Le rêve du personnage
Le voyage imaginaire a fait surgir un personnage imaginaire, petit lutin de la nature, tout en couleurs et en gaité. Dans la silence de ce jardin, il se faufile entre les fleurs, intrigué par ma présence sous le figuier au fruits sucrés. Le crissement de mes pas a dû le déranger et je lis dans ses petits yeux brillants, la surprise et aussi une grande douceur. Au milieu des odeurs du jardin imaginaire, un vertige me prend. Petit lutin, ou vas-tu ?
« A l’heure où les étoiles » s’allument, le petit lutin se prend à rêver. Il se demande qui est ce personnage bizarre qui est venu troubler la tranquillité du jardin où il vit depuis si longtemps. Il a bien l’idée d’un autre monde, mais jusqu’alors, il n’a jamais eu de signe annonciateur de sa réalité.
Et pourtant, depuis quelques temps déjà, il fait le rêve de découvrir ce qu’il y a au-delà de son jardin si beau et si came. Allongé sous les pétales d’une anémone, il se laisse aller à sa rêverie : son jardin, il en connait chaque fleur, chaque petit habitant, chaque arbuste, chaque bruit, chaque silence, mais le reste du monde, quel est-il ?
Il fait le rêve de sortir de ce territoire, de partir à la découverte de l’inconnu. Inconnu ?
« Et, se dit-il, si je me servais de cet inconnu qui se tient là, sous le figuier et qui va bien finir par partir ? Il m’emmènerait bien avec lui. Il me suffit de me blottir dans un recoin de son grand corps pour que mon rêve de voir le monde se réalise ».
Le personnage, sous le figuier, vient de sentir un drôle de chatouillis dans ses cheveux ; il pense que le vent se lève et qu’il est temps de partir.
Petit lutin, bien à l’abri, ouvre grand les yeux et les oreilles : il entre dans le reste du monde ! Des lumières, des bruits, des odeurs, il y en a plus qu’il ne peut en absorber tout d’un coup. C’est trop, il ne peut pas tout déchiffrer, ni enregistrer. Comment font ces humains pour supporter tout cela à la fois ? Ont-ils un esprit, des sentiments, des sensations différents des siens ?
Le petit lutin s’assoupit, épuisé par ses découvertes. Il se met à rêver qu’il devient humain …
Hélène A.
C’était un beau vieillard calme et tranquille qui posait sur la vie et les êtres un regard bienveillant. Il était connu pour sa bonté et sa profondeur d’âme. Les habitants, fascinés par son doux regard et sa longue barbe blanche, lui rendaient volontiers visite dans la fraîcheur du soir. Il leur racontait la vie avec une philosophie bien à lui, pleine de sérénité. Petits et grands l’écoutaient attentivement, puis lui posaient des questions diverses et variées, souvent embarrassantes, auxquelles il répondait toujours par une pirouette. Puis chacun repartait, apaisé, le corps relaxé, avec au fond du cœur une profonde sensation de bien être propre à la rêverie.
A l’heure où les étoiles filantes éclataient en pluie dans le ciel du mois d’août, le vieil homme se mit à rêver. Il rêva que toutes ces particules lumineuses se transformaient en autant d’étincelles d’amour et de tolérance dans le coeur des hommes, il rêva de devenir le maître des étoiles. Tel le père Noël qui distribue les jouets, il rêva de répandre cette poussière d’or dans chaque maison, dans le cœur de chaque habitant. Il lui faudrait un filet pour attraper toutes ces étoiles, de grands sacs pour les recueillir et un chariot pour les transporter…à moins qu’il ne les projette directement du ciel dans les cheminées. Il se mit à rêver qu’il construisait un pulvérisateur géant mais il lui faudrait aussi construire un avion ou une montgolfière. Jugeant l’entreprise trop complexe, il abandonna cette idée, conserva celle du chariot et s’activa à sa construction. Tous les villageois apportèrent leur contribution : qui une planche, qui une roue de charrette, qui un morceau de cuir pour les sièges. La petite Julie lui offrit son filet à papillons pour cueillir les étoiles. Le chariot fut bientôt prêt. Il ne manquait plus que le cheval que lui offrit aussitôt le maire du village. Pour les sacs il eut recours au meunier qui lui en céda aussitôt une bonne dizaine de ceux dans lesquels il stockait sa farine. Le tout fut abondamment et savamment décoré.
