L'Art de Creuser Samedi 19 novembre 2022

L'Art de Creuser

Samedi 19 novembre 2022

 

 

Être sang pour sang nature...

 

Notre nature en corps

dans tous les sens

 

Verticalités

envahit de vent se lever arbre

racines aux pieds sang de sève

bras branches mains feuillages

devenir émotions en mouvement

entendre

le végétal

à l'écoute

 

 

Merci à Claudine, Jean-Pierre, Marie, Marie-Sol, Michèle, Mireille et Anne-Marie

pour avoir bravé le vent et rêvé le vivant

en eux...

 

Anne

 

 

Maman, le vent me fait la cour

 

Le gravier crisse sous mes pas. Mon genou grince. Puis j’erre sur un parterre herbeux. Mon genou grésille. Mon dos se raidit. Je souffle. Il souffre. Je croise les promeneurs. 
Je-nous.

 

Le vent qui s’est levé soulève mes rêves. J’avance le nez levé vers les cimes mouvantes. J’avance…où vais-je ?

 

Je vais vers mon cher olivier. Octave ! J’étreins son tronc rugueux et bosselé. Son tronc qui me raconte sa longue croissance. ET je le caresse et lui parle de ma rapide décroissance. Et de mon tronc cabossé.

 

Le vent redouble de virulence. Et moi je me sens le résonateur vibratile de sa violence
souple. Nous palpitants ensemble, et ravis. Je revis.

 

Nous voilà tous les sept, menhirs dociles, officiants muets d’un dolmen qui cherche à implanter en nous la sagesse de la nature.

 

La symphonie du vent nous charme en do majeur. Arbres robustes, buissons touffus sont bercé et maternés dans ses vagues . Les berceaux de feuillage abritent nos rêveries.
Et nous renaissons dans le concert de la nature.

 

Claudine L.

 

 

Un escargot c'est une drôle de petite bête


Je suis un escargot, j'ai ma maison sur le dos, on me croirait faite pour le voyage, mais je suis plutôt "comme" un escargot, je me réfugie facilement dans ma coquille, et c'est une caverne, une catacombe, plus qu'une maison, c'est mon cœur.
Mon père m'appelle souvent "Ma jolie" , et cela me met toujours en joie.
Ce qui est étonnant : joie, c'est jolie sans le L.
Et les joues, ah ! Les miennes rougissent si facilement, c'est ce qui fait que je rentre dans ma coquille.
Les garçons me font voyager, certains, me font tourner la tête, j'aime cet état d'extrême confusion, attention à la contusion me répète mon père, il m'énerve quand il m'explique ce que veulent les garçons.
Et si je voulais la même chose.
Prendre mon pied.
Les caresses.
L'inconnu m'attire, le partage ou l'abandon.
Prendre son pied, voilà bien une réflexion d'escargot.
La première fois que j'ai fait l'amour, je ne savais pas à quoi m'attendre.
La douleur et la sensation d'avoir quelqu'un en soi à cet endroit-là.
Le garçon, un garçon de mon âge, gentil, ses mains sa bouche, sa jouissance l'avait emporté me laissant seule avec mon appréhension et mon désarroi, mon écorchure.
L'escargot peut être homme ou femme à volonté.
Faire l'amour avec une fille, pourquoi pas, un jour, mais pour l'instant aucune ne m'a présenté son carnet  de voyage.
Éviter les prédateurs, comment faire ?
Les premières fois sont difficiles.
Quand j'ai eu mes premières règles, ma mère avait heureuse et prévenante, mais ma grand-mère, qui était chez nous ce jour-là, s'est approchée de moi "Oh ma petite" , et elle m'a donné une gifle.
Puis elle m'a pris dans ses bras, alors que j'étais choquée, et elle m'avait serrée très fort, elle m'a dit "C'est le rituel" , ma mère s'était mise en colère après ma grand-mère, elle n'avait pas voulu que je subisse la même expérience, mais un instant d'inattention...
Quel rite cruel, stupide et humiliant.
Mon père, lui, m'avait emmenée, tout fier, au restaurant.
La matrice, le sexe et l'amour.
Tout combiner, j'ai du mal.
Parfois mes rêves sont doux, parfois violents, je me réveille toute mouillée, je vais aux toilettes, tip tap tip tap tip tap, le bruit de mes pieds nus sur le carrelage chasse les monstres de la nuit.
Avant de me recoucher je regarde toujours le jardin par la fen^tre de ma chambre, le peuple des arbres finit par me rassurer totalement.
L'un de ces arbres, depuis toute petite, je l'appelle "Géant", même s'il n'est pas du tout grand, c'est le seul dans lequel j'arrive à monter, et chaque fois que je le fais je croirais qu'il m'attendait, et quand je suis dans ses branches, je n'ai jamais peur, lui-même n'a peur de rien, j'en suis sûre.
Mon père, à sa manière est un géant, même sil n'est pas très grand non plus.
Un jour où il m'avait emmenée à l'école, il avait repéré un homme dans la rue, habillé d'un imperméable, pieds nus, il semblait ne pas avoir de pantalon ni de chemise, paraissait errer, mon père lui avait parlé et l'avait emmené loin de l'école, les pompiers étaient arrivés et avaient emporté l'homme.
Mon père était devenu un héros.
Il n'y a pas très longtemps, j'ai voulu un imperméable, un "imper" gris.
Mon père, après m'avoir surnommé "Inspecteur Gadget", m'a demandé  si c'était pour me protéger des impairs que je commettais régulièrement.
Je sais ce que errer veut dire.
Mes langueurs.
L'autre jour, toute nue, j'ai enfilé mon imper et je suis montée dans "Géant" , tip tap tip tap tip tap faisaient les gouttes de pluie sur les feuilles.
J'ai senti la sève de l'arbre courir sous l'écorce.
J'étais bien. J'imagine, je ne sais pas, que cet arbre m'aime.
Mon père m'a dit qu'un jour je saurais, il m'a dit "on apprend, on s'éprend, on comprend, on doute, on attend, et puis un jour on sait" .
J'ai 20 ans. 
J'aimerais tant trouver l'Amour.

