La Table d'émeraude

Textes inspirés par les photographies de

Jeannine Villasante et Jean Panassié

"LA TABLE D'EMERAUDE"

 

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Si l'une des photo vous plaît, 

 vous pourrez la commander auprès de Jeannine Holvoet et Jean Panassié

pour le prix de 50€, entièrement reversés à l'ONG

"Pour un sourire d'enfant".

 

Mail : villasante.holvoet@neuf.fr

Les sommes récoltées seront versées à l'ONG

« Pour un sourire d'enfant »,

ONG qui nourrit, soigne, scolarise

et accompagne jusqu'à l'âge adulte

des enfants chiffonniers recueillis

sur les décharges de Phom Pen.

 

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Reflets ...

 

Mon regard plonge

De haut en bas

Au-delà du miroir

Au-delà de la ligne

Qui doucement dessine

L’ombre tremblotante

Des remparts somptueux.

 

La barque glisse

Sur la surface lisse

Du Rhône majestueux.

 

De douces vaguelettes

Et leur fraîcheur liquide

Éclaboussent mes mains

En fines gouttelettes.

 

Les arbres qui se penchent

Contemplent étonnés

De leurs épaisses branches

Le fidèle reflet.

 

Le paysage est double

Et c’est très étonnant

Lorsque les eaux se troublent

De se plonger dedans.

 

Le Rhône, autrefois fougueux,

Coule des eaux tranquilles

Au bas du gros rocher.

 

La lumière paisible

De son soleil couché

Éclabousse ses rives

De nuances dorées.

 

Sous un soleil torride

Le fier rocher surplombe

La rivière bleutée

Les arbres font de l’ombre

Aux touristes enchantés

Qui, pour aller dans l’île,

Devant l’embarcadère

Devront tous patienter

Ils sont venus de loin

Voir le célèbre pont

Dont le monde entier

Connaît la fameuse chanson

 

Dominique D.

 

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Reflets dans l'eau ...

 

J'ai hérite de photo 7 .

C'est mon chiffre porte bonheur on verra ce que cela donne sur le papier.

Horizontalement ou verticalement ce n'est plus la même photo.

 

Horizontalement

Un petit voyage au Lac bénit en Haute Savoie.

Un vrai lac de montagne.

Silencieux, mystérieux.

Il est aux pieds de la parois.

On dirait que la montagne se jette dans l'eau.

 

Pour y arriver on doit d'abord grimper.

Ensuite dans un creux une étendue d'eau.

Comme une pierre précieuse dans une main.

Je me pose au bord du lac pour rêver.

Je suis étendu sur le sol herbeux très doux.

 

Quelques oiseaux chantent.

Un col enneige dans le fond.

Je monte a skis découvrir cet endroit.

De la haut on ne voit plus le lac, disparu.

De beaux virages dans la neige vierge.

 

Puis de nouveau la foret.

Un long chemin pour retrouver le lac.

Ce n'est plus le même.

Devant moi,un miroir ou se reflète la montagne, les arbres.

L'eau est la pourtant, toute noire.

Je trempe un bras dedans. Il ressort entier. OUF !

 

Je pense a Narcisse qui se regardait dans l'eau.

L'eau n'est pas la même ici. D’où arrive t elle pour être si calme ?

Tout le contraire d'une cascade. Pourtant elle vient de la haut.

Petit a petit la neige a fondu, goutte a goutte au milieu des racines

elle a trouve son chemin pour remplir le lac.

 

Verticalement

Nous changeons d'endroit.

En bleu c'est la mer.

Je suis aux Saintes maries dans les dunes de sable.

Au premier plan ,un jonc se dresse.

Il bouge, secoue par le vent.

 

Les couleurs sont très tendres, jaunes.

Nous sommes en automne.

Aujourd'hui on ne se baignera pas.

Et pourtant c'est la même photo.

 

Cette image veut donner le reflet de la montagne dans l'eau.

Mais ou est l'eau, la montagne ?

Maintenant, j'aimerais voir la tête du photographe.

L'autre cote du CLIC

Un homme ou une femme ?

