L'Art de Creuser Samedi 11 février 2023 - 1
L'Art de Creuser
Samedi 11 février 2023 - 1
Des pays dépaysants
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Observer les frontières
ce peut-être aussi poser ses limites
se réfugier dans sa bulle
son jardin secret
Je me souviens de cette phrase
"ma joie est grande comme un petit pays"
"petit pays, je t'aime beaucoup..."
chantait Césaria Ivoria
Et si et si
nous inventions notre pays
pour y mettre ce qui nous tient à cœur
ce qui réjouit nos âmes
et fait vibrer vos sens
Aujourd'hui
Jean-Pierre, Claudine, Mireille, Marie, Séverine, Michèle et Marie-Sol,
vous emmènent visiter leur petit pays imaginaire...
Et vous allez faire un bien beau voyage croyez-moi ;-)
Anne
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" Je me sens fragile
Comme un pays en paix "
Création Collective
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L'escale
Mon pays est le temps arrêté.
Il est le tangage et le langage de tous les bateaux
le balancement et le rythme de tous les trains.
Ses frontières ? Des lignes de voyage.
Mon pays est mouvement perpétuel.
Dans cette mouvance, quand l'espace rejoint le temps, l'amour et la connivence y sont la cohérence de l'âme humaine,
un instant d'équilibre fugitif et profond,
le temps d'un soupir, juste le temps d'un soupir.
Jean-Pierre Curnier
" Je me sens aphone
Comme un pays se reconstruisant "
Création Collective
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Le jardinet qui sourit
Mon pays se love dans 36m2 de douceur odorante, séduisant comme un hectare de verdure à lui tout seul. Mon pays se découvre dans une caresse de l’œil, clos cerclé de cosmos et de verveines odorantes. Son seul poste frontière est une inoffensive barrière en tiges mauves entrecroisées tendrement ; seul un écureuil de passage peut en monter parfois la garde.
Mon pays est un vaisseau refuge pour solitaire en déprime, le mât de son cerisier en fleurs, arbre unique mais secourable, accueille dos et cœurs meurtris, dans un fin parfum soyeux et fait à chaque risée pleuvoir une neige tiède.
Mon pays n’a que deux réfugiés ces jours-ci, un couple de mésanges ont choisi le cerisier pour nidifier et s’active en préparatifs. Mon esprit virevolte entre eux deux : déjà pondu ? pas encore ? Me répond un gazouillis exquis.
Mon pays, c’est la tendresse faire herbe moelleuse, bénie dans le lointain par le tintement d’une cloche encourageante. C’est un havre sans vagues de tolérance et de quiétude où je me sens en paix.
Claudine Laurent
" Je me sens intriguée
Comme un pays arrosé de pierre "
Création Collective
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Douceurs de Vagues
Mon Pays n’a pas de mur, la beauté suffirait, à elle seule, à arrêter n’importe quel ennemi.
Mon Pays est infini, calme et juste, les doigts dans le sable doré.
Mon Pays est la mer, elle récite des poèmes. Elle efface, elle recouvre, elle danse aussi à mi-voix.
Mon Pays est le soleil chaud qui plonge puis renaît pour mieux m’inonder.
Mon Pays a la saveur marine, le crissement des coquillages que l’on écrase dans une marche joyeuse à la lisière aux couleurs d’aquarelle qui n’est plus tout à fait la terre pas encore la mer.
Mon Pays est la musique, elle est partout pour celui qui la cherche, elle remplit l’espace ; celle que l’on compose pour l’harmonie, pour les dissonances, pour la force qu’elle donne aux contemplatifs, aux amoureux, aux désespérés, aux vivants.
Mon Pays est le son des choses, ceux de la nature : du frémissement du vent dans les feuilles, des gouttes de pluie au silence ouaté de la neige. Le froissement d’un papier au stylo qui égratigne la copie au repas qui mitonne.
Mon Pays est la beauté, celle des corps qui dansent, qui se rapprochent, qui parlent. Ils se font fêtes, évènements, explosions. Le corps est alors le centre du monde.
