Samedi 29 janvier 2022 : Pharmacopée poétique
Pharmacopée poétique des saisons éphémères
Atelier d'écritures du samedi 29 janvier 2022
/image%2F1188082%2F20220307%2Fob_cf4f1f_img-20220129-112706.jpg)
Saisons
Les véroniques commencent à fleurir
Le printemps s'impatiente, s'insinue dans les jardins,
Nous met en alerte comme un appel,
Les jeunes filles vont bientôt se désemmitoufler
Et j'aurai à nouveau 17 ans.
Chaque année il y a cette chaleur
Qui balaye mes bras et mon visage par souffles intermittents
Le souffle du printemps qui se mélange
Aux courants froids et résistants de l'hiver,
Chaque année il y a cette lumière renouvelée
Et les parfums de fleurs, de miel des jeunes filles,
Et pour un temps, un temps très court, j'ai 17 ans.
Mais c'est en automne que les filles sont les plus belles,
Parce qu'entre le printemps enthousiasmant et bleu
Et les derniers rayons chauds et rouges de l'automne
Il se sera passé quelque chose.
Quoi ? Je ne sais pas.
L'été caniculaire n'est pas la réponse.
Les filles savent, elles, et n'en diront rien,
Seulement, cela se verra à leur regard
À leur maintien.
Ce qu'elles auront appris
Certains appellent cela la vie.
C'est surtout leur vie qui sera advenue.
Donnez-moi l'hiver et sa gestation,
Sa promesse secrète et inconnue,
Dans la dentelle du givre
Je vous dirai, comme une carte de tarot que l'on retourne,
Votre devenir, car, si chaque année, disons, à Pâques,
Je retrouve mes 17 ans
N'oubliez pas que j'en ai 4 fois cela,
Et que je connais bien des chemins.
Un doute cependant,
Même si je fais le fier à bras,
Même si je parle fort et que je dévoile pour vous, un avenir, qui se voudra radieux,
Je ne connais absolument pas le mien.
Et c'est bien.
C'est toujours dans l'ignorance que se niche l'espoir de jours meilleurs.
Jean-Pierre C.
/image%2F1188082%2F20220307%2Fob_87d560_img-20220226-114439.jpg)
MA TERRE
EPHEMERE EFFET MERE
MA TERRE
TU EMBAUMES
La nuit vient. Elle enduit les mers, les lacs, les étangs. Puis elle s’évapore, la mer est nettoyée.
L’élixir translucide mélange les couleurs, donne du baume au cœur, chasse les bleus de l’âme et redonne l’espoir.
Le vent les a enfermés, mélangés, chavirés, bousculés. Mais leur union fait leur force et leur renaissance.
Le baume blanc de paix
s’étale sur les mots et les maux
Le silence se fait
le tonnerre s’éloigne
la terre est réparée.
Annie B.
/image%2F1188082%2F20220307%2Fob_b8a111_img-20220226-114859.jpg)
LES SAISONS EN BAUMES
Des écorces dures
la morsure du gel
sur le blanc linceul
un cerf écorché
la renarde épuisée
reprend vie
Une luge crisse
Rires tracés dans la neige
Enfants joues au vent
Goutte à goutte
le givre s’effiloche
les bourgeons déploient
leurs murmures de soie
la joie en baume
dilue le froid
Enfants aux aguets
Oiseaux filants apparaissent
Promesses de vie
La chaleur croit
tous se recroquevillent
le cagnard vorace
écrase les couleurs
les mains du chêne
apaisent
Sous son grand chapeau
A l’ombre du contre-jour
Il boit la lumière
Des grappes pourpres
teintent les mains
un jus sucré ruisselle
les corbeilles enivrent
les yeux pétillent
Mûres à point les feuilles
Se tartinent d’arc-en-ciel
En couches légères
Marie-Sol M. S.
/image%2F1188082%2F20220309%2Fob_6de57c_img-20220226-114504.jpg)
La prescription et le caché.
Tu nais en février, tu quittes un nid tiède et douillet, mais le monde s’ouvre à toi sous les mains chaudes et douces d’une sage femme bienveillante. Bébé d’hiver, santé d’enfer! Écoute les mélodies entrelacées de la neige et du soleil ardent malgré l’hiver !
Le printemps t’apporte les ardeurs de la jeunesse, le sentiment d’être un coquelicot ondulant sous la brise, souriant au bleuet qui passe. Ton cœur est un champ de blé plein de promesses de pain chaud.
Dans les moiteurs de l’été, tes élans se subliment, tes envies de créer se concrétisent, la chaleur des amitiés et des amours qui t’enrobent anesthésie les peurs qui te rongent en secret. Tu t’abandonnes au désir d’être vivante, de profiter de chaque vibration, de chaque pulsation, de chaque émotion, en négligeant les ennuis passagers.
L’automne vient t’effeuiller et tu doutes de toi, prise d’appréhension devant le monde qui t’entoure, où la contagion, la médisance, l’intolérance, l’égoïsme et la cupidité prennent le pas sur la solidarité qui t’inspire. Tu sens tes forces diminuer, tes ambitions se restreindre, ton corps te trahir. Prends courage, et puise dans l’élixir composé de tendresse et de douceur, distillé par ceux qui t’accompagnent, la force de continuer ton chemin déclinant.
Claudine L.
/image%2F1188082%2F20220307%2Fob_ae26b9_img-20220226-114647.jpg)
La force de vie
Le fort vent d’automne
Dessèche et ride la peau
Mes mains, amies précieuses et agiles
Oignent mon visage du baume bienfaiteur.
La grande peur brouille mon bon sens.
Fait d’une infinitésimale probabilité et
Comme avec une loupe observée,
Un monstre effrayant domine ma pensée.
Il n’est que frimas, perte et mort.
Même les corbeaux ont fui.
Il ne m’aura pas.
Je convoque la quintessence de l’essence de tous mes sens.
N’est pas buse qui veut…
Son vol puissant rase la campagne,
Fend les airs à contre sens du vent, elle capte l’onde fleurie
des mots d’amours qu’on pensait inentendus.
Avant tous elle décèle le premier brin d’herbe naissant,
Avant tous elle sait que le printemps revient.
L’été n’épargne pas de la mélancolie
Je sors de la pénombre,
M’expose au magnifique rayonnement.
A chaque pensée noire j’oppose un joli mot doux,
Juste pour contrer.
L’hiver s’impose sans partage,
Mais la lumière traverse, pale mais présente.
Jamais ne s’arrêtera le défilé du temps.
La nature est engourdie,
Je pleure, confondue de la perfection de la plante, individu unique.
Voila que pulse la force de vie.
Michèle A.

/image%2F1188082%2F20220307%2Fob_4a1c62_img-20220226-114124.jpg)