Samedi 20 novembre 2021 : les dires des oreillers
Les dires des oreillers
Atelier d'écritures du samedi 20 novembre 2021
Un atelier autour des Notes de chevet de Sei Shônagon
18. Choses qui font battre le cœur
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer dans un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d’encens.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Un bel homme, arrêtant sa voiture, dit quelques mots pour annoncer sa visite.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse, au fond du cœur.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.
Extrait de Notes de chevet de Sei Shônagon, Paris, Gallimard/Unesco, 1966
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© Photo inconnu
Rêves
-
Choses qui font peur.
Peur de retrouver le grand amour, de mourir, de perdre à nouveau des personnes qui me sont chère, de voire les gens mourir.
-
Choses qui me manquent.
Ma fille me manque, ma femme me manque, l’argent me manque et puis il me manque une personnalité, de la nourriture, de la force.
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Choses qui me font sourire.
L’anniversaire de ma fille, celui de ma femme, le mien, celui de mes amis, vendre mes rêves et donc sauver les gens.
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Choses qui me rendent triste.
La mort de ma fille, la mort de ma femme, la mort de mes amis, quand je n’arrive pas à sauver les gens.
-
Choses qui mériteraient d'être indispensables.
La vie et l’espoir.
-
Choses ou actes qui ne mériterais pas d’arriver.
Les tentatives de suicide, les meurtres, les maladies.
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Chose indispensable pour moi.
Aimer, espérer, aider, vivre.
-
Choses qui resteront intemporelles.
L’AMOUR
Antoine J.
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© Photo Séverine Gros
Regarder l’horizon
Les choses que j’aime regarder dans la nature
Une goutte d’eau sur une feuille
Les rayons du soleil à travers les nuages
La couleur du sable
La pluie qui ruisselle
L’écorce des vieux arbres - comme la peau
L’eau qui s’infiltre dans la terre
Bien sûr les différentes lunes...
Les choses qui me font rire
Les amis dans le champ
Tricher en jouant aux cartes et les faire enrager
Raconter des bobards
Les choses qui me font sourire
Quand je regarde mes enfants
Quand je regarde ma tête dans un miroir
Faire à manger pour les autres
Ces décorations faites maison qui en fait son très laides mais qui ont une valeur affective
Les choses qui ont un goût salé
Le goût du sel dans le saucisson
L’air de la mer
Le goût des larmes
Les choses qui remuent avec le vent
Les branches de tous les arbres
Ce qu’il me reste de cheveux qui s’agitent
Les foulards des femmes au vent
Les choses d’un « bleu qui pette »
Les turbans et vêtements des Touaregs
Leurs yeux
Certains ciels lavés par les vents
Certaines fleurs au mois d’avril
Le bleu des vitraux des églises
Les choses qui ont un reflet irisé
Les ailes des libellules
Les scarabées
Les choses qui provoquent de la nostalgie
La disparition annoncée de ceux que j’aime
Les mots non-dits que je n’aurais plus l’occasion de dire
Les tentatives de rencontres non-osées
Je n’ai pas osé quitter la campagne
La route qui défile sous nos yeux, en voiture quand on ne conduit pas, ou dans le train
Les choses que je dois faire
Paraitre fort pour mon entourage
Être une source de sécurité pour mes proches
Ne jamais paraitre trop triste pour eux
Faire rire autour de moi
La liste de ce que je dois faire !
Les choses que je ne dois jamais oublier
Je ne dois jamais oublier d’où je viens
Je ne dois jamais oublier que je suis un homme qui a de la valeur
Je ne dois pas oublier que ma sensibilité est une force, même pour un homme.
Je ne dois pas oublier de pleurer
Les choses qui ne s’achètent pas
L’attention et le temps que l’on consacre aux autres par envie de les aider
Le petit repas préparé avec amour qui nous est offert, ou celui que j’apporte à ma fille sans le lui dire
Les choses qui me sont inestimables
L’amour de mes proches
Leur sollicitude
L’estime de mes amis
La sensation du travail bien fait
Les rides sur mon visage et la callosité de mes mains
Avoir mal quelque part (pas trop) et se sentir vivant
Les choses qui font mal à l’âme
L’hypocrisie
Les faux-semblants
Les sourires et les attentions intéressés
Les trahisons que l’on inflige aux autres sans pourtant avoir voulu les blesser
L’oubli de ceux qu’on aime
Séverine G.