Mon Pays est la vérité du mouvement.
Mon Pays est un rire d’enfant, encore innocent, sonore, communicatif et terriblement vivant.
Mon Pays est un chat, celui que l’on dorlote, que l’on caresse jusqu’à ronronner à l’unisson, les yeux dans les yeux.
Mon Pays est un ciel étoilé que l’on contemple, sans comprendre, le regard perdu, simplement dans un sentiment d’éternité.
Mireille Galas
" Je me sens solidaire
comme un pays multicolore "
Création Collective
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Une parcelle d'infini
Mon pays est une petite crique découverte en Corse à l'automne. On y accède difficilement, par un sentier traversant un bosquet glauque. Il faut ensuite descendre, sur des rochers glissants et acérés. Je progresse doucement pour éviter la chute qui serait, dans tous les cas, douloureuse.
Mon pays, ça y est, j'y suis ! Quelques mètres de largeur. Encore moins de profondeur, bordé par la falaise. Une bande de sable, puis une bande d'algues pas très engageantes. Enfin, les galets. Je les vois en transparence. L'eau est claire, l'eau est chaude, l'eau nappe mon corps qui s'y enfonce. Je nage vers l'infini que je n'atteindrai pas, engloutie dans un camaïeu de bleus. Je n'atteindrai pas l'infini, pourtant je le pressens sur ma peau.
Mon pays, c'est la douceur d'un chat, la beauté d'une fleur, le concert des oiseaux, les vaguelettes qui caressent le sable, la musique du silence, l'odeur d'une peau aimée, le souvenir d'un fou rire qui n'en finit pas, l'émotion qui me submerge quand un enfant naît ou à l'écoute d'un Stabat Mater. ou encore, au détour d'une architecture audacieuse.
Mon pays, c'est l'angoisse de la quitter, la difficulté de se hisser sur les rochers et de remonter le sentier, la peur aux trousses.
Marie Saladin
" Je me sens le cœur en images
comme un pays où l'on revient "
Création Collective
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La place aux odeurs jaunes
Mon pays c’est celui du bruit.
C’est celui dans lequel être en sécurité, c’est être en vie.
Dans mon pays Mimosa rencontre Olive. Guéridon et Café sont amis du soleil et mes yeux ne sont jamais lasses de l’horizon qui se reflète dans l’eau qui voyage.
Blanc, bleu, orange
Dans mon pays ça claque, ça crie.
Blanc, bleu, orange, rouge aussi
Mon pays est un espace presque clos, cocon percé d’espaces colorés.
Blanc, bleu, orange, rouge et jaune
Mon pays aime l’amour, chéri l’amitié et embrasse les enfants bruyants.
Mon pays aime pleurer… de ces larmes qui lavent le cœur et le soulage.
Noir, blanc.
Pleurer de rire, pleurer de joie, pleurer de nostalgie aussi.
Jaune
Mon pays a la peau rugueuse, vieillie et plissée. Il a la peau sincère des émotions qui l’ont traversé.
Il a les oreilles qui écoutent le cœur.
Rose-orangé
Dans mon pays Arbre et Pierre siègent au Parlement de la Vie.
Bleu et gris
Il est laborieux mon pays. Comme ces fleurs qui se battent malgré la sècheresse, il s’engage. Il sait qu’il perdra peut-être mais il tente sa chance, il mise sur la vie.
Il est Multiple, il est Possibles, il est Existences
Séverine Gros
" Je me sens éblouie
Comme un pays à défricher "
Création Collective
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IL EST BEAU MON PAYS, IL EST BEAU
Mon pays tient davantage de l’invisible et de l’impalpable que d’une délimitation géographique.
Pour autant il existe, un espace magnifique.
J’ai soin d’y entretenir un feu précieux et vacillant. Celui de l’envie de vivre.
Tout n’est pas simple et facile dans mon pays, il faut parfois endurer pour le parcourir.
Mais tout y est si vivant !
