
Derrière le carreau, une branche rompt et chute pour rejoindre les autres.
L'odeur du thé thaï m'enivre.
Je n'ai pas le courage de laver les assiettes sales dans l'évier.
A la radio, le journaliste parle du passage à tabac d'un homme noir.
Je ne sais plus si je suis ou me sens abattue.
Les enfants partiront tout à l'heure et reviendront avec des questions dans leurs poches.
Je les écouterai. Je leur dirai que nul sur cette terre a le droit de nuire à leur intégrité.
Il ne faut pas que j'oublie de faire ma gym.
Je regarde dans la maison l'entassement des coussins sur le canapé, le boutis en désordre, l'accumulation des livres empoussiérés sur le sol, les fruits dans leur panier qui ne seront pas mangés et la plante verte immobile, mais vivante.
Un stylo est posé en diagonale sur la table.
Le thé est tiède, je vais devoir le réchauffer.
J'ai pris de quoi écrire.
Le fil enroulé à la bille du stylo m'amuse.
Maintenant que je m'adresse à vous avec ces mots, l'eau dans la bouteille en verre tremble.

 

Claude R.

 

Crédit photo : Séverine G.

 

Quelques heures à l’intérieur de ...

Jaune

 

Parce que j’ai un problème avec la haine, je voudrai du #RedevenonsHumaindanslamain@EtreMoi.
Alors j’ai peur aussi... Peur du vide car #J’arriveplusàêtreencolère@Plusd’Emotions ?

 

De la première et fraiche respiration du matin, aux derniers regards posés sur la lune, en passant par les milles et un merveilleux soleils et ciels de nos jours , j’aime me perdre dans la vie. Dans la ville, marcher au hasard. Accepter et vouloir la surprise. Avant que tout ne soit fini.
Brillant modeste ciel
Parsemé de gris
Quelques secondes fini

 

Rayer l’analyse et préférer deviner.
La main ô qui te touche
Ressent, devine
Aime et te transforme

 

S’émerveiller des faux pas qui nous apprennent à savourer les choix difficiles. Avoir quelques secondes fugaces, la sensation d’avoir fait le pas de la Paix. Pas-simple-contradiction-paradoxe. Le pas veut discuter. Il faut prendre le temps de le déposer, comme le poids de son corps sur le sol de nos soirées.
Pour faire fondre le verre
Sans le briser
Il faut en trouver la clé

 

Si souvent je voudrais faire. Alors que pourtant je sais bien qu’il ne faut qu’être.
Faire le ménage, jeter, trier, garder. S’assoir devant ses livres ou raconter des conneries, se rouler par terre, faire des bruits bizarres, danser, pour rien, pour tout, comme ça, quand ça veut, quand ça vient.

 

Aimer parler philo avec un ado, sur le pas de la porte ou dans une bagnole, cinq minutes ou une heure, et terminer l’échange en une blague débile ! Sourire aux fausses notes recommencées et vouloir que ça continu !
Nature meurt, vit
D’abeilles soleil
Tombent les morceaux de nids

 

Alors être et partager oui ! #UrgenceEnVie@AimerSauveLaVie

 

Même si l’impermanence est la règle, je veux penser (et pas croire) que je suis nourrie des amours reçus à chaque instant de ma vie.

 

Les mots s’estompent
Sur le foyer
Mais pas dans le jaune de mon cœur

 

Séverine G.

 

Crédit photo : Nathalie D.

 

L'essence de la vie

 

Il faisait encore nuit quand il s'est levé.
Il aurait bien dormi encore, mais le réveil l'a tiré de ses rêves.

 

Le voilà maintenant devant sa tasse de café brûlant. Il aime bien cette tasse-là, la première de la journée ; elle est sa transition, son trait d'union entre le sommeil et l'éveil, entre le monde des songes et celui du réel.