© Photo Marie-Sol Soler
APOLLINE
Choses pour m’habiller :
Les tissus de laine des sœurs Simenon, ils sont si doux.
Les chaumes tressés cet été en cape et en chapeau de pluie.
Les sabots du père Chalos, les miens sont fendus. Il me les a sculptés en forme de tourterelles. Ses yeux disent aux miens tant de choses.
Mes cheveux blancs trop longs, je les tisse avec des fils de lin pour des sous-vêtements dédiés à la lune. Ils marquent le passage pour nos jouvencelles à l’état de femme et chacune en reçoit un de mes mains, le jour de son rituel.
Choses vues le matin :
Ma vache nourrissant son veau pendant que les premiers rayons teintent d’or ses longs cils.
Le chant de mes coqs qui me ramène à ma mère les imitant pour me faire rire.
Des toiles d’araignée, perlées de rosée.
L’herbe qui se brise sous mes pieds comme du verre tandis que je monte vers les noyers, un panier à la main.
La brume qui s’effiloche sur ma prairie puis étend ses voiles dans le ciel.
Choses vues le soir :
Les troupeaux qui rentrent aux étables dans les cris des enfants et des cloches.
Les poules alignées sur leur perchoir pendant que je ferme le poulailler.
La fumée qui dessine ses guirlandes éparses au dessus de ma cheminée avant de se mêler, tout là-haut, à celles du hameau.
Ma fenêtre, œil de lumière dans l’obscurité.
Ma marmite qui exhale ses arômes gourmands.
Mes chats, pelote ronronnante sur mes genoux.
Le poids du ciel scintillant au dessus de ma maisonnette isolée.
Choses senties avec la peau :
La chaleur de mon bol de tisane.
La douceur du velours des champignons.
La râpe des langues de mes chatons. Jules et Flora ont déjà retenu les deux rouquins. Les enfants de Gertrude doivent venir demain. Quand je les verrai caresser ces petites vies, le regret de ne pas avoir enfanté risque de couler le long de mes rides, en fleurs de sel.
Ce temps n’est plus et ne sera jamais mais je suis la Grande Mère et tous les petits d’humains ou d’autres vivants sont les miens.
Choses senties avec le nez :
L’odeur sèche, capiteuse et vivante des centaines de plantes suspendues dans mon séchoir.
La vapeur onctueuse qui s’échappe des infusions que j’invente et que je teste.
Le cœur des poires qui, goutte à goutte, coule de mon alambic et frissonne avec ardeur dans mon eau de vie.
La douleur et la peur qui suinte de la morsure infectée du faon que je soigne. L’odeur des chairs nettoyées et apaisées. Le silence et la clarté d’un corps retrouvant ses effluves.
Choses perdues :
Le vieux chêne a été déraciné par la tempête. Lui, le témoin de tant de nos vies, gît là, ses racines entrailles déterrées. Mon lointain ancêtre, le vieux Raoul, ce rebouteux respecté, avait planté son gland. J’ai paré au plus pressé, nourrir les jeunes loirs dont le terrier avait été dévasté, soigner un écureuil et plusieurs autres habitants du géant. Puis j’ai organisé la cérémonie d’hommage au grand vieillard et nous l’avons remercié pour le don de sa dépouille. Toute la contrée était réunie et même les enfants ont participé aux différentes tâches. La distribution du bois, des feuilles et des glands a été un grand moment de partage et de fête. Dans quelques jours, ses meilleurs glands seront plantés un peu partout et nous serons tous là pour mettre en terre le nôtre et leur souhaiter une aussi belle vie que celle de notre vieux chêne.
Impossible de retrouver mon dé, un des chatons a du le cacher. Je devais aller acheter du sel, du sucre, des allumettes, des bougies et du papier chez Lucien, je l’ajouterai à ma commande.
La vieille Sidonie est morte cette nuit. Cette femme coriace et renfrognée a lutté avec âpreté pour rester en vie. Je l’ai soulagée autant que j’ai pu puis je me suis retrouvée impuissante. Nous avons parlé de femme à femme. Je ne lui ai rien caché. Alors toutes les femmes, à tour de rôle, car nous sommes toutes très occupées, nous sommes venues la soutenir. Nos récits puis à la fin, nos chants semblaient apaiser ses douleurs. Que sa fin de vie a été dure ! Je lui ai donné tout ce que j’avais de plus fort et nous avons posé nos mains sur son corps torturé. Elle a ouvert les yeux, nous a toutes regardées et s’en est allée. Alors, seulement alors, nous avons pleuré ...