 

Christian Pellier

 

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Sur les berges du Rhône

 

Pour l'instant je suis au chaud,

sous les arbres qui projettent une ombre tiède ,

chaleureuse, et pourtant, il va bien falloir que je sorte;

il est temps je crois.

 

Mais j'hésite.

 

Les événements me poussent,

ou plutôt ils m'attirent et me repoussent à la fois;

passer la barrière n'est pas si simple.

 

Mon abri est en attente;

il me gère depuis si longtemps,

depuis que le monde est monde,

pour moi.

 

Mon abri s'adresse à un alter-ego;

lui, je sens qu'il est tendu comme une corde d'arc,

une corde de violon, une corde d'étendage qui claque au vent.

 

Le fleuve devant l'abri s'écoule placidement,

apaisé on dirait,

et uniformément sous le reflet des ombres

et du jour portées par le soleil à travers le pont.

 

C'est çà, si je dois sortir, ce n'est pas qu'une histoire de barrière,

il y a aussi une porte aquatique, c'est çà,

la perte des eaux ça s'appelle je crois;

je quitte un monde, un univers, un état de la matière,

et celui-ci s'écoule devant moi entre les berges.

 

Le soleil illumine l'ancienne armurerie qui surplombe le fleuve,

vous savez, celle qui a explosé un jour, il y a longtemps,

enfin, moi je savais pas mais c'est l'alter-ego qui l'a raconté tout à l'heure;

par ailleurs j'entends bien sa voix, il est prêt à exploser lui aussi,

son calme se bat héroïquement.

 

Bon, écoutez, je vais bouger un peu, on va voir ce que ça fait !

Ah ! Mon abri s'agite, s'inquiète.

 

Ça y est, apparemment on se déplace,

au revoir fleuve ombre et lumière, explosifs, dynamite,

je crois que c'est pour moi maintenant,

c'est mon tour, à moi de pousser la porte de l'eau de vie,

vous pouvez tirer des coups de canon,

ma naissance s'annonce !

 

Jean-Pierre Curnier

 

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Sens dessus-dessous

 

Côté réel

Un décor suspendu défie son reflet de ne jamais y plonger.

Son pont vouté, courbé, plafonne les idées du lit impressionniste.

Les rêves fluides laissent courir des caresses humides,

tentatives d’envoûtement des solides bâtisses.

Fluctuante, miroitante, l’eau révèle les lumières d’une réalité ombragée.

Chercher son sens.

 

Côté reflet

On vit à ciel ouvert et les cimes des immeubles ont l’avenir flouté.

Solidement basés sur de la pierre de taille,

les perspectives s’offrent un mouvement perpétuel.

La sève, riche de turpitudes, émane des profondes abysses.

Les rêves prennent ici leur élan,

se laissent glisser le long du pont-toboggan et se propulsent vers les ailleurs.

Ici, un sens est.

 

Face à face

Avancée paisible.

Douce métaphore d’une tranche de vie,

d’abord les troubles questionnements qui se précisent au gré du temps.

Les idées deviennent plus nettes quand on aborde la frontière.

Il va falloir passer à l’acte, franchir le pont de non-retour,

comme si pour se jeter à l’eau il fallait d’abord en sortir.

La projection devient matière, les rêves enfin se réalisent.

Et pour clôturer ce parcours, un pont virgule offre sa courbe.

 

Prune Cadier

 

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Reflets qui finalement parle plus d'eau que de reflets ...

 

Dans la rivière claire, le reflet du vieux pont tremble au fil de l’eau,

frissonné par un souffle de vent, une feuille tombée,

un insecte perdu ;

les reflets de la vie, leur couleur changeante, irisée, assombrie,

l'eau ne peut pas les emprisonner, sa course lente ou vive, rien ne la suspend.

Elle laisse tout sur place et ... elle passe.

 

Assis au bord de l’eau, regarde-la couler ;

elle vient de loin, de la source cachée, du filet d’eau, du ruisseau,

rivière fertille elle gonfle et grandit

imperméable au passage du temps.