 

Jean-Pierre C.

 

 

Vertige !

 

J'ai le vertige. Ma verticale tangue au dessus du sol qui m'apparaît comme une planète miniature. J'ai le vertige car, malgré moi, mes énormes pieds écrasent les arbres, foulent les collines au mépris des êtres qui y vivent. Vertige ! C'est un univers paisible que je piétine, un univers qui n'a rien demandé, à l'intruse que je suis. J'ai le vertige ! Autour de moi, s'ouvre un autre monde, comme une caresse...une profusion de verts en même temps que les masses arrondies des massifs se superposant. Une douce harmonie tantôt rompue par de grosses branches pointillées de jaune, traversant à l'oblique mon regard et celle de mon ombre gigantesque qui se dessine légèrement sur le sol ...comme une caresse. Le vent glisse sur mon manteau, soulève mes cheveux, s'insinue dans mes narines, mordille mon visage et gèle mes doigts. Je tremble et vacille, m'arc-boute et me recroqueville. Je me disloque. Mes mains au fond de mes poches caressent leurs paumes avec une sensation de sable fin. Est-ce le vent ou la mer que j'entends ? Vent qui a la douceur du sac et du ressac, des vagues murmurant longuement leur agonie sur la plage, chuchotant sur la grève, leur dernier cri de vie avec une infinie douceur.  Je ferme les yeux. Au creux de mon ventre, se love une douceur. Tout près de mes oreilles, une autre musique : le chuintement d'une petite brise qui a la douceur du silence. Dès que mes yeux s'ouvrent, je quitte le rivage. A nouveau, je suis dans la forêt lilliputienne. Le soleil traverse la cime dentelée de ce qui me semble des arbres, en même temps que me traverse un frisson, de chaleur, de froid, de surprise ou de bienveillance, je ne saurais le définir ? Je suis en apesanteur, traversée par les trois dimensions de ce nouveau monde qui m'entoure. Mais bientôt, les arbres, les vrais cette fois, avec leurs tentacules de géant traversent la féerie de l'instant, essayant de me toucher...ou simplement me connaître, car je ne perçois pas de violence dans leurs gestes. Ils s'imposent, c'est tout ! En revanche, les arbustes, à ma taille, ont l'air de me sourire de leurs feuilles et de leurs fleurs, ondulant sur mon passage, comme pour me dire : bienvenue. Ils m'ont reconnue. Je suis des leurs. Et pour me souhaiter la bienvenue, la nature parade et m'escorte jusqu'au fond du jardin, me présente l'olivier et le figuier. Je salue l'olivier, mais subjuguée, me tourne vers le figuier. « Bonjour, arbre du paradis, je t'avais repéré » ! D'habitude, je grimpe dans tes branches pour me gaver de tes fruits au goût de paradis. Mais, là, je n'ose pas. J'ai toujours pensé que la Bible mentait. Ce n'était pas la pomme, mais la figue, le fruit de la tentation. Mais là, tu es bien trop chétif, je n'ose pas !  Ton tronc en trois morceaux témoigne  qu'il a fallu que tu t'escrimes à vivre.  Cela me plaît d'autant plus de t'imaginer arbre du paradis ! Paradis et enfer ? Tes branches sont si torturées qu'il me vient à l'idée qu'elles abritent la danse des sorcières, les soirs d'hiver. D'ailleurs, au printemps, pour conjurer le sort, tu te pares de feuilles tout en rondeur, en attendant tes fruits exquis qui te couronnent à nouveau arbre du paradis. Mais, pour le paradis, il faut attendre. Tiens ta promesse. Je reviendrai...