Le chant lourd et grave des hommes est entré pour nous consoler.
Nous la mettrons en terre au pied de l’arbre qu’elle s’est choisie, un élégant bouleau.
Choses à transmettre :
Les secrets de mes herbes, des plus rares aux plus ordinaires.
Les récits de mes échecs, ils m’ont tant appris !
La comptine des noms de nos aïeux.
Les petits mots inventés par la tendresse.
Les gestes de l’amour.
Les chansons du vent et les danses des insectes et des oiseaux.
L’esprit de lenteur à mon apprentie.
Tous les chapeaux que j’ai faits et ceux que je ne ferai pas.
La force des mains et des mots qui apaisent et qui réparent.
Des rires en cascade.
Les yeux pour voir la beauté.
Mes sabots au père Chalos.
Choses à danser :
L’éclosion du printemps.
Je suis un arbre humain planté au milieu des primevères de la prairie.
J’ai mis un chapeau de jonquilles et de romarin et ma robe de laine verte.
Je déroule mes bras, avec une infinie lenteur.
Les drapés froissés des fleurs d’amandiers, en train d’éclore, me guident.
Les femmes me rejoignent et nous dansons, toutes ensemble.
Les hommes et les enfants chantent, assis à nos pieds.
Ils s’en vont tous en farandoles joyeuses.
Le ciel m’est rendu tout entier ! Allongée, les bras en croix, je le bois.
Je laisse aux jeunesses les danses endiablées de l’été. Je regarde nos jeunes, vigoureux, enlacer de leurs bras fermes nos filles, si fortes et si belles. Les longues jupes et les tresses voltigent. Assise avec les vieilles dont je suis la doyenne, j’observe les enfants et je vois se dessiner les lignes de leurs caractères.
L’automne m’habille d’une longue traîne jaune cousue de feuilles dorées.
Avec sur ma tête un chapeau de mousse, de sauge bleue et de baies rouges, je porte bien droite ma vieille carcasse maigre.
J’entre dans la forêt par la porte du Nord.
Juste en face, à l’autre bout, une fillette, mon apprentie, cheveux lâchés, sa robe couverte des étoiles pâles des asters, entre par la porte du Sud.
Une jeune femme pénètre par la porte de l’Est, sur sa robe rouge luisent des grains de blé.
Un jeune homme arbore les couleurs de la terre et une faucille, à la porte de l’Ouest.
Le village, assemblé en silence, à l’écoute, nous attend dans l’antre d’or de la forêt.
C’est dans cette vaste clairière cernée d’arbres resplendissants que nous enterrerons une poupée d’épis de blés.
Si le printemps nous la rend germée, les récoltes seront bonnes.
L’hiver nous prépare l’endormissement des végétaux et de nombreux animaux.
La grande danse réunit toute notre communauté avant que la neige nous isole.
J’enfile mon long manteau de peau de mouton et je lâche mes cheveux blancs. Ils touchent presque le sol. Le soleil levant les habille de lumière.
Je suis en tête de la procession. Nous sommes tous vêtus de blanc, hommes y compris.
Nous rejoignons un vaste plateau dénudé et là nous glissons nos pas dans les tracés de ceux qui nous ont précédé.
Nous avançons à pas lents, à la queue leu leu, suivant un parcours immuable, que nous répéterons sept fois.
Un aigle qui nous survole découvre l’archer géant, en pleine action que nous dessinons.
Marie-Sol M.S.