 

Assis au bord de l’eau,

écoute-la bruisser des mille secrets glanés au long de son voyage.

Si l'eau pouvait parler, de sa mémoire liquide,

elle dévoilerait les  hommes,

les vies qu’elle a croisées, les destins éperdus,

les amours, les fêtes, les batailles, les pays traversés.

 

Elle dirait sa vie,

du plaisir qu’elle prend à se laisser couler,

à se laisser pécher, à se laisser baigner,

elle dirait ses sautes d’humeur quand elle s’emballe

au point de submerger ses berges,

ou, quand nourrie de la colère du ciel,

elle se déchaine pour noyer, inonder, engloutir,

en maëlstroms violents.

 

Assis au bord de l’eau, plonge ta main dans sa calme

et recueille la fraicheuur qu'elle t'offre

respire les odeurs de son voyage,

des roches moussues des montagnes, des herbes de la rive.

 

Assis au bord de l’eau, penche-toi vers elle

et ajoute un instant ton reflet aux images qu’elle envoie.

 

Prisonnière de son lit aux galets éternellement roulés,

elle part mêler ses eaux douces à d’autres eaux salées,

vers sa destinée sans cesse recommencée, 

regarde-la passer.

 

Hélène Aubert

 

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Au bord du tableau

 

Au bord du tableau, au bord de l’eau si claire,

si transparente, si avide de lumière,

si pressée de capter le bleu du ciel et le mouvement du vent qui la ride doucement,

sans la froisser de manière affectueuse et tendre,

au bord de cette eau calme, un fil,

celui de mes pensées je crois, me tire lentement vers le sampan.

 

Il glissait dans la brume de chaleur de la rivière Kwaï

et s’arrêtait parfois coincé entre deux rives, dans la douceur du jour.

Ou était ce la pirogue, peut être que je confonds,

qui le long des bôlons, se mouvait lentement,

écrasée de lumière dans les trouées violentes que la végétation n’arrivait à combler.

 

Ces promenades sur miroir, eau totalement étale,

la fraîcheur bienfaisante du clapotis de l’eau quand le soleil vous mord,

le silence des rives, cette sensation très forte de ne pas déranger l’harmonie du moment,

d’être là ou je dois, sans même avoir choisi ...

 

Juste glissante, imperceptible, acceptée.

 

Jocelyne G.

 

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Je suis là

 

Je suis là sur la rive, mêlée à ces badauds,

la rivière est si proche que mon regard s’y noie fascinée par l’eau claire,

transparente et filante, habitée du reflet d’un monde souterrain, qui affleure qui sait ?

Il fait si chaud ……

Le soleil trouble mes yeux noyés dans son reflet.

 

Je plonge mon regard au-delà du miroir.

Je suis entre deux eaux, je glisse et je dérive

Un bateau passe dans mon regard perdu , avec rames et pagaies,

des hommes debout aussi

Mes yeux d’instinct le suivent…..c’est la mer que je vois : elle est arrivée là ?

Et c’est dimanche de joute sur la mer des Antilles.

 

Le bateaux rouge et bleu aux couleurs criardes,

les hommes le corps dans l’eau accrochés à son flanc,

qui le guident, le redressent, passent d’un bord à l’autre.

Ils sont 10 au moins comme des insectes fous, ils franchissent des bouées,

remettent la Yole dans l’axe, l’empêchent de chavirer

et la font avancer avec une force énormes sur des pagaies immenses.

 

Le soleil mord la peau, le barreur hurle la cadence, régule la ferveur avec des mots convenus

Et ça sent la vanille et la sueur et l’effort, et la mer remuée, et la vanille encore……

C’est un oiseau criant qui s’est posé sur l’eau, si claire, si transparente, déserte maintenant

Le bateau est bien loin source de mes rêveries

Je suis entre deux mondes : les odeurs sont boisées

La rive sent la mousse et n’est pas vanillée

Mon regard embrumé s’accroche à l’eau qui file

 

Deux options s’offrent à moi : remonter à la source ou descendre à la mer

 

Jocelyne G.

 

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