 

Mais cette réalité le rattrape, l'assaille, l'extirpe de ce lieu douillet. La radio qu'il vient d'allumer  diffuse ses informations sordides, toujours les mêmes : pandémie, violences policières, guerres, exodes... 
La chaleur réconfortante de cette première tasse de café disparaît définitivement. Les idées sombres l'envahissent, angoisse, oppression lui nouent la gorge …

 

ASSEZ ! Assez des violences, catastrophes, et autres tragédies !

 

 NON A LA DÉPRIME !... NON A LA PEUR ! Lui faire la nique !

 

Il éteint la radio.
Le silence s'installe...

 

Dehors, le jour se lève. Le soleil, qui pointe son nez, fait rougir les nuages.

 

Il ouvre la fenêtre, hume l'odeur de la rosée matinale et se perd dans la contemplation du spectacle que lui offre la nature...

 

Ombre, lumière
course des nuages
le soleil joue à cache-cache

 

Tous ses sens sont en éveil...

 

Moteurs vrombissants
chant des feuilles sous le vent
vibration de l'air

 

Sa peau perçoit le moindre frémissement...

 

Vent dans le feuillage
caresse du matin
la nature danse


Peu à peu, le calme revient en lui, la paix s'installe...
Ne plus se laisser happer par l'extérieur, garder cette force intérieure pour ne pas céder à la peur.

 

Juste ÊTRE, en lien avec l'essence même de la vie.


Nathalie D.

 

Crédit photo : Anne R.L.

 

Jour noir semaine noire

 

Jour noir semaine noire
Mais alors que du noir
#bonjour tristesse
Etranglée par la colère
Dévastée par l’abandon
Trahie par les scélérats 
#le cid rien que ça
Grand temps de réduire le champs visuel 
Juste poser le regard sur la beauté
La petite quotidienne beauté
Se centrer sur le plaisir incomparable
De l’eau chaude qui coule sur la peau
D’abord la morsure puis la caresse
Savourer un vêtement neuf
S’attendrir de la patine de la veste usée
S’approcher de la fenêtre
Découvrir la tignasse ébouriffée 
D’une touffe d’herbe restée verte
L’hiver n’est pas la seule saison
Le porte manteau croule sous les vêtements chauds
Un chapeau de paille esseulé
Parle déjà du prochain été
Un quadrille impeccable traverse le ciel
Un vol d’étourneaux migre vers un autre horizon
Un ordre parfait
#la patrouille de France a copié
S’approcher de la table
Prendre un pinceau
Odeur de térébenthine
L’émotion grouille dans le ventre
Singularité d’une jolie tasse vide posée
Le petit matin a été frileux 
En bordure de nuit
Circuler dans l’univers aimé
Placards organisés
Tubes de couleur pastels tendres
Coffre aux trésors accumulés
Photos et lettres
Pages de magazine découpées
Papiers à coller 
La découverte de la beauté quotidienne
La vraie
Jour de vendanges
Clairette rose cépage lumineux
Attendrie aux larmes par une grappe
Eblouie par la grâce qui s’en dégageait
Gardée aussi longtemps que possible
Le raisin ne sera jamais banal
Immense pouvoir des petits riens
Les bans de nuages s’étirent vers l’est
Place faite à un soleil pale
Les rayons traversants
Une divinité cachée

 

Michèle A.

​​​​​​​

Crédit photo : Anne-Marie B.

 

Résistant

 

A tue – tête,   un air d’opéra  sous la douche glacée .
Un café serré
amer , court et décisif 
pour un matin sans boussole

 

Il court vers le lac, en contrebas  , invisible dans son brouillard blanc
joggeur aérien
amoureux des aurores 
les sens en éveil
le cœur en bandoulière
l’esprit aux aguets
gonflé d’attente 
Pourquoi, alors ,  ce corps lourd brutalement  
qui trébuche dans les escaliers glissants ?

 

Poussières d’or 
sur le goudron noir
les arbres capitulent

 

Cheveux rejetés en arrière 
Il entonne son crédo désormais confiné :
«  Je vous aime , spectateurs, qui me donnez la vie » 
sa voix se perd dans les ruelles  fantomatiques .
il n’y a plus d’écho !

