Samedi 26 mars 2022 : Sommes poétiques d'éphémères

Sommes poétiques d'éphémères

Atelier d'écritures du samedi 26 mars 2022

 

 

Créations Land'Arts par les autrices et auteur des textes

 

 

Et Ffff, la Mer

Editions Magali

 

Le chat ronronne, le café passe, l’écureuil court, la rose parfume.
C’est doux, inattendu, lumineux.
Je n’ai rien oublié de l’enfance, de la pomme pour la récré, du doudou à câliner, de l’insouciance partagée.
Je me nourris de la légèreté de l’effet mère et je m’envole vers la mer.
Pas de malaise, je suis à l’aise, suspendue en équilibre, enfin libre.

 

Page 1
Et la mère fait que le chat ronronne pendant que le café passe et que l’écureuil court sentir le parfum de la rose.
Et la mère fait que tout est d’une douceur inattendue et incroyablement lumineux.
Et la mère fait que l’enfance persiste à travers le souvenir de la pomme, du doudou, du câlin.
Et la mère fait que je me nourris d’elle et que je l’envole vers la mer.
Et la mère fait s’apaiser le malaise, me mettre en équilibre et me rendre libre.

 

Page 2
Le café passe.
L’enfance lègère s’envole.
Le chat tout doux passe près de l’écureuil.
La rose se dépasse dans la lumière.
Passe le malaise et l’effet de la mer.
Insouciance, tu me nourris et je passe.

 

Page 3
Hep, Hep, où cours tu ? D’où viens tu ?
Crois tu que l’enfance du chat est légère ? A-t-il croisé l’écureuil ?
As tu pensé à te nourrir, à croquer la pomme légère posée en équilibre sur la falaise qui lui raconte des fadaises ?
As tu pris ton doux doudou au long cou qui sourit toujours à tous partout ?

 

Page 4
Doux, roudoudou, choubidou roucoulou, coucou mon doudou !

 

Page 5
Ronronne d’aise, rose grignote
La mer s’envole vers le café
Mange la pomme si rigolote
Et suspends toi, bien équilibrée.

 

Page 6
La rose orange du foulard s’élance et danse loin des fous et du mur de plomb qui explose, étonnée de tant d’incompréhension et d’inepsie fumeuse. Reviens, légèreté. Peau de chagrin.


Page 7
Je me nourris, je m’en nourris, de la pomme, de la rose ? Qui nourrit qui ? Le fruit pourri peut-il nourrir ?
Nourri-tournelle, nourri-paille, nourri-vière, nourri-zotto
Nourris, nourris, et nous on rit.

 

Page 8
Griffe le chat, sang rose
Oublié de manger le café
Drôle d’effet fait la mère
Et Ffff, la Mer est fermée.

 

Annie B.

 

 

EPHEMERE- EST FAIT MAIN
Fantaisie ludique autour du thème dans un délire grandissant.
Aux éditions Elaïa

 

Un appel au téléphone, c’est un frisson d’éphémère (bavards s’abstenir). On peut y entendre la question « Quand il pleut sur l’océan, que va faire la baleine ? », ou apprendre ensuite que la poésie au téléphone c’est détestable. Si la poésie c’est saisir l’insaisissable, doit-on sans souci souffler sur ce flocon de pissenlit, synthèse de l’encyclopédie (admirer l’allitération, svp) ? Doit-on éteindre la bougie et cette brève flamme de vie ?
F.M.R : Fais-Moi-Rire ou Fais-Moi-Rêver ? Non, Fais-Moi-Ronronner !

 

Variation 1. Style Prévert. C’est quoi, cette vibration ? c’est un frisson de téléphone. - C’est quoi, ce remous ? C’est une baleine qui sort son évent-uel patapluie quand il pleut sur l’océan. - C’est quoi, ce cri d’horreur ? C’est l’exécration de la poésie au téléphone. – C’est quoi l’insaisissable ? c’est un flocon de pissenlit soufflé par madame Larousse. - C’est quoi notre vie ? c’est une flamme de bougie trop vite consumée.- C’est quoi, ce sigle F.M.R ? c’est Fais Moi Rêver.

