Samedi 4 décembre 2021 : Cœurs de louanges

Cœurs de louanges - Kasala

Atelier d'écritures du samedi 4 décembre 2021

 

 

Le Kasàlà, art du lien et de l’émerveillement : célébrer la vie dans la personne.


Hérité de son Afrique natale, le kasàlà, art de la célébration tel qu’il a été appris, déployé et transmis par Jean Ngo Semzara Kabuta, constitue une véritable école de l’émerveillement. Bien plus qu’un concept ou une méthode, le kasàlà est un lieu, un espace jubilatoire, à la fois philosophique et poétique, où on apprend à célébrer la Vie par-delà les personnes.

La notion de célébration est ici soigneusement choisie. Elle fait référence à cet extraordinaire pouvoir du kasàlà de créer des conditions pour que s’installe un espace sacré, bien que laïque. Un espace qui accueille un ensemble de rites, de récits, de relations et de signes, qui rassemblent en un moment et en un lieu donnés, une communauté qui veut renforcer sa cohésion, honorer son passé et s’ouvrir à ce qui vient. Nous sommes ici dans une expérience singulièrement éprouvée et collectivement partagée.

Dans un atelier de kasàlà, tous les participants ont l’occasion de s’approcher d’eux-mêmes et des autres, de la vérité qui habite chacun et nous transcende tous. Ils peuvent ainsi être dans la découverte de leur vrai visage, de leur juste parole, singulière, habitée de manière autonome, digne et responsable. À cette école de la dignité humaine et de la résistance émerveillée, l’expérience est non seulement savoureuse, mais elle est aussi transformatrice, occasion de renaissance. Le kasàlà, école de présence et de réjouissance, est un cadeau inestimable que l’Afrique offre au monde à travers le précieux travail de Jean Kabuta, fils de sa terre, de ses langues et de ses sagesses.

 

 Jeanne-Marie Rugira

A retrouver sur : http://www.kasala.be/

 

 

MOI


Je suis cette enfant timide, terne, repliée qui voudrait trouver le trésor, qui voudrait s’émerveiller pour être aimée.
Je voudrais être moi.

 

Par le galet italien, le pull usé, la puissance du soleil, la couleur du chapeau, le rire en partage, je deviens curieuse, joueuse, douce, gracieuse et obstinée. Je suis magnifique.
Je commence à devenir moi.

 

Je cours, j’avance, je m’impose. Les odeurs du souvenir me nourrissent, le petit mot laissé par celui qui a disparu me soutient, la petite musique m’entraîne, mon vase se remplit de l’amitié, de l’amour, du souvenir des hommes de mon enfance. Je suis lumière. Je suis puissance.
Je deviens moi.

 

Je suis la liberté : de choisir, d’aimer, d’avancer, de croire, d’entendre. Mon costume est lumineux, brillant, ondoyant. Le dictionnaire de la vie est ouvert. J’explose de joie.
Je suis le soleil qui colore la montagne.
Je suis l’orange lumineux du ciel.
Je suis le boute en train mutin.
Je voulais être heureuse, je le suis.
Je suis moi.
Je vais rester moi.

 

Annie B.

 

 

A pas de LOUP vont les ANGES

 

Je suis l’infime lumière en talons aiguilles qui retient dans ses filets les peurs de la nuit.

 

Je suis cet étourneau fasciné par des vols insaisissables. Nous tangons par milliers dans l’eau du ciel, liés par un fil invisible, tel un navire échoué loin de son île.

 

Je suis doré comme un jour d’été. Ma peau veloutée n’est que promesses. Du sucre je connais tous les artifices. Le miel m’envie mes rondeurs. Je me blottis avec délices dans la gourmandise, moi l’abricot.

 

Je suis un tambour où dansent en pointes aiguisées et tutus légers des émotions indicibles.

 

Je suis une écharpe ondoyante qui frémit à ton cou. J’entortille les teintes de l’arche perdue en plein ciel et je t’emporte dans ma voluptueuse chaleur.

