Désirs du 27 mars 2021
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Désirs du 27 mars 2021
Un atelier inspiré par les sculptures de
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... ainsi que de diverses œuvres d'art et de la verdure environnante ...
Désirs en dialogues
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Photo : Anne Rapp-Lutzernoff - "Le trompetiste" de Xavier Sayago
SOLEIL
Il s’élève. Il court vers l’avenir pour chercher la paix.
Il les appelle, carapace déployée, cheveux aux vents, bras tendu. De sa trompette sortent des sons merveilleux qui les entraînent vers la joie, le plaisir. Il veut les faire venir, les faire courir, les faire offrir, les faire vivre debout.
L’arbre s’élance. Il est le plus haut. Il a vécu, il a souffert, il est gris, ses branches sont tristes, sans feuilles.
Pourtant, là-haut, sa cime est verte et jaune. Elle se meut avec souplesse dans le vent. Elle monte vers le ciel, vers le bleu, elle sourit.
Ils sont dans le silence sur un tapis fleuri entre ombre et lumière, entre hésitation et décision, dans le rien. Dans le lac calme, paisible, patient, profond se reflète le brouillard, puis le ciel, puis le soleil et l’infini. Le son du piano s’élève et la paix vient en moi.
Je suis celui qui te maintient en vie par mon souffle.
Tu es celui qui fait grandir ma carapace, qui la détruit et m’ouvre à la vie.
Tu es le lieu qui nous accueille, qui plaide notre envie de vivre au soleil.
Annie B.
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Photo : Anne Rapp-Lutzernoff - "L'homme pressé" de Xavier Sayago
IMPROBABLE DESIR
Entre le passant cuivré , pressé et aérien , véritable apparition , qui s’élance dans le champ de pâquerettes
l’arbuste amputé , tordu , aux anciennes blessures
le village blanc , vertical , couronné de bleu , enfermé dans ses ruelles sombres et étroites
quelles sont les passerelles ?
j’ai eu le désir profond d’une maison claire dans une Provence fantasmée
la lumière m’a comblée , renouvelée chaque matin
mais les solitudes verticales et les places nues m’ont vaincue
l’arbre me tourmente , grand résilient quand même
et ces petites pousses vert pâle autour de ses blessures
quel désir absolu de renaissance !
pourvu que …
alors que vient faire ce passant gracieux et pressé au milieu de tout cela ?,
j’aimerai qu’il regarde l’arbre , qu’il s’ y arrête
qu’une alchimie s’instaure entre eux , mue par le seul mystère
désir fragile, improbable.
Anne- Marie B.
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Photo : Anne Rapp-Lutzernoff - "La danseuse" de Xavier Sayago
Le cèdre et la danseuse
Un court-métrage inspiré faisait naguère entrer un spectateur japonais dans un tableau de Van Gogh, qu’il savourait in situ à loisir.
Je pénètre donc en confiance dans la verdeur de mon jardin. Et je suis le témoin ébloui d’un élan d’amour impossible.
Il trône là, majestueux, échappé du Liban, le vent l’a éborgné, mais il reste fort et vibrant, le cône en alerte.
Et qu’a-t-il aperçu, un jour de grâce, nichée dans les sauges empourprées ?
Une petite danseuse de métal retroussé, frêle et décidée, qui virevolte sur place, ses bras tendus vers lui ; son bec plein de promesse s’offrait sans restriction, les frissons de son tutu de fer présageaient des extases.
Comment ne pas craquer ? Sa sève bouillonnait, ses rameaux se tordaient de désir, ses racines palpitaient.
Mais elle, souriante, prête à courir vers lui, pourrait-elle trouver un jour la force de s’arracher à son socle vers cet amour ardent?
Je reste là, figée devant tant de désir, saisie d’une détresse infinie.
Claudine L.
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Photo : Anne Rapp-Lutzernoff - "La danseuse" de Xavier Sayago
RAISON, TEMPS, DISTANCE et SENTIMENTS
Il y eut un passé lointain où l’Amour nous avait frappés.
Après ce bonheur si soudain, la Raison l’avait emporté.
Le Siècle avait changé et nous nous sommes retrouvés, surpris, heureux et de nouveau amoureux.
Évidemment le temps avait fait son effet …
Toi, tu étais sûr de m’aimer … pour les vingt prochaines années.
Je te regardais, te redécouvrais et puis finalement t’aimais …
Comme un "Remake" du Passé, la Distance de nouveau nous séparait. Mais nous avions le temps maintenant … Allions nous en saisir le moment … ?
Tu me répétais à l’Envie … que j’étais la plus belle Femme de ta Vie.
Un Bonheur simple et inconnu m’irradiait car cela était totalement Imprévu …
Les mois passaient puis lors d’un Séjour, ce fut le Début du Désamour.
Finies l’Euphorie des Retrouvailles … Il était temps que je m’en aille.
