Insomnie
Insomnie
Nuit aveugle, dans le silence de l’insomnie. Les idées noires prennent le pas sur la réalité ;
ça tourne et retourne dans la tête, ça s’enchevêtre, court-circuit de pensées néfastes, solutions introuvables, dans les bruits feutrés de la nuit : le vent léger dans les branches, une poutre qui craque, le souffle régulier de l’autre qui dort sans bouger. Les minutes et les heures passent, la nuit noire devient blanche.
Par les volets entrebâillés, la lueur pâle de la lune fait un repère de lumière.
« Dans la nuit, on voudrait allumer un rêve ».
Se lever dans bruit, pas glissés sur le parquet, sortir de sa torpeur, sortir de la maison.
Tant qu’à être réveillé, autant vivre : grande rasade d’eau fraiche pleine de bulles.
Le jardin est accueillant, il y fait doux.
Ecouteurs sur les oreilles, en sourdine la musique, peu à peu, calme les idées noires et une somnolence s’installe, à mesure que l’aube perce le ciel. Peu à peu, des images de douceur s’insinuent dans l’inconscient, le sommeil est là qui peuple l’esprit de couleurs et d’images de bonheur réel ou irréel, puis un chant d’oiseau. Le premier du matin. Ne pas ouvrir les yeux, se laisser bercer par le souvenir apaisé du rêve bienheureux.
Hélène A.