L’Est propose une belle chaîne de petites montagnes, mamelons en ce moment joliment poudrés.
Sur le versant opposé au mien, tout y est différent, je le connais moins mais je sais qu’il peut faire bon y rester .
L’Ouest accepte une construction contemporaine et fonctionnelle, le bois dont elle est bâtie l’intègre facilement au paysage.
Oser habiter les lieux, l’humain a sa place dans mon pays.
Une puissante haie de cyprès s’érige au nord, protège du vent violent, fait se réchauffer le sable dont est couvert le sol. Une vraie tendresse qui fait rêver à la plage lointaine.
Et le Sud ! le Sud !
On pourrait le croire délimité par le faible ruban gris d’une gentille petite route de campagne. Il n’en est rien. Seul l’horizon le délimite, ou justement ne le délimite pas.
Je plonge mon élan de vie dans cette immensité, je survole les espaces. Ils sont en moi, je suis géante, je suis légère .
Habitée de tendresse, animée de désirs, ivre d’envie de rire et de m’égayer.
Remplie d’un amour qui ne cesse de couler, comme une source vive et intarissable, comme une fontaine magique et inlassablement abondée.
Toute à mon survol tantôt rasant, tantôt frôlant de vertigineuses altitudes, je guette le regard de l’autre qui me parlera de son pays. J’attrape son sourire qui accrochera la lumière et illuminera ma parcelle de vie.
Mais tout n’est pas que surface dans mon pays.
La profondeur en est peut être la vraie dimension. Je parlerai alors du temps, de l’horloge inéluctable, des années, de tous les individus qui m’auront précédée dans mon pays. On les compte par millions, tous auront laissé une cellule créatrice en moi.
Comme eux, comme cette multitude fourmillante et singulière, je me frotte à ma capacité d’effacement. Nouvelle tempête, nouvelle épreuve.
Être parmi l’univers, ni plus ni moins. Mais Être .
Michèle Aubéry
" Je me sens si proche
Comme un pays riant "
Création Collective
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HISTOIRE VERTE
Mon pays tape des pieds à la lisière de mes pensées. Je dévale avec lui, une prairie ivre d’odeurs. Les sucs des couleurs explosent. Ils m’imbibent d’énergie. Mon pays joue de la cornemuse au cœur de ses montagnes. Il tisse et détisse un ciel nuageux. Des vautours en majesté y dessinent l’immensité. Mon pays lave ses courbes dans la pluie matinale. Il brode ses fougères de senteurs boisées. Des forêts épaisses courent sur ses flancs. Les maisons aiment s’y farder de couleurs vives. Ses gens parlent haut avec des mots caresses. Leur cuisine pétille entre terre et mer. Mon pays se couvre de pommiers. Son cidre éclabousse ses grands verres. Mon pays regarde ses vaches en équilibre sur leurs longs cils. Il écoute son océan se briser sur ses rochers et y mêle le chant de ses hommes et de ses femmes.
Mon pays, un jour, est parti.
Mon pays crisse sous la chaleur blanche d’un cagnard métallique. Il déploie la soif de ses oliviers aux langues d’argent. Ses garrigues criblées de calcaire tintent au soleil. Ses chênes kermès s’arment de piquants et ses sauges sclarées de velours. Ses lavandes, ses romarins et ses thyms effilés s’embrument de parfum. Les couleurs se réfugient dans la cuisine de ses habitants. Les vignes sont leur fierté. Leur vin aime les rouges profonds. Mon pays se gave de fraîcheur entre les muscles de son fleuve. Mon pays se tasse quand sa majesté le vent déroule sa colère. Il sculpte dans la pierre de fabuleux grotesques. Il galope jusqu’à la mer et éparpille les échassiers roses et blancs. Ces excès chantent dans la langue de ses hommes et de ses femmes.
Mon pays vert franc, mon pays vert amande, je suis mes deux pays.
Marie-Sol Montes Soler
" Je me sens inspirée comme jamais
Comme un pays du bout du monde "
Création Collective

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