 

Sur la haute façade blonde, dansent des mots noirs  de colère.
«  Théâtre captif qui bouillonne »

 

Personne …
Funèbre, la grille grince longuement
Les feuilles envahissent la cour
Les oiseaux règnent sauvagement dans les platanes
Bataille fébrile  entre  clefs et  mains impatientes.

 

Il entre … Hier le talonne .
il est tout nu, soudain
perd sa voix et son sourire 
et tout dérape , le sang aux tempes 
fureur et colère. 
La grande salle ou plus rien ne résonne
les accoudoirs fanés des fauteuils
le plateau déserté , décoloré,  privé de mystère 
le parfum évanoui des pulsations uniques
il se recroqueville , vaincu.

 

Se réfugie dans son bureau

 

Une rose s’incline 
le vase vide 
réclame son eau

 

La belle signare bleue 
dans son cadre poussiéreux
sourit patiemment

 

Les feuilles des  manuscrits échoués rageusement dans  le désordre de la table abandonnée 
retiennent leur souffle

 

Et soudain , il sursaute  , se redresse  aux  murmures joyeux , derrière la fenêtre , d’une mère et sa petite fille qui passent , masquées de noir .
le téléphone sonne fort et net 
les rideaux pourpres frémissent 
d’un coup , la lumière rentre à flots, embrase  le rouge de sa chemise.

 

Il retrousse ses manches.

 

Anne-Marie B.

 

Crédit photo : Hélène R.

 

NOUVEAU JOUR


A côté de moi, il grogne :
- J’ai soleil, il est quelle heure ?
Je souris :
- 5 h 10, tu as sans doute encore… sommeil ! Rendors-toi.
Pas de réponse, il n’a pas attendu ma permission.

 

Ne pas allumer de lampes
A travers la fenêtre
Apercevoir la lune derrière un cyprès
A tâtons trouver la salle de bain 
Prendre une longue douche
de plus en plus chaude
et finir par un jet glacé
Enfiler un vieux pull troué
La main sur le mur
suivre son chemin
un porte-manteau tourner à droite sentir une porte un espace vide la bibliothèque et la cuisine
Chercher une chaise
Laisser la nuit s’achever
Et percevoir peu à peu la lumière qui vient du dehors
A travers les premières lueurs du jour
apercevoir le masque suspendu au loquet de la fenêtre
Rupture 
Colère
Sur la table le téléphone
Tweeter :
        @sianpancaromort
        #Humanité 
        Alors tous, hommes et femmes, obéirent à l’injonction de rester enfermés. 
MORTS
de peur.
Faire un café
Respirer un moment
Se lever s’approcher de la porte-fenêtre
Le soleil et les arbres rayent le jardin 
d’ombres et de clarté
Vêtues de robes jaunes
Les feuilles du murier platane
éclatent la lumière
Sentir une main se poser sur son épaule
Echanger un regard

 

Continuer à aimer

 

Hélène R.

 

Crédit photo : Marie-Sol M. S.

 

PELURES D'OIGNONS

 

Une plage nue
des vagues furibondes
s'élancent en plein galop
là seule au monde
une femme recroquevillée
peine à porter ses pensées


 
Le froid s'acharne sur sa peau
elle serre contre elle son manteau 
dans son regard  amer
des sillons profonds
où danse la mer

 

Un vacarme incessant 
raye avec fracas
son tympan

 

Pulvérisé le silence  se terre 
dans l'antre étoilé de ses os
des signaux courent de toutes parts
la vie d'une cellule à l'autre 
illumine tous les rubis de sa caverne

 

J'entends son chagrin tisser avec le vent un pacte secret

 

Ses yeux se déplient
son corps se déploie
ses pieds s'ancrent
dans l'écume de la vie

 

Elle jette à la pelle
derrière elle blême
des images heurtées

 

Une trompe démesurée, le trompeur entortillé finit par tomber.

 

La page est emportée,

Des mains humaines pleines de haine pour un nom se couvrent de sang.