Distance insupportable, Frustration, Doute … je craquais.
La Colère prenait place et j’enrageais … !
Toi qui m’appelais ou m’écrivais sans cesse … te mis à m’ignorer …
Par ma Faute, Rêves brisés …
***
Le manque de Toi ombrage le Soleil qui m’inonde
Tu me tends toujours les Bras … mais je ne ressens plus les mêmes ondes …
M’aimes-tu encore … encore un peu … ?
Le vent envole mes paroles vers Toi. Tu restes bienveillant à mon égard : tu ouvres grand les Bras … mais tu es trop loin de moi …
Je sens ta Force revenue … Tu t’es régénéré par mon Amour et je suis là à regarder les flots tristes de ma Mélancolie …
Place à la Déconvenue … Bienvenue à la Folie …
Patricia J.
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Photo : Claudine L. - "L'enfant au coquillage" de Artiste inconnu
ESPACES
Toujours envie du Crucial, du Remarquable, du Tapageur.
Le Raisonnable ne serait-il que l’autre voie, que du Mièvre, de l’Ennuyeux ?
L’existence propose les matières fortes, les coups d’outil rageurs et explicites du peintre.
Oui on veut de la Puissance, de l’Epaisseur, du Visible surtout.
Sans lesquels, naïfs que nous sommes tout semble fade et montueux.
C’est oublier la Grâce, la Magie, l’insondable Subtilité seules perceptibles aux yeux de l’Innocent.
Un enfant porte un coquillage à son oreille et se ravit d’entendre les ressacs d’une mer lointaine,
Le voyage vers l’immensité inconnue.
Un olivier rit en pleine lumière, petites lames d’argent
Tout à cet ensoleillement, il procure tant de bonheur et de force vitale à sa base au derme ridé comme la peau d’un ancêtre dont il porte la mémoire
Je vous le dis, le Véritable Joyau de l’Aventure Humaine qui mérite Toutes Les Majuscules, est l’Instant Unique et Conscient, et tout ce qui Remplit ou Pas la Temporelle Parenthèse.
Effacés tous les moments gâchés, déçus,
Tous les instants trop fantasmés et même ceux si grandioses que l’on craint d’eux qu’ils ne reviennent jamais. Tous nous aurons construit
Tout comme les confondantes divisions fractales nous l’enseignent. Merveilles de la fondamentale création,
Il faut admettre que le Grand Tout ( et là il faut les Immenses Majuscules se niche partout.
Profitons, profitons à fond,
De l’Insignifiant, de la répétition,
Avançons vers nos Désirs Propres,
Fussent-ils Modestes ou Flamboyants ,
Mais qu’ils soient Nôtres.
Portons les avec Fierté,
Jouissons de la Légèreté de l’air, de la tangible énergie qui se dégage de chaque objet, de la passionnante conversation avec le Vivant, De la Folie rêvée d’un Grand Projet
Loin d’être à redouter, ce qui apparait être la vacuité laisse en vérité
Les Esprits circuler
Michèle A.
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Photo : Anne Rapp-Lutzernoff - "Le Canard" de Artiste inconnu
Le désir gravé dans le bois
Sculpté dans le bois, le canard n'est plus une cible dans le ciel, il n'est plus cette croix qu'on déglingue, qu'on abat, lui qui a tant de fois emmené le vol en V de ses congénères au col en V de colverts, a accompli sa désescalade, prêt à tous les fantasmes que le sortilège réprouve, il gît à terre, fondu dans la masse d'un tronc qui le protège.
Il regarde le ciel, imagine la frondaison invisible de l'arbre dont il a pris la couleur, un amandier, que l'on a privé de ciel, tout comme lui.
Et cet arbre, premier à fleurir, qui annonce le printemps, l'annonce à jamais.
Coupé, mais pas à ras, sa dernière résistance, incapable de se défendre contre la volonté des êtres humains, l'amandier a influencé le sort pour qu'on lui laisse une hauteur de tronc raisonnable.
Il admet les pots de fleurs mais préfère qu'il n'y en ait pas, ce qu'il aime vraiment, c'est servir de secrétaire. Comment oublier les riches frondaisons qu'il portait et qu'il faisait vivre, amenant la sève des racines jusqu'aux brindilles, comment oublier l'enivrement de la sève qui monte dans le ciel sous le soleil. Il voulait continuer à porter une ombre sur la terre, si petite soit-elle, donner un refuge si petit soit-il, protéger des brûlures. Il a réussi, le sort en est jeté, il est toujours vivant.
La vie s'est immiscée dans une hésitation.
Comment ne pas hésiter quand on doit donner la mort.
Le peuple des chiens tient l'arrêt, est-il en train de sauver l'homme ? Sa compétence de chasseur se fond avec la volonté de l'homme, par osmose, compréhension au delà des espèces, comme se développe l'amour, l'amitié, entre un homme et sa chatte, une femme et son chien, l'amour est partout, l'empathie au delà de l'arbre, au delà de la pierre, pourtant le chien hésite à prendre la pose, l'oiseau peut encore s'envoler dans un nuage de plumes.
