Samedi 25 juin : La der de la saison
La der de la saison 2021-2022
Atelier d'écritures du samedi 25 juin 2022
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Aujourd'hui, un mot, qui tient à cœur.
un mot qui importe, vraiment, pour soi, dans sa vie.
Parmi les textes lus, un qui dit cela, ces valeurs que l'on porte, transmet, partage...
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Valeur
J’attache de la valeur à toute forme de vie,
à la neige, la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal
et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin
tant que dure le repas,
au sourire involontaire,
à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné,
à deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui
demain ne vaudra plus rien
et à ce qui aujourd’hui
vaut encore peu de chose.
J’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau,
à réparer une paire de souliers,
à se taire à temps, à accourir à un cri,
à demander la permission avant de s’asseoir,
à éprouver de la gratitude
sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur
à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent
en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage du vagabond,
à la clôture de la moniale,
à la patience du condamné
quelle que soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer
et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.
Erri De Luca est né en 1950 à Naples
"Valore" est à relire dans Oeuvre sur l’eau (Opera sull’acqua, 2002)
Traduit de l’italien par Danièle Valin
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Un texte évocateur de cette année qui prend fin, avant la prochaine;
Un groupe bienveillant, souriant, tout en sympathie et en profondeur.
De si beaux moments qu'on en redemande...
Bientôt, bientôt, septembre n'est pas si loin...
Merci à chacune, chacun :
Claudine L., notre hôte merveilleuse, Michèle A., Annie B., Anne-Marie B., Olivier B., Jean-Pierre C., Nathalie D., Séverine G., Monique L., Marie Sol S., Laura S., Céleste F.
vous qui avez fait vivre cet atelier :-)
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Que dire sans mot ?
Je voyage pour me perfectionner,
Je suis une valeur échangée, une caresse qui donne à rêver
Il se donne et est rendu, il est une main tendue
C’est ma mère qui me parle, ma sœur qui me regarde
Il est enfoui dans la terre comme une fleur en hiver
Un jour il sera l’air qui nous promet de vivre, le nuage qui cesse d’avancer
Il grandira en même temps que l’enfant
Il commencera par je, finira par nous
Important ou sans intérêt
Sa vie, son offrande, sa valeur,
Sa bonté, sa tendresse, sa douceur
Que dire sans mot ?
Le respect
Laura S.
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Je suis un voyage
Je suis un voyage
Porteuse d'une histoire
Porteuse d'un message
Porteuse d'un espoir
Je suis la bande son d'une vie
Je suis le rassemblement
Les cultures de chaque pays
La spécificité de chaque instruments
Je suis la parole de Dieu
Je suis une explosion de joie
Peu importe le lieu
Je suis même le cri de l'oie
Tout le monde peut s'amuser de cette peinture sonore
Tout le monde peut jouer de cette dimension infini
Je suis le bonheur, l'amour, le rire
Je suis la tristesse, la déprime et les pleurs
On m'associe parfois à ses souvenirs
Et je fais vivre les balais de danseur
Je suis la musique
Céleste F.
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Dans mon jardin
Dans mon jardin, j’entends à côté deux voisins qui se rencontrent, se sourient, sans doute, s’écoutent, partagent.
Dans mon jardin, au fond d’un buisson, un oiseau méconnu essaie de faire passer un message avec deux notes plutôt dissonantes.
Dans mon jardin, là-haut, monsieur cigale, qui a repéré une cigalette avenante, tente un rapprochement dans une stridulation convaincante.
Dans mon jardin, à la radio, un reporter reporte tristement que la Russie ne peut plus rien communiquer de vrai, de juste, de critique, tout est coupé sur les ondes.
Dans mon jardin, mon sémaphore mental me relie aux misères du monde ; je tordrai le cou aux fake-news.
Dans mon jardin l’air est chargé de vibrations, d’ondes, de frémissements sonores qui caressent l’oreille et délassent le corps.
Dans mon jardin la radio m’invite désormais au monologue d’un bègue qui bafouille en butant bêtement sur des b balbutiants.
Mais dans mon jardin, je dois cesser de bavarder avec vous car mon portable en panne de batterie va couper la
Communication.
Claudine L.
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VALEUR..VALEUR ???
Oui, oui, c’est vrai.
Elle peut être si prétentieuse, toujours à vouloir qu’on ne voit qu’elle.
Certains la détestent. Trop présente ? La vulgarité. Il faut toujours qu’elle se fasse remarquer.
Il faut dire qu’il est difficile de la dissocier de la joie, de l’envie, du sulfureux désir.
Et puis, elle oriente les papillons.
On lui en veut beaucoup pour cela.
En vrai, le monde est à ses pied, sa quête perpétuelle, on la veut profonde, intense, unique.
A elle on ne résiste pas.
Qu’elle farde les joues, ravive l’incarnat des lèvres, déploie l’or sous la chaleur, donne la profondeur à l’océan, l’immensité aux cieux, la fraîcheur à l’herbe craquante, elle peut faire perdre la raison.
Il lui est déjà arrivé d’enivrer, de rendre fou, de devenir véritable obsession. On dit que d’aucun se serait mutilé pour elle..
Mais pour autant, ce qu’elle signe de la vie la rend précieuse et fragile.
Comment imaginer l’éclipse de la nature, l’asséchement des lacs, les étoiles qui s’éteignent et le soleil en berne, les enfants livides…
Pas de monde, pas de vie, pas de transformation sans elle.
La chérir, la préserver.
Et user du plaisir voluptueux de jouer avec elle, à se vautrer sur la palette et rire aux larmes de la chatouille du pinceau, par exemple.
Enchantement de l’infini liberté. Ivresse de laisser éclater sa joie
Réinventer le monde sans fin,
Renaître du chaos. Elle est tout de la vie.
Elle peut basculer dans le néant.
LA COULEUR
Michele A.
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LE PORTEUR DE MESSAGES
Pour toi, je jetterai en l’air les mots les plus lourds et j’irai sur la plage dessiner les rêves de la mer.
Pour toi, je déplierai à l’infini une ribambelle de facéties.
Pour toi, j’enlèverai de tous les yeux les poussières du passé.
Pour toi, j’entrerai dans la panse des étoiles et j’en rélerai les merveilles.
Pour toi, j’oublierai un peu, beaucoup, passionnément mon moi débordant.
Je sais que tu défriches les moustaches des maigrichons du cœur.
Je sais que tu es une équation résolue à force de répétitions.
Je sais que tu es un geste d’amour qui transmute tout.
Un jour, tu entreras en vibration avec nos plus belles émotions.
Un jour, le vent nous portera tous tes messages.
Un jour, tes milliers de lucioles embraseront l’obscurité.
Quelqu’un vide ses cales pour remplir tes bagages.
Quelqu’un, enfermé dans la nuit, cherche ton nom.
Quelqu’un tisse des mots d’amour avec toutes ses larmes.
Les grilles de nos cages disparaissent à ton passage.
Les couleurs de nos désirs se déploient à ton passage.
Nos douleurs se taisent à ton passage.
Tu cours pieds nus vers nous, je te reconnais enfin.
J’attache dans tes cheveux, un par un, des papillons lumineux.
Je suis ton vol.
Ton nom s’inscrit dans ton sillage, LE PARTAGE.
Marie-Sol M. S.

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