 

La page claque au vent,

Les flots rageurs d'un torrent de larmes ballottent les tonneaux des gouvernants.

 

La page tournoie brutalement,

Une humanité masquée entre nue dans l'univers des virus.

 

Les pages se déchirent une à une.

 

Silence
Chaleur
Douceur
Couleur
Bonheur
Les rires d'un jardin
L'onctuosité d'un pas de danse
Le cristal lumineux d'un chant
Les volutes du chocolat
Le vert paysage d'un sourire
L'enchantement d'une chrysalide
Des mots cascadent en plein vol

 

Elle peint par petites touches le décor somptueux où se blottissent ses blessures.

 

Est-ce en elle ou en moi que virevoltent tous ces objets ?

 

Tasse, brioche, carnets, crayons, bol tibétain, pierres, coquillages, tableaux, livres, fleurs en soie, statuettes, escabeau, sofa, coussins, masque africain, vases, santons, fauteuil, gomme, pinceaux.

 

J'entends son pas qui glisse vers la cuisine
Elle sent la joie emplir d'air ses cellules
Le plaisir du mouvement fluidifie ses muscles
Sa serviette porte la trace de sa bouche gourmande
Des miettes du petit déjeuner jonchent le sol
Le rideau de bois frissonne quand elle l'effleure
Dehors les oiseaux s'interpellent à petits cris
Les feuilles du grenadier brodent d'or la pelouse
Les pétales fanés du zinnia se font esquisse gracile
La terrasse terrassée par l'âge joue au lézard
Un véhicule s'annonce passe puis s'efface

 

Il l'emporte loin si loin vers cette plage et son chagrin

 

Photo de travers
Ton sourire las fugace
Es-tu là mon père

 

Rebord de fenêtre
Un chat saute glisse et crac
Tous les livres tombent

 

Chat malin tu t'enfuis avec  sa tristesse  dans tes griffes.

 

Une odeur de cannelle  la ramène parmi nous.

 

Tasse de thé vide
Brioche dodue mordue
Instant succulent

 

Elle déambule dans sa maison d'intérieur ajoutant autour de son cou autant de pelures d'oignons que nécessaires à sa protection.

 

Pierres en défilé
Cueillies le long des chemins 
Douces dans mes mains

 

Ces beautés minuscules dessinent la trame délicate où se dépose en douceur son esprit cabossé.

 

Éclatant cristal
Traversé par mille étoiles
Lever de soleil

 

Brûlant les nuages
Le soleil peint à l'or fin
Le bananier sec

 

Le miel des images colmate toutes ses brèches et distille en son cœur l'élixir du bonheur.

 

Marie-Sol M. S.

 

Prochains ateliers

 

 

Ecrire une (bonne) nouvelle

 

"Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte."
Virginia Woolf

 

les samedi 12 & 19 décembre 2020 
 

je vous propose d'écrire une (bonne) nouvelle...
dans le cadre d'un concours de nouvelles
dont la date butoir est fin décembre.

Ces ateliers sont dans le cadre de "Femmes en Filigrane"
et auront lieu chez vous, via mail

de 9h30 à 12h30

 

Nota Bene
Inscription nécessaire aux 2 sessions

 

  • Cet atelier aura lieu en deux sessions - les 12 & 19 décembre 2020
  • Une session de préparation et une de finalisation
  • Les modalités d'envoi (règlement du concours) de la nouvelle vous seront transmises en fin de seconde session
  • Pour les personnes nouvelles venues, une Fiche d'Inscription vous attend en p.j.

 

A bientôt dans la forêt touffue des mots,

Anne

 

"Nous avons des forêts dans notre esprit. Des forêts inexplorées, infinies.
Chacun de nous se perd dans la forêt, chaque nuit, seul.
"
Ursula K. Le Guin - In, Aux douze vents du monde


N'hésitez pas à partager cette information... 
 
Toutes les informations pratiques sur

https://appelart.wixsite.com/appelartcompagnie/saison-2020-2021

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Grayscale © 2014 -  Hébergé par Overblog