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© Photo Annie Breton
CHOSES DE MA VIE
- Choses trop bruyantes
. Les villes
. Le fanatisme
. Les loups qui hurlent dans la nuit
. La porte qui claque lorsqu’il y a du vent
- Choses que j’aime manger et boire
. Le thé du matin pris sur la table devant la fenêtre
. Les fruits cueillis sur l’arbre
. Le souvenir du pain perdu de ma grand-mère
- Choses indispensables
. Mon chapeau enrubanné
. Ma tasse à thé, même si la anse est cassée
. Ma liberté
. L’arc en ciel après l’orage
. Savoir rire de tout
- Choses amusantes
. L’agitation du monde
. La tête de fakir maquillé de mon voisin
. La bêtise
. Le petit chat qui grimpe au rideau
- Choses inquiétantes
. La foule
. La méchanceté
. La pollution
. Le racisme
. Le ciel assombrit qui se prépare à l’orage
. Perdre mes cheveux
- Choses ennuyeuses
. La tristesse
. Parler pour ne rien dire
. Le manque d’espérance
. Le manque d’humour
. Le petit chat qui rentre et qui sort toute la journée
- Choses pour lesquelles je me suis battue
. La liberté sous toutes ses formes
. Le respect
. Les droits des femmes
. L’amour universel
. Le rire à tout prix
. L’humour toujours
- Choses dont j’aime à me souvenir
. Ma mère
. Le sourire et les yeux de la fillette photographiée au Sénégal
. Le goût de la mer
. Le bruit du train qui démarre
- Choses qui me mettent en colère
. La bêtise
. Le manque d’empathie
. Les idées noires
. Ne pas savoir où j’ai posé mes clefs
. L’indécision du petit chat
- Choses que je vois au bord du lac
. Le calme
. Le lointain
. Les oiseaux enchanteurs
. Le balancement des roseaux
. La douceur de vivre
- Choses que j’aimerais pouvoir oublier
. Le malheur
. Les guerres
. Mes erreurs de jugement
. Le temps qui passe trop vite
. Ne pas avoir réussi à changer le monde
- Choses apaisantes
. La mousse sur les rochers
. Les rides joyeuses
. Le ronronnement du chat
. La quiétude ensoleillée qui me reste après une vie agitée
Annie B.
© Photo Jean-Pierre C.
Des jours à dessein
Des jours pénibles, les jours très chauds, ma peau est perlée de sueur, je ne suis pas fait pour vivre dans le désert, au grand désarroi de ma famille, je perds trop d'eau.
Des jours sombres, les jours où la guerre est entrée dans la ville, dans la rue, les enfants sous les décombres et les cris des mères, la colère des pères, partir ou rester, je dois choisir, dans tous les cas je perds une part de moi-même, les miens me retiennent je ne peux pas les abandonner.
Des jours d'horizon, l'horizon est une ligne qui tremble au loin, les yeux aveuglés de soleil du désert, des yeux d'aveugle où une lumière scintille quand ils parlent de voyage, ce sont des jours qui m'appellent comme un regard insistant qui me détaille me dissèque m'intime l'ordre de partir.
Des jours de gloire, les jours d'amour, les jours spirituels où le ciel est en moi et où je suis le ciel, où la clé du Monde m'est donnée, les jours cachés à parler de ce Monde même si je ne fais que l'imaginer.
Des jours de beauté, quand les choses demandent à être belles, travailler la forme la couleur d'un mur, d'une porte, d'une fenêtre, d'une table, d'un vêtement, d'une coiffure, une natte posée sur une épaule et un foulard lâche autour d'un visage souriant, je garderai pour toujours cette image de ma sœur dans mon cœur, et dans mon exil.
Des jours laids, les jours de mer, le froid et la peur la nuit, l'incertitude, être encore vivant à chaque minute, le sauvetage pourtant, mais l'arrivée dans les camps, le rejet les frontières et les murs, tous les matins je vais pisser contre le mur qui nous emprisonne, je défie Dieu les soldats et la liberté.
Des jours d'espoir, la soupe chaude, un délégué international, un avion, un bus, le mur qui s'ouvre, je passe à pied par la porte ouverte dans le mur de barbelés, un nouvel horizon s'offre à moi, brumeux et tremblant d'espoir.
Jean-Pierre C.
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© Photo Claudine Laurent
Portrait en anaphore d’un inconnu
Choses qui me réveillent avec le sourire : le soleil rouge qui monte à l’horizon e la savane ; une caresse de mon épouse
Chose que j’aime accomplir : dans mon atelier, où j’ai dessiné le prochain meuble, je prépare bois et métal, et mon casque de soudeur sur la tête, je suis le chevalier noir qui part au combat
Chose qui me passionne : la réussite de cette œuvre…qui conditionne notre existence
Chose qui me dynamise : le regard amoureux de ma femme
Chose qui m’enchante : un oiseau qui chante dans le manguier
Chose qui me hérisse : les querelles des voisins pour des futilités
Chose qui m’est refuge : un petit marigot voisin où coassent les grenouilles au crépuscule
Chose qui m’importe : Rester juste et digne dans mon comportement
Chose qui me flatte : la confiance que les gens du village ont dans mon jugement lorsqu’ils viennent demander conseil
Chose qui me réjouit : offrir le thé, passé trois fois, dans le soir qui tombe, à mes voisins, avec de longues palabres
Chose que je refuse : m’expatrier en Europe pour gagner plus, en abandonnant mon épouse
Chose qui me manque : un enfant qui rit
Choses qui m’insupportent : la violence, la lâcheté, la perfidie
Chose qui me calme : jouer sur ma flûte peul des souffles extatiques
Chose qui me ravit : notre unique vache qui vient me lécher l’oreille en meuglant doucement
Chose qui dérange : mes yeux bleus dans mon visage noir, qui font craindre à certains que je sois un sorcier
Chose qui me rend fier : être un homme intègre.