 

Marie S.

 

 

RÊVES D’ARBRE

 

Le jardin, malmené par les violons lents du vent, m’attend. J’étire mes points d’équilibre. Tête au ciel, pieds sur terre. Libre. Libre d’écouter, de sentir. Je suis en équilibre. Libre de tanguer. Je déroule mes échasses. Chat perché. Enchâssée. Chassée. L’ondoyante pelouse brise ma stabilité. Déséquilibrée. J’avance en funambule. Bulles éclatées. Les vents mouvants me font serpent. Chat huant. Hantée. Je suis emportée. Brassée. Glacée. Je suis une feuille disloquée. J’oscille en équilibre hostile. Je file, fil à fil. Libre et liée. Alliée. Déliée.

 

Un vent rêveur d’ouragan transforme dans ses courants les arbres en instruments. Éclatent les trompettes du pin. Chantent les chœurs du micocoulier. Vibrent les xylophones de l’olivier. Pizzicati des violons du néflier. La peau du ciel, tendue à craquer, amplifie toutes les vibrations. Du rouge, du fauve. Des verts à profusion. De la lumière. En éclats. En aplats. En tourbillons. Des odeurs de résine, de terre, d’herbe, bousculées, effilochées. Tout entre en résonance dans les rafales. La vibration s’interrompt. Silence. Puis tout recommence.

 

Des yeux. Partout des yeux. Des mains. Des mains feuilles. Des mains griffes. Des branches crochues. Des bruits. Des souffles. Des cris. Toutes sortes de bruits. Des grrr, des pff, des crac, des splash, des haam. Tout bouge. Tout vit. Tout me regarde. Tout m’observe. Tout me surveille. Tout me voit. Plus de cachette possible. La peur. Un souffle de bête. Énorme. Je l’entends. Ça s’approche. Je la sens. Je respire mal. La peur enfle. Elle va me happer. Me dévorer. Je ne suis plus que ma  peur. Je vais hurler. Mon cri. Silence. 
Je reviens au monde. Je grandis à vue d’œil. Je reprends les peaux des miens. Là, les piétineurs d’herbes et d’insectes. Là, les jardiniers, sécateur à la main. Là, les mangeurs de fruits, de feuilles, de chair. Là, les coupeurs d’arbres. Là, les chasseurs. Là, le vacarme des machines qui excavent et dévastent sols et sous-sols. Hélas ! Lasse, si lasse. 
Que de silence dans mon sillage ! Mais, d’autres yeux guettent d’autres vies. La vie se nourrit de vie. La vie court de vie en vie.