 

Je suis une forêt qui dresse entre ciel et terre odeurs, couleurs, et tant de formes de vie ! Je ne suis plus qu’un champ de ruines calciné par l’incendie. Mais sous la cendre, mes graines vivent encore. La vie tenace va éclore de nouveau et les enfants de ceux qui ont pu fuir reviendront.

 

Je suis le cristal de ces vagues immenses alignées sur l’horizon. Elles chevauchent l’élégance, se fracassent en diamants et se retirent enlacées, mouillées de sable et de sel.

 

Je suis une caresse sur la joue pétrifiée par trop de solitude d’une caryatide aux yeux embués.

 

Je suis un arbre géant, mes racines courent sous terre sans entraves, mes branches tiennent à bout de bras mes milliers de feuilles. Je les habille de vert tendre et de pourpre flamboyant.


Je suis ce chien rugueux qui réchauffe de son amour cet homme qui dort dans la rue.

 

Je suis une maison qui rit à pleines dents. Mes pièces innombrables courent entre des meubles  fantasques. Les tiroirs sont pleins d’objets délicats dont je remplis tes poches trouées. Mes balcons se penchent vers des jardins minuscules que tu explores sans fin. Mes fenêtres s’ouvrent sur d’autres fenêtres puis sans prévenir étalent des prés verdoyants.

 

Je suis le trait d’ocre rouge que ce premier homme dessine au fond d’une grotte. Je donne vie à ce mammouth qui court dans sa tête et dehors, avec son troupeau. Sa torche m’anime, et tandis que toute sa tribu fascinée, me découvre, je le vois sourire, troublé.

 

Je suis un cheval à la crinière d’écume blanche qui galope dans des prairies constellées de jonquilles. Mes sabots martèlent en cadence les flancs puissants de la montagne. L’écho imite les voix des  déesses oubliées. Leurs chants rient dans les cascades.

 

Je suis la petite lueur, tombée de cette nuit étoilée, qui après des années lumière de voyage entre dans ton regard. Je te lègue les images de mon univers disparu entre temps. Elles vont hanter tes rêves de tant de merveilles inconnues que tu n’auras pas assez de tous les mots, de toutes les couleurs, et de tous les sons pour les dépeindre !

 

 

Marie-Sol  M.S.

 

 

Kasala celle-là à me regarder ?


Je suis le connard des hôtes de ces bois, tortueux reconnu, et si joyeusement sûr de moi que je crie "connard" au lieu de crier "maman" devant la misère du monde qui m'assiège et m'étreint.
Je suis la musique céleste du haut-bois, je suis sa chaleur gantée de soie dans des sons profonds, vibrants, et légers de mélodie spirituelle.
Je suis un parfum égoïste et généreux, que je dispense aux quatre coins du monde.
Je suis l'écumoire qui recueille les confidences amoureuses et ses espérances timides et lumineuses, mais aussi qui recueille les pleurs et leurs facéties mortifères. Je retiens les morceaux de vie pour les montrer au monde et laisse passer l'eau de l'amertume qui pourrit l'orange du désir ou la pomme de la connaissance.
Je suis le film, le livre de vos erreurs, je suis mon propre film et mon propre livre, mon histoire est longue comme le bras et je n'en finis pas de vous la dire, je ne suis pas sûr que vous vivrez assez longtemps pour l'écouter en entier, j'ai vécu mille vies.
Je suis le baiser taillé dans la pierre des passions et le sexe jamais rassasié de mes fantasmes.
Je suis le cavalier qui sort par la porte de l'Ouest et qui emporte ses espoirs pour les offrir en partage au monde éternel et sans cesse en mouvement.
Et je suis celui qui cherche sans comprendre  et qui aime sans contraindre.

 

Jean-Pierre C.

 

 

Sans masque ou presque


Je suis la mère des enfants rejetés des villes, des savanes et des forêts africaines, du bleu polynésien.
Ceux que l’amour a ressuscité à coups de reconnaissance, d’attention et de tendresse quotidiennes. Ils me tiennent par la main, fermement, à travers les années et j’avance ainsi couronnée de palmes vertes, de tiarés, de bougainvilliers, invincible et comblée.

