Rencontre entre le ver de terre...

Le Puy juillet 2011 401

... et Lolita

 

Le goût...

 

... le ver de terre m'en parlait l'autre jour trouvant que la terre n'avait plus son goût d'habitude mais celui de papier.

Je n'ai pas voulu engager la conversation avec cette minuscule créature qui se nourrit de façon si dégoûtante. Il n'empêche que tout comme moi il a donc remarqué une certaine pollution. Cela pourrait venir des rejets de l'usine d'à côté qui fabrique justement de la pâte à papier...

 

Je mâche et remâche, je rumine... papier mâché...

Si au moins je savais écrire, je pourrais coucher mes récriminations sur le papier. J'adresserais ma lettre au Ministère de l'agriculture, ce serait le moment puisque j'ai entendu dire que des élections devaient se tenir prochainement.

 

Mais au fond, pour être honnête, je n'ai pas envie de me battre, préférant ma petite philosophie de vie tranquille.

 

Anne Rh.

 

Le Puy juillet 2011 141 

... et Normandette

 

A la demande de mon nouvel ami, le ver de terre, je remange de l’herbe, oui c’est vrai elle n’est pas bonne, on dirait du papier.

J’avance de quelques mètres. L’herbe parait plus fraîche, plus humide, je choisis une touffe, bien précise, et je la goûte. Oh mais elle est bonne ici, encore une bouchée – si, elle est même très bonne.

Lorsque je retourne au premier endroit, je regarde mieux. L’endroit a dû servir il y a longtemps à enterrer des sacs de ciment et l’herbe n’a pas le même goût.

Je retourne alors manger un peu d’herbe à mon endroit préféré.

 

Jacqueline

 
 

 

Le Puy juillet 2011 286

 

 ... et La Raymonde

Un de mes potes de terre, celui qui se tortille, trouble mon déjeuner, et viens me raconter que l’herbe ce matin a un goût de papier…Je crois qu’il file un mauvais cocon celui là ! C’est lui qui a une tête de papier mâché.

Je connais bien les herbes de tous les pâturages, elles sont  toutes différentes pour qui est gastronome. Je suis affirmative, mon herbe à moi est fraiche, elle sent la chlorophylle et la reine des prés,  pas une once d’engrais ni même de pesticide…Enfin, c’est ce que je me dis pour rester positive Et l’autre il sort la tête pour gâcher le plaisir ;  ce vers est mal parlant ou shooté aux nitrates…

Je le soupçonne  jaloux de mon teint rose et frais

Conscient d’avoir échoué sa manœuvre d’intox il rentre ses anneaux et va fouiner ailleurs

Je relève la tête et prend une bouffée d’air ;  le matin sent la fleur,  la brise est délicate, le calme est revenu.

 Je me déplace un peu.

 

Jocelyne G.

 

Le Puy juillet 2011 255

... et Précieuse

 

Précieuse rêvait depuis longtemps de goûter le lait de vache qui régalait tellement les humains. Au moment de la traite profitant de ce que le fermier avait le dos tourné elle s’approcha du seau baissa la tête et trempa sa grosse langue rose et râpeuse dans le lait fumant. Elle trouva dans un premier temps que cela avait un goût de papier mais elle y regoûta une deuxième puis une troisième fois et finit par le trouver délicieux. Mais elle avait appuyé si fort sa tête que le seau se renversa et que le lait se répandit sur le sol. Précieuse regagna rapidement sa place la queue entre les jambes bien décidée une fois n’est pas coutume à accuser le chien.

 

Dominique D.

 

Le Puy juillet 2011 233

... et Elastomère

 

Et puis voilà qu’à force de succuler l’herbe

je lui trouve des parfums d’aventure

je vous jure ma dernière bouchée avait un petit goût bien prononcé de papier

j’en ai parlé au vers de terre.

Ça m’a donné une idée écrire ma vie transmettre ma philosophie à d’autres générations de vache.

Pas besoin de se faire un sang d’encre pour y plonger ma plume juste puiser dans le bleu du ciel.

Papier mâché je suis prête pour mon récit la biographie écologique des mes facéties quotidiennes. Raconter au monde que la vie vaut la peine d’être vécue même en temps que vache. Oui, quelle que soit sa condition on peut y mettre un grain de beauté de folie rigolote pour partager de petits plaisirs de rire.

J’avale d’un trait après ces ruminations mon herbe au goût de papier et je m’en vais en dansant vers ma destinée toute nouvellement trouvée : Elastomère la vache heureuse de partager sa joie de la surprise incessante d’être soi.

 

Anne Rp.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Grayscale © 2014 -  Hébergé par Overblog