 

En majesté, au cœur du jardin, un sapin bleu étale ses bras musclés. Mes yeux, en majesté, enlacent la main de l’arbre. Ma main enlace la majesté des yeux de l’arbre. Les mains de l’arbre, en majesté, enlacent mes yeux. Sa majesté l’arbre enlace les yeux de ma main. Ses yeux, ma main, enlacés, dans l’arbre, en majesté.

 

Fusion. Effusions. Ses peaux feuilles me frôlent. Son écorce m’écorche. Je grimpe. Il suit chacun de mes appuis. Je fais corps avec lui. Son ossature vigoureuse me fait brindille. Nous fusionnons. Des détails fusent : Ses courtes aiguilles bleues, alignées en équilibre, dessinent des palmiers miniature. J’en devine chaque pointe. Leurs dards aiguisent mes ardeurs. Son feu entre dans mes yeux. Je vois le monde du haut de son immobilité. Plus qu’un ! Je perçois soudain la course sans fin de notre planète. Un vertige innommable s’empare de moi. Sans préambule il m’enfouit dans ses racines. Me voici dans la nuit de l’infiniment petit. Je me sens exposée au chaos d’univers incommensurables. 
Un  chant frêle monte jusqu’à nous. Vent jaloux. Le vent le fait chanter. Le vent se joue de nous. Le vent le fait danser. Le vent nous gifle à pleines mains. Réveillés ! Sauvés ? Nous  pleurons. Moi à grosses larmes, lui à feuilles et à branches. 
Spling, crash, spling, crash, ing, ash. Inachevé ! Sans lui, inachevée. Hachée !

 

Ballottée au sein de l’arbre, j’en ressors transformée. Déformée. Informe. Mes repaires ont disparu. Sans repères. Désorientée. Sans mains ni pieds. Déviée. Minuscule. Si près de basculer dans le vide. Diminuée. Démunie. Nue. Abasourdie. Éperdue. J’implore Isis de retrouver mon corps perdu. L’arbre m’a façonnée. Modelée en poupée de glaise. Je m’affaisse. Me dilue dans l’atmosphère. Je tourbillonne dans le vent. Par fragments épars j’atterris au pied du tronc. Je suis ce petit tas recroquevillé. Je me blottis dans son micro climat. Je découvre ses alliés. Ses connexions interminables avec les champignons. Ses alliances avec les insectes ! Je reconnais les sentiers innombrables qui montent de ses racines jusqu’aux feuilles. J’écoute l’incroyable élaboration chimique de la sève qui alimente l’ample cité qu’est son corps. J’entends les pulsations de la vie qui gronde en lui. Elles semblent détenir le secret qui permettra à mes cellules de s’unir pour me redonner forme.
Je reconnais enfin cet ancien, si savant et résistant. Si différent ! Si coopérant !

 

Arbre ! Apprends moi le langage du monde !

 

 Marie-Sol M.S.

 

 

COMPAGNON

 

Délice d’apprécier la stature de mon corps,
Joie de la verticalité, joie de ressentir l’énergie qui monte de la terre
Joie et chance de la mobilité possible, le bas du corps ancré au sol
Joie d’observer la magique charnière, celle des hanches.
C’est là le siège de la joie, m’a appris la médecine ayurvédique.
Passage autorisant l’effet de la pesanteur, conscience de notre condition humaine et l’élévation céleste, celle qui ouvre à l’irrationnel

 

Pas dans la nature, se frotter aux éléments
Et s’y soumettre
Caresse glacée du vent sur les joues, la peau rosit davantage.
Se soumettre au rythme imposé par le vent violent, le cœur du monde pulse à sa façon.
Bruissement acide des feuillages, craquement rapide des branchages.
Vacarme puissant et régulier, comme le fracas des vagues d’une mer démontée
Se soumettre à la violence, la redouter, être fascinée.
Lorsque le mental étourdi par la fureur extérieure accepte enfin de lâcher, un cerveau inattendu vient prendre le relais.
Le ventre sait qu’il est le berceau de la vie, de la survie.
J’apprivoise un vivant différent.