 

Variation 2. Style Jean-Michel Maupois. Eteindre la bougie, brève flamme de vie. Un appel au téléphone, est-ce une bougie qui s’allume ? Souffler sur un pissenlit, est-ce éteindre la bougie ? Renier la poésie au téléphone, est-ce se priver d’un frisson d’aise ? Attraper l’insaisissable, est-ce écraser une bulle de savon ? L’éphémère c’est la bougie, c’est le pissenlit, c’est la bulle, c’est la vie…

 

Variation 3. Style Queneau. Vous avez dit « Ephémère » ? Comme Fais Moi Rire ? Mais le rire n’est-ce pas surtout l’expression du désespoir ? Ephémère comme une bulle de savon claquée entre des mains d’enfant…Ephémère comme une flamme de bougie qu’on souffle pour jouir du noir… L’éphémère, vous avez dit ? c’est ma vie qui va s’éteindre comme cette bougie.

 

Variation 4. Style Supervielle. J’ai plongé dans l’éphémère. J’y ai trouvé l’insaisissable, la bulle nacrée du savon, la touffe de poil du pissenlit, la flamme vacillante de la bougie.  Et je m’y suis noyée.

 

Variation 5. Style Valérie Rouzeau.  Le téléphone sonne, résonne au creux de l’éphémère. Une bulle de savon s’échappe de l’écouteur, sa rondeur est celle de la touffe de pissenlit qui va s’envoler dans l’éphém’air, …et je reste là sans savoir qui a appelé.

 

Variation 6. Style Florentine Rey. Ephémère c’est l’envol de la touffe, c’est la graine de pissenlit, c’est la vacillance  de la bougie, c’est mon corps qui gît.

 

Variation 7. Style Christophe Tarkos. Ephémère. Effet quoi ? …eh, fait !  est-ce fait ? fais mémé…fais mémère...F comme fée M comme magie R comme raté !

 

Variation 8. Style Wianney Qolltan’. J’ai secoué le téléphone et par l’écouteur se sont échappées deux bulles d’éphémère et de savon.  Comment recoller la flamme de la bougie quand son suicide est annoncé ? En léchant les coeurs de pissenlit, peut-on recomposer l’éphémère ?

 

Claudine L.

 

 

Écrire  est  éphémère


Écrire c'est observer, rapporter, écrire ce n'est pas vivre, c'est vivre différemment, c'est l'un ou l'autre, jamais les deux en même temps.
Écrire c'est se découvrir soi-même, comme on enlève son chapeau, s'étonner, être juste dans l'écriture, être juste avec  soi-même.
Écrire c'est trouver le malaise et l'exprimer, c'est mettre le doigt sur une blessure inconnue cachée sous la peau.
Écrire c'est imaginer des histoires que l'on oublie, sur lesquelles on tire une chasse d'eau, écrire c'est suivre un cycle vital qui nous est propre.
Écrire c'est souligner la réalité avant que l'errance nous perde dans un endroit dont on ne revient pas.

                                           -----------------------------

Écrire c'est imaginer la chasse d'eau et être juste avec la réalité
Écrire c'est souligner le "en même temps" et partir dans un endroit dont on ne revient pas
Écrire c'est faire un malaise dans les bras de l'étonnement
Écrire c'est mettre le doigt dans des histoires cachées sous la peau.

                                           ------------------------------

Écrire c'est imaginer des histoires que l'on oublie
c'est oublier des histoires que l'on imagine
c'est historier l'oubli
c'est historier l'imagination
c'est imaginer qu'on oublie
c'est imaginer qu'on imagine
c'est oublier qu'on imagine
c'est oublier qu'on oublie
c'est s'oublier
alors on change de slip et de pantalon.
Dieu que c'est con de vieillir !

Jean-Pierre C.

 

 

Ateliers d'écritures 2021-2022

M'Ô présent

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Grayscale © 2014 -  Hébergé par Overblog