18 juin : Café Bibliothèque Saint-Jean à La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon
Le samedi 18 juin 2022 on s'est fait plaisir ;
Avec Nadine R., Mireille G., Yvette C., Pascale G., Flora C.
et Annick L. présente par la pensée,
on a déposé nos mots, nos stylos, nos cahiers, nos idées,
dans la fraîcheur de La Bibliothèque-Café Saint-Jean
de La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon.
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On a été très bien accueillies par Sacha Garichot
(oui, oui, le neveu d'Alain Garichot, le metteur en scène).
Un après-midi dans un site magique, historique, patrimonial et culturel.
De quoi porter les imaginaires et nourrir les créativités.
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Entre fraîcheur à l'intérieur et chaleur des extérieurs,
avec bienveillance, rires et propositions, des récits sont nés,
dans le lieu, avec le lieu, du lieu.
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Panneau Cours du Cloître
Photo Yvette Chamaret
Autrice d'un récit émouvant avec une très belle évocation de Gérard Philipe
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Un atelier d'écritures magique qui clôture une année riche,
avec des participantes douées et motivées.
Une aventure d'écriture à renouveler dès la rentrée de la saison prochaine...
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LA CREATION
Violente, sèche, éblouissante de lumière, la cour est déserte. Tout est pierre, miel et blanc, l’Histoire écrase le lieu.
Un homme, encore jeune, s’avance, le visage sombre, le regard curieux, une barbe naissante, un éternel foulard noué, une sorte de chèche égyptienne. Il porte une chemise de lin, chic et froissée ; ses pies nus sont glissées dans des sandales de cuir aux faux airs monastiques…
Alors qu’une beauté sèche, un peu cruelle, invite à la lenteur, le personnage s’impatiente, ses pas sont irréguliers, il soliloque en désordre, inaudible. Enfin, il se cale contre un mur, sous l’ombre bienfaisante d’un vieux cyprès très austère et presque menaçant, il consulte avidement ses téléphones, respire, tente de se calmer…
Il entre dans le petit bar dont l’architecture est soignée, séculaire. Une cheminée monumentale occupe tout un mur, attire le regard. Elle est travaillée avec élégance, deux angelos au regard fixe adoucissent l’imposante sculpture. Paul, c’est son nom, commande un café brulant… qu’il ne boit pas. Il s’apaise en découvrant une créature tout en légèreté , la fixant, il lui demande pourquoi elle n’est pas venue plus vite : elle n’imagine toujours pas l’angoisse qui le transperce, l’envahit avant toute création…
Paul : Que faisais tu ?
Elle : Je grimpais aux arbres, sur un en particulier, très gros dont les feuilles ne se développent curieusement que sur deux branches . Je suis en équilibre sur l’une d’elles, je vole presque, c’est improbable, c’est délicieux …..
Paul : Sois un peu sérieuse, tu interviens dans moins de deux heures. Tu connais le texte ? Tu as compris qui tu dois être ? A qui tu t’adresses ?
Un pied minuscule s’échappe de sa jupe-nuage, son regard est au lointain. Elle murmure, sûre d’elle, dans sa douceur ouatée. Elle dénoue une écharpe sans fin, rouge et légère et dit sur un ton de confidence :
Je suis la poésie, je suis le rêve, je connais mon rôle, tu me l’as offert ; les dialogues sont fleurs et nuages... Aucune inquiétude, tu peux faire entrer le public. Je suis prête et t’invite à me contempler !
Paul sourit, il sait qu’elle a raison, il sait qu’elle est sa création, sa réussite, sa petite victoire.
Paul est calme, confiant, presque serein, il monte les marches rapidement, salue les techniciens, s’installe et goûte le moment, le lieu. C’est une première, sa première ; tout est en ordre, tout est abouti. Il sera encore là demain et tout recommencera.
Mireille G.
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