Le chien, au bout de son immobilité, sait le nuage de poudre qui sort des fusils, l'homme ne veut pas voir la beauté emplumée, le chien change son fusil d'épaule, oublie la coopération charnelle et spirituelle avec l'homme, donne son allégeance à l'oiseau.
Ni l'arbre ni le canard ne bougent, quand le chien vient pisser contre le tronc, il y a longtemps que le chien ne regarde plus le canard de bois, il a reconnu le droit de vivre à celui qui a tenté l'innommable en se changeant en statue de bois.
-Passe, dit le canard
-Je passe, dit le chien en levant la patte
-Viens plutôt ici, dit l'arbre
-Comme d'habitude, dit le chien
-Laisse vivre, dit le moignon d'arbre
-Toi je t'aime, répond le chien.
Et il s'allonge dans l'ombre courte de l'arbre.
La trêve s'épanouit entre le chien, l'arbre en sursis, et le canard en sursis de même.
Dans le jardin, des jarres entourent la cour, l'écho des champs de jarres du Laos enchante le jardin où éclatent l'or et la blancheur des fleurs dans l'herbe.
Le ciel, d'un bleu limpide, garde l'empreinte des fleurs de l'amandier dont le souvenir s'est répandu dans l'herbe grasse au pied du tronc, le manque envahit l'espace.
À quel moment l'intérêt devient plus fort que le respect ?
Résister demande compréhension.
Le meurtre est un accomplissement banal.
La compréhension est dans l'hésitation, le sursis, ce désir de vivre.
Et dans le fond du jardin, cinq jarres sont emplies de cendres, ce désir d'éternité.
Jean-Pierre C.
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Xavier Sayago
Xavier Sayago est un magicien qui transforme de vieux bidons et des bouts de ferrailles en personnages ciselés, pleins d'émotions, de vie et de mouvement.
Cet artiste plasticien est installé au Burkina-Faso.
Son atelier de soudure et de sculpture se trouve au sein de l’école informelle au Burkina (CEBNF, centre d’enseignement de base non formel), appelée aussi « case du savoir ».
Ce champion de la récupération, crée des personnages et des silhouettes en mouvement. Il découpe des objets métalliques qui lui sont apportés ou qu'il récupère pour agrandir la grande famille de ses personnages. Le marcheur, l’oiseau, l'homme pressé, la danseuse,etc.
« Je travaille plus particulièrement sur des thèmes sociaux, aussi sur de l’imaginaire avec de l’humour et plein de vie. J’utilise des matériaux de récupérations : fer et tôle aussi, divers matériaux dès que je le juge nécessaire. L’assemblage de mes œuvres se fait par la soudure à l’arc. » explique le sculpteur.
L’artiste, qui griffonne depuis l’enfance, prend tout ! « Il a un réel talent pour transformer les vieux objets, c’est un vrai artiste » note Pierre Michaillard, Consul Honoraire du Burkina Faso à Belfort, qui l’a vu débuter à la fondation Olorun, à Ouagadougou. « Il couvrait ses cahiers d’école de dessins qui sont devenus, au fil des années, des personnages de plus en plus grands ».
Les premiers morceaux de ferrailles sont devenus oiseaux en 1993, puis Xavier Sayago a tracé un itinéraire d’artiste qui l’a conduit en résidence en Belgique, en France, notamment au festival Arty Récup à Lyon, où il a été primé. On a pu aussi découvrir ses œuvres à Villeneuve-lez-Avignon, dans le cadre du Festival Burkin'Arts organisé par l'association Tôtout'Arts.
Une manifestation qui a pour objectif de faire connaître et promouvoir la création artistique contemporaine du Burkina Faso.
Même s'il revient toujours chez lui, à l’atelier de Tanghin-Dassouri,
il laisse sur son passage des œuvres vivantes, dansantes, attachantes, émouvantes...
Nous vous offrons ci-dessus des bribes de leurs histoires, imaginaires... ou pas ;-)
Vous pouvez découvrir ses œuvres sur le site d'Art Majeur en suivant ce lien :
https://www.artmajeur.com/fr/xavier-xaxa/artworks
Ainsi qu'une amusante présentation de Xavier Sayago dans son atelier de sculpture
sur le site Vimeo en suivant ce lien :
https://vimeo.com/83453530
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"Femmes en filigrane"
Saison 2 : 2020-2021
Le désir - Printemps des Poètes 2021
Atelier accompagné par Anne Rapp-Lutzernoff
Dates 2021
Sur inscription*
Samedi 16 janvier
Samedi 27 février
Samedi 20 mars
Samedi 27 mars
de 9h30 à 12h30
Toutes les précisions en cliquant ici
* Téléchargez la Fiche d'inscription
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