 

Je suis l’enfant qui piétine de plaisir les soirs de Noel, les yeux écarquillés de lumières. Et je n’ai pas changé, naïve et confiante jusqu’à la dernière étoile.
Je suis toujours cette enfant qui, dans la nuit scintillante et glacée, s’envole dans le traineau du Père Noel, toujours plus haut !

 

Je suis celle que les livres ont nourri et nourriront encore. Je les porte sur mon dos sans effort. Ils envahissent ma maison, m’ensevelissent de bonheur !

 

Je suis la vagabonde assoiffée de rencontres et de justice. Solidarité, dites- vous ? Mais laissez- moi sans étiquette. Je n’ai jamais rien prémédité, mais pour toutes ces personnes, de par le monde, qui ont fait basculer ma vie, je veille, je suis là et elles le savent. O mes amis !

 

Je suis celle qui s’écorche et se ravit à la fois, dans un tourbillon perpétuel de merveilles et de catastrophes. Laissez- moi cette sensibilité qui paralyse et donne des ailes quand on ne s’y attend pas. Laissez- moi avancer et reculer vers les autres toujours redoutés, toujours magnifiés. Laissez- moi disparaitre parfois pour ne plus revenir. 

 

Anne- Marie B.

 

 

Autolouange


Au contraire de Hugo, je suis une faiblesse qui va …courageusement.
Je cahote sans trêve dans les aléas de la vie, essayant de trouver des raisons d’espérer dans les abîmes noirs
Je suis le repas convivial où l’on boit des rires et déguste de l’amitié
Je suis le prozac dans la détresse, le mouchoir pour le chagrin, le sparadrap sur la blessure
Je tire ma force de mon élan vers l’autre, dont le sourire me régénère
Je ronronne au rire d’un enfant
Je suis la caresse velours sur une main sèche et ridée
Je suis un soleil levant sur l’ombre des soucis
Je cherche l’harmonie de la musique des sphères
Je m’illumine aux chœurs de Bach, sans la foi, dans une communion laïque
Je traque l’injustice, le mensonge, la violence dans les mondes hypocrites et égoïstes
Je suis un rêve d’amour

 

Claudine L.

 

 

Mon monde à moi


Je suis celle qui ne voulait pas vivre et qui en fait un combat.


Je suis celle qui ne se connaît pas, qui ne se reconnaît pas et qui regarde son spectre avancer dans la brume, s’accrochant à chaque rire, chaque sourire, espoir sans comprendre le mal qui peut exister.


Je suis la puce qui gratte et qui enquiquine les siens, bougeant, sautant, piquant sans pouvoir s’arrêter.


J suis une ronce qui s’enchevêtre e, enchevêtre autour d’elle les pensées, les idées, créant un tumulte inextricable qui ne demande qu’à être démêlé.


Je suis la justice, la passion, l’irraisonnable, l’inacceptation de la sagesse et de la raison.


Je suis un monde bisounours emprunt de pensées maladroites, infantiles et futiles qui n’appartiennent qu’à moi.


Je suis l’arbre aux hautes branches auxquelles chacun peut s’accrocher mais….attention : le tronc est fragile, rongé par des milliers de poussières/temps qui vous laissent peut-être brutalement tomber quand sa charge est trop lourde.


Je suis une carcasse vide, une illusion, un mensonge, une prière, un être inéducable qu’on ne peut emprisonner.


Je suis la foudre qui s’abat sur la terre pour lui donner le pouvoir de repartir à zéro mais qui ne sait pas par quel chemin y arriver.


Je suis le chat noir qui, au fil des hasards, se pose toujours sur un coussin porc-épic.


Je suis fière de ce que je suis : battante, combattante, étendard toujours levé pour faire régner Amour et Paix que moi-même je ne sais pas trouver.


Je suis chrysalide fragile qui préfère rester dans son monde de rêves.


Je suis le « cri ». Je suis le « taire ».


 Je suis le soleil et sa chaleur. 


