L'Art de Creuser Samedi 11 février 2023 - 2

 

L'Art de Creuser

Samedi 11 février 2023 - 2

Dévalise des mots-valises

 

 

Ah ! Le coup de l'île déserte !

Dans ma valise il y a...

 

Et quand le départ nous presse nous pousse nous précipite

"Personne ne quitte sa maison

A moins que sa maison ne le chasse

Le feu sous les pieds

Le sang qui bouillonne dans le ventre."

écrit Warsan Shire dans son poème « HOME »

 

Et quand le voyage est voulu désiré attendu

que met on dans sa valise

est-elle bien rangée ou remplie à la va-vite

remplie sans y penser ou suivant une liste bien précise ?

 

"J'ai mis dans ma valise
Trois ou quatre chemises
Mon foulard, ma casquette
Une paire de basket
Mon anorak et mon béret
Mon maillot et mon bonnet
Et des chaussettes rouges et jaunes à petits pois
Et des chaussettes rouges et jaunes à petits pois..."

La Valise, une chanson de Dorothée vous vous souvenez ?

 

Aujourd'hui

Marie-Sol, Michèle, Séverine, Marie, Mireille, Claudine et Jean-Pierre

vous révèlent ce que leur valise recèle...

Un scoop en langue de voyage où les mots-valise vous ouvrent bien des possibles ;-)

 

Anne

 

FRAGLISE


J’entends le monde frapper à ma porte ? Partir... 
Ma valise farfouille dans mon cocon. Comment y enfermer toute ma vie ? Je la proclame fraglise. Quoi de plus fragile qu’un papillon mais il défie le vent et vogue de fleur en fleur ! 
Ma valise tendra ses voiles et j’avancerai. Sa fragilité sera ma force.

 

Que laisser, que prendre ? D’abord le chabeauté. Ce compagnon aux yeux insaisissables me plongera dans l’inconnu. Je ne me perdrai plus dans la nuit, ni dans les pensées sombres. Il m’apprendra la douceur et la patience, l’agilité et la férocité. Il me révélera toutes ces parcelles de beauté que l’indifférence fait mourir.


 
Pour me vêtir un partagissu suffira. Son ampleur me protégera par tous les temps. Selon mes humeurs j’en ferai un drap de soie ou une toile de Nîmes. Mais partagé, il deviendra l’étole d’un roi.

 

L’éclatant steeljoie sèmera sa musique et les sourires fleuriront. Il est très encombrant mais il ferait danser la calypso à un unijambiste ! Il chante : « Poussez-vous ! » et disparaît dans ma valise. Avec lui je parlerai toutes les langues.

 

Je n’oublie surtout pas mon agathelarmes. Ses couleurs de pierre éloigneront les toiles d’araignées. Elle aidera mes larmes à couler jusqu’à la mer.

 

Son poids me rebute mais mon dicoplorateur part avec moi. J’entrerai avec lui dans tous les savoirs, et j’explorerai les plis et replis du monde.

 

L’humanité palpite dans le fond secret de ma valise. Mes chers disparus me l’ont laissée en gage d’amour. Je les retrouve chaque fois que je fais aux autres l’offrande de ma joie.

 

Il ne me reste plus qu’à chausser mes baskousuisses. Elles s’adaptent à toutes les situations. Avec elles je brise mes chaînes, je ne suis plus une maman-dataire.


Je saute pieds joints dans le présent et deviens goûteuse d’instants.


Marie-Sol Montes  Soler

 

" Je me sens blanche
Comme un pays de fleurs éparpillées
"

Création Collective

 

 

MA VALISE

 

Dans ma valise, je mets, je mets, je mets, je mets…
Quel casse-tête..
Bon, elle est toute petite, tant mieux ! Remarquez, c’est un choix. Je suis capable du pire.


D’abord et cela est inconditionnel, obligatoire, vital, j’y dépose pinceaux chéris, aquarelle adorée, carnet de croquis-ami. C’est ma façon de ne pas oublier ma regariosité et de gouter à l’univers dans lequel je vais voyager.
Place de choix également, dans ma valise pour les chaussucopines. Vous savez, celles dans lesquelles on est si bien.. Les chausser c’est comme retrouver un petit bout de sa maison. Avec elles je vais aller loin.
Vite, avant de l’oublier, ce qui serait très dommage car il y aurait alors un Très Grand Vide, je plie et dépose prestement mon pullhorizon. Vêtement unique et indispensable. Informe surtout.
Un pull mou, doux, confortable dont la couleur céleste accroche un peu d’enfance.
Car on a besoin de tout pour voyager, et surtout de ce qui est en soi.


Ma gentille Partapoule se fera une place dans ma valise. Concept original et durable, elle cumulera le multiple  avantage de me tenir compagnie, picorer les miettes de mon pain, et de pondre des œufs que je pourrais éventuellement partager avec les compagnons de rencontre. C’est toujours bien d’avoir quelque chose à partager. Et aussi pourquoi pas les gober si la faim venait à tirailler de trop.
Très utile la Partapoule.