« Il faut absolument que tout soit prêt pour la pluie d’étoiles filantes du 15 août » se dit le vieil homme. Après une ultime vérification il se mit en route. Cette nuit-là ce fut un véritable feu d’artifice et le vieillard remplit sans peine tous ses sacs de petites étoiles scintillantes. Elles n’offraient aucune résistance et semblaient même plonger volontairement dans le filet. Il en remplit les cheminées des maisons. Un grand vent de sérénité s’abattit alors sur le village. Les habitants se réveillèrent apaisés et sereins, en proie à une indéfinissable rêverie, étonnés de se sentir aussi profondément heureux.
Dominique D.
Ecrits ensemble ...
" Quand les cerises seront bien rouges,
je m'allongerai dans les près pour chantonner."
Rêve elle
Elle est si simple
avec ses fous rires immenses
qui éclairent.
Aux petits matins des aubes
elle danse souvent
dans la densité des éveils
Ses cheveux solaires
éclaboussent de vent léger la lumière
Joie parfaite est son désir
elle cueille l'espoir à la source
Douceur délicate
les gestes épanouis de ses mains
Bonne fortune son corps
bienfait mouvant sous la lune
glissant heureuse vers
au fil des aspirations de son coeur
Elle est
juste elle même
élégance
parfaite caresse pour les regards
aimante
Elle
ses yeux racontent
un bonheur possible
aux passants du monde
Elle
si simple
paisible
éclaire …
A l'heure où les étoiles
bercent le ciel d'étincelles et de voeux
elle a senti un rêve
naître au fond de sa chair
une parcelle d'éternité
grandir depuis son âme
un désir d'oser
une envie d'être
autre
pour se trouver
Sa joie ancrée au coeur
elle a pris la route du monde
en suivant la carte du tendre
sans attendre
d'autres lui ont offert la rencontre
le pain et l'eau
les braises incandescentes des rires enflammés
la brise fraîche de mots pour la paix
Quand lui sont venus des sommeils
de feuilles en mousses
elle a su des couches moelleuses
jusqu'au sable mouillé et doux
jusqu'au soyeux d'édredons chauds
Un songe d'accomplissement alors
a peuplé sa rêverie voyageuse
elle n'en a rien dit
taiseuse de son heureuse aventure
intérieure
Elle a remis ses pas
dès sa joie de l'aurore
dans les peuples d'empreintes
des vastes sentiers de la terre
Elle a rencontré la folie
les peurs les innommables
elle s'est crue parfois incapable
d'avancer
alors le rêve fleurissant dans son ventre
lui a redit les mains tendues
les possibles solidaires
la force puissante des « ensemble »
la rémission des douleurs d'outrages
dans le baume des sourires aimants
Long autour d'elle même
a été son voyage
vers son centre
innombrables les paysages
les paroles partagées
les étonnements propices
Vaste est resté le monde
ouvert
lumineux aux interstices du doute
éclairant jusque dans le cri lancinant des nuits
serti de grains brillants
même dans les heures opaques
Quand son corps l'a portée
vers le retour du départ
elle a poussé sa porte
neuve tout à coup du hasard de sa quête
Tout à l'intérieur
était tout comme
mais neuf
dans son regard nouveau
Elle était
retrouvée
inchangée et changée
et prête à cheminer d'autres rêves … elle,
éternité.
Anne Rp
Personnage de rêve
Pierrot voyage dans le jardin rempli de fleurs jaunes.
Il a pris la porte rouge en bois pour ensuite rentrer dans l'ascenseur métallique.
Voyage vers l'inconnu.
Pierrot est joyeux, il rêve en écoutant les oiseaux qui chantent.
Il se pose au pied du chêne, ouvre un cahier pour écrire quelques pensées.
Il porte un bonnet péruvien souvenir d'un voyage.
Ce qui frappe chez Pierrot c'est son regard; des yeux marron qui cherchent à tout voir.
Des cheveux très fins dans tous les sens, c'est un rêveur …
REVERIE
Ce jour je m'appelle Pierrot.
J'ai mis ma tenue de rando.
Arrive au col, il neige un peu.
Direction la montagne d'Angel. Le chemin est marque par des traces. A travers la foret les buissons.
A mesure que je monte la végétation s'amenuise mais on peut deviner la trace.
J'entends mon souffle. Le silence est accentue par la douceur de la neige.
C'est bon l'effort dans le froid .arriver au sommet.
Mais le vent s'accentue,le brouillard se lève. Un pas, un autre, encore un, monter.
Le sommet, où est-il ?
J'arrive, un cairn signale le sommet d'Angel. Mon rêve : monter au mont Ararat en Arménie.
Encore un sommet! Pourquoi toujours monter a vélo