 

De chaque élément vivant se dégage une force, c’est elle qui donnera la forme.
Force de croissance, force d’existence, l’arbre jaillit de terre puissamment .
Force créatrice, mystère absolu de la forme.
Pourquoi naît là un cyprès plutôt qu’un chêne ? 
Quel merveilleux grand ordonnateur orchestre tout cela ?
Force de la lumière, du rayonnement solaire
La forme est modelée.
Force de l’espace, qui n’est pas rien. Force du grouillement de vie, force qui met au monde les formes .
Force irrépressible de la création qui place l’humain au cœur de tant de formes réunies.
Émotions infinies de découvrir la vie. Là. Partout. Tout le temps.
Crissement 
Frémissement
Bouleversement
Émotion indélébile d’un souvenir étrange .
Le jour où la conscience du vivant est venue me percuter.
Charnel, végétal, minéral, humain, coloré, odorant…
Amour infini, débordant
Envahissant.

 

Fraternité heureuse, 
Fraternité infinie.
Avec un arbre rassurant je me suis faite amie.
Rythme du paysage, 
Compagnon quotidien, 
A l’écoute des bruits du monde, 
chagrin, humeurs, bonheur, il  témoigne de ce qui se vit.


Je pleure encore d’avoir vu mon arbre arraché.

 

Michèle A.

 

 

"AUTANT EN EMPORTE LE VENT"

 

    Tout est souffle, le vent tourne, vrille, étouffe, bondit, nous rend impatient dans l'inconfort, l'équilibre est précaire, la chute imminente. Une marche timide, pesante et malhabile génère un nuage de minuscules moucherons, dérangés, éparpillés, deviennent pour un instant visibles et vivants. Les branches craquent, griffées, sont une menace. La nature est vibrations, bonds sonores, bourrasques folles.


    Le corps raidi, frissonnant, bousculé et asséché lutte dans sa solitude, fermé à l'autre, tout à sa lutte dans un froid glacial, tout à son incompréhension devant cette nature figée dans leur résistance.


    Le vent soufflette, gifle décoiffe, embrouille ; il est insistant, indiscret, s'engouffre avec force et autorité. On est le souffle, notre respiration, notre démarche, nos pensées en découlent.


    Cependant, le souffle n'est pas que violence, il est aussi harmonie dans les sons de carillons, de basses, il faut l'écouter, s'en soucier le vivre et l'adopter. Il est peintre, il ravive le bleu profond du ciel, magnifie sa pureté. Il colorie, invente mille nuances d'ors, de cuivres, de roux, contraste par des effets de pêches et d'ivoire. Le vert devient multiple, brillant ou éteint se fonce puis se ranime. Il est aussi architecte. Il crée des paysages que l'on ne reconnaît pas où l'ordre est chamboulé. Il se fait ouragan pour s'éterniser dans ne symphonie sourde, continue, semblable aux flux et reflux d'une mer agitée.


    Le souffle est la Vie, comme elle, fulgurant dans son arrivée, grandissant dans sa progression, inattendu, soudain calme puis violent dans ses rafales, ses tourbillons, ses désordres et enfin  tombe jusqu'à en mourir.


    Parmi le souffle, devenu simple rumeur, une rencontre s'impose, un arbre se présente. Il est tout argent, harmonieux, d'une infinie élégance, sublime dans sa forme torturée. Le souffle a peu de prise sur lui, ses branches au toucher très doux sont solides, couvertes de bouquets de feuilles minuscules aux reflets gris, vigoureuses mais délicates dans leurs vernis.


    C'est un arbre biblique, cité dans mille textes anciens, porteur de  l'Histoire. Il est la Paix, la résistance, on le dit éternel. C'est un sage. Sa présence est une promesse, une invitation à la gratitude, au respect. On ne regarde pas un olivier, on le contemple, on le supplie, on le remercie.

 

    Au centre du jardin, une potée  de plantes grasses ronde, énorme, impassible au vent, au souffle, au désordre coloré du jardin, apaise et nous écoute.


    
Mireille G.

 

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