Claudine L.
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Voilà, je suis ainsi !
Choses futiles qui me font sourire
- Moi !
- La poussière qui couvre mes vieux meubles.
- Le bol ébréché dont je ne peux me séparer.
- Mes heures à regarder les araignées tisser leur toile.
- La poubelle qui semble se remplir toute seule.
Choses qui m’apaisent
- Le feu qui crépite
- La bougie allumée : elle est à ma porte chaque soir pour montrer que je suis toujours vivant.
- La couverture de laine dans laquelle je m’enroule quand j’ai froid.
- Le livre dont j’imagine l’histoire avant de l’ouvrir.
Choses matérielles qui me fatiguent
- La canne qui me soutient.
- Tous ces verres différents qu’il est de bon ton d’avoir.
- Mes «trois casseroles alors qu’une me suffit.
- Ce que je n’ai pas encore su donner par attachement personnel.
- Ce besoin d’un sanctuaire mystique.
- Tout ce matériel autour de moi dont je me sers si peu.
Choses réelles que je détourne
- Ma troisième casserole pour en faire une boite à tout….à rien donc…….à jeter un jour (vais-je attendre qu’elle soit pleine ?)
- Mais la poubelle se remplirait et je n’aime pas vider ma poubelle !
- Le bougeoir qui se transforme en vase pour faire vivre plutôt que faire mourir.
- Mon bac à sable : sablier du temps.
Choses qui ne m’importent plus
- Les souvenirs : ils m’ont trop envahi, trop fait souffrir alors un jour, je les ai déposés dans une boite et je les ai enterrés. Ceux qui étaient dans mes tiroirs comme ceux qui encombraient mes pensées !
- A ceux qui viennent chez moi, j’offre une boite – ouverte – et chaque fois que la mélancolie les atteint, je leur propose dans la déposer dans celle-ci. Un jour, ils l’enterreront aussi, dans le même coin à ordures pour ne plus jamais l’approcher.
Choses qui me glacent
- La glace : celle qui renvoie mon visage, enveloppe corporelle usée alors que mon esprit est toujours aussi vif !
- La glace, la froidure dans le cœur et le corps
- Le sarcasme
Choses sans lesquelles je ne peux vivre
- La chaleur d’un feu.
- La rencontre de belles personnes.
- Le partage.
- La clé de mes rêves, rouillée, inutiles mais toujours accrochée à ma ceinture.
Choses que j’ai jetées de ma vie passée
- Mon costume d’apparence
- Mes rendez-vous chez le coiffeur : mes cheveux sont maintenant libres comme mes pensées ; quand je pars dans mes rêves, je m’empare d’une mèche et la tresse puis l’accroche aux autres mèches tressées : c’est ainsi que j’écris le livre de mon monde !
- La liste des choses essentielles qu’il faut connaître pour paraître érudit.
Choses que j’ose encore faire
- Etre gourmand : manger, c’est utile et la gourmandise est paraît-il un pécher. Et bien moi je suis gourmand, c’est un bonheur à partager sans limites de satiété !
- Eclater de rire
- Rester sous la pluie
- Confondre midi et quatorze heures
- Chanter à tue-tête (rassurez vous, quand je suis seul !)
- Me salir, patouiller dans la boue, c’est si doux ! et puis il paraît que ça veut dire « retourner en enfance » !
Choses qui exacerbent mes émotions
- Un regard vers un bonheur ou une douleur extrême.
- Une nébuleuse.
- Un orage.
- La musique d’un violon.
- Les odeurs : à travers celle de la terre mouillée, celle du parfum d’une passante, d’un gâteau qui cuit, de ma poubelle non vidée, je pars en recherche, en analyse du pourquoi, du comment, de ce qui fait que la vie des gens, c’est ça aussi !
Eolikos en partage avec par Nathalie D.