Je suis la nuit et sa pluie d’étoiles.


Je suis un mythe qui n’a pas sa place pour exister.


Je suis le vampire qui cherche à aspirer le bonheur.


Je suis l’enfant à protéger, la vieille à encore aimer, mais qui sait que seule, la sagesse lui sera souffrance à trouver.


Je suis ainsi.


Je suis moi.


Et je ne changerai pas.

 

Nathalie D.

 

 

Qui ?


Je ne sais pas qui je suis
Tourment, néant, inconnue
Mais je le fais bien
Grandes eaux et grands tourments, telle une déferlante, cette question me revient 
Aujourd’hui et sans doute encore demain.
Mais je sais que je suis précieuse, pour certains,
Je sens bien que j’ai ma place dans le monde.
Chercheuse d’or, je cherche cette place, cet endroit merveilleux et unique où je serai UNE.
J’appartiens à l’Univers, celui qui nous dépasse.
Chercheuse
Je le suis, à la recherche des trésors de la vie, 
Les subtiles, 
Les fragiles,
Les fugaces,
Ceux qui ne laissent pas de traces.
Trouveuse aussi. Trouveuse de l’autre est ce que je fais le mieux.
Voir et écouter : laisser la place d’être.
Je suis avec talent celle qui ne sait pas.
Celle qui est là, simplement là,
Qui aime disparaître pour l’autre,
Qui tend œil et bras pour permettre à l’autre d’« émerger à sa propre surface »
Je suis un port 12.0, une connectique incroyable qui fait le lien
Je suis une corde qui pleure merveilleusement
Prête à vibrer et à résonner
En quête
De ce mouvement.
Réflexive ce matin
De la lumière qui me traverse,
De cette énergie que je ne maitrise, ni ne comprend.
Mais absolument, définitivement, intégralement consciente de mon rôle de passeuse de cette force,
Cette inconnue si puissante,
Si complexe, si inspirante, si précise, si abstraite,
Qui est « Le sel de la vie » qui se goûte savoureusement.
Je suis dans le miroir de la nature un fantôme réel.
Je suis le relais d’une force de passage, 
Incapturable,
« Passeuse de lumière »,
Melting pot de saveurs, 
Cannelle et cumin.

 

Séverine G.

 

 

Je suis aussi de ce monde

 

Je suis la cellule vivante d'un corps complet
    l'eau universelle qui bouillonne en moi irrigue tous les peuples

 

Je suis la panthère des neiges éternelles
    j'observe le monde avec acuité
        oreille tendue vers les étendues sauvages
                                sens en éveil
                    pattes agiles et aguerries
blottie je connais les bienfaits d'un repère douillet

 

Je suis la liberté de choisir
    d'ouvrir ou pas de portes
        d'accueillir les impasses
            de voyager les rues à travers les chemins
de poser pas à pas des empreintes fécondes
        d'effacer des traces inutiles
    de tendre mes mains et serrer des mains tendres

 

Je suis cette musique d'un sang qui bat le rythme du cœur

 

    Je suis le cri qui devient chant
        petit matin de soleil qui s'étire
                soir étoilé d'horizon

 

Je suis l'image qui se transforme sans cesse
        dans l'échange mobile le flux vivant
    la rudesse attendrie polie par la douceur
le silence juste à l'instant du besoin
    l'écoute qui espère la parole à entendre

 

Je suis la geôle ouverte repeinte et décorée
    qui respire à tous les vents
        reçoit la pause bienfaisante
            libère l'inutile
    là où la vie est renouvelée

 

Je suis l'exigence qui lâche la grappe au perfectionnisme
            l'hédonisme qui recueille le devoir
        l'oubli qui ne se souvient plus que du nécessaire
    le superflu de l'essentiel

 

Je suis sans barbelés
        sourire de mes larmes
    marchant sereine attentive curieuse
            dans le champ infini des possibles.

 

AnneRL

 

 

Ateliers d'écritures 2021-2022

M'Ô présent

 

Kasala

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Grayscale © 2014 -  Hébergé par Overblog