Ce qui est sûr c’est que je n’emporterai pas l’Habiduel récurrent . Mangeur d’énergie et de bonne humeur. Certes, il peut avoir un charme pour certains, à la maison, un dimanche soir languissant qu’il faut remplir , alors pourquoi pas avec la querelle archi connue et pratiquée. Cela peut être une valeur sure , mais non, pas dans ma valise.
Par contre, je laisse un petit coin pour l’humimoi. Mais si vous connaissez, c’est un personnage intérieur que j’ai fait patiemment grandir. Sorte du couteau suisse intime. Il cumule les fonctions d’amitié, d’émerveillement, de bienveillance et j’en oublie. Cherchez le chez vous, il est entre le cœur et l’âme .


Michèle Aubéry

 

" Je me sens de passage
Comme un pays en liesse
"

Création Collective

 

 

Dans ma valisefro

 

J’emporterai l’essence-ciel.
Pour passer les valontières, je serai en compagnie de mon aimé Labornard dont le souvenir soutiendra mes efforts. Durant les nuits froides je me blottirai dans mon édredonde.
L’EmoKôln Concert viendra stimuler mes oiseaureilles.
Arrivée à la frontierva, je brandirai avec toute ma simperfection le mot de pass-pass qui me permettra d’aller sur l’autre rêve : « insolitude »
Et pour que demain d’autres valisfro me rejoignent, je demanderai aux frontières de « Faire-ensemble » pour que se mêlent et se complètent nos richérences dans une multitude de couleurs de jupeaux.

 

Séverine Gros

 

" Je me sens guillerette
Comme un pays souverain
"

Création Collective

 

 

Dans ma valise

 

Dans ma valise, j'emporte mon passé, mon présent et mon avenir, mes chats, ma sœur que je compacte en CHATSOEUR. Chasser l'aventure avec mes cuissardes de sept lieues, tel  Don Quichotte, je me suis tant cassée la gueule ! Dans ma valise, je mets tout, trop, les JOIESEAUX et la MUSILENCE, sans oublier ma sculpture préférée, celle du petit bonhomme portant une PILIVRES deux fois plus haute que lui. Elle me préserve de ma démesure, de mon incapacité à gérer le trop, de ma GENERAUTHENTIQUE faiblesse ou peur du vide. Dans ma valise, je mets le vide et je pars, VALISIERE EFFRONTIERE, n'ayant comme sésame pour affronter les cerbères, que le souvenir de ce subterfuge malencontreux qui fût un jour ma délivrance : faire pipi dans ma culotte !

 

Marie Saladin

 

" Je me sens rêveuse
Comme un pays bleu et rose
"

Création Collective

 

 

Dans ma valise


L’Afrique de mes 9 ans que je veux garder, c’est une petite Kadiatou en bronze qui fait « foufou » en pilant le mil et le manioc. Elle chante mon enfance comme un écrin de tous les trésors.
Dans ma valise, une Promesse de l’Aube aux airs de Méditation. Thaïs est là.
Un pantalon orang orange, large et bienfaisant accompagné d’éternelles bottines noires, pas très confortables mais si familières…
Le rinnocent des enfants du monde sous un étoiciel.
Ne pas oublier dans ma valise le ticket du cinémadeleine pour y pleurer et se consoler d’une vie sans larme.
Rêver pour dissoudre les frontières, les traverser en frontieval, un chat au coin de mon cœur.
Dans ma valise, toutes les pensées pour un ailleurs qui n’est plus loin.


Mireille Galas

 

" Je me sens invincible
Comme un pays tant aimé
"

Création Collective

 

 

Valise


Dans ma valise bleue, mon chat s’est lové dans mon survêt’, le museau pointé vers les baskets. Sur le côté gauche, Grand Corps Malade fredonne le »Dis, quand reviendras-tu » de Barbara. Casé dans une fiole un soupçon de vitriol se promet de dissoudre d’éventuelles frontières contrariantes. Si par malheur un douanier vergogneux venait à le découvrir, je compte quand même sur son esperantolérance…Enfin, sur le côté droit, m’attendent « Les histoires comme ça », de Rudykpling, que je peux relire cent fois sans me lasser de ces inventions loufocomiques au vocabulaire savoureux. Quelles belles aventures m’attendent, avec ce bagage léger mais lourd de sens !


Claudine Laurent

 

" Je me sens redevenir une petite fille
Comme un pays vertical et fini
"

Création Collective

 

 

Dans  la  malle

 

Dans la malle il ne reste plus qu'un nuage, un instince, une émotion.
Dans la malle, vidée de ses vêtements, de ses rêveillés, de son combarricade, 
de son tuegarde-fou, de son excitation des départs, de sa boiteashit, de ses dorénaventures,    il ne reste qu'un souvenir : un voyamour.
Il avait posé sa malle au bord du quai de la gare.
Une jeune fille le regardait de l'autre côté des voies et son regard lui parlait. 
Intrigué, il avait écouté ce regard, avait hésité à traverser les rails.
Un train arrivait à grande vitesse, c'était la première fois qu'il représentait une barrière. 
Il avait continué son voyage, repris la voie ferrée dans le sens du voyage. 
Oublié le regard, au bout de sa vie, dans la malle recouverte de poussière, il brille encore de la surprise de l'amour.

 

Jean-Pierre Curnier

 

" Je me sens apostrophe
Comme un pays que j’aurais visité en rêve
"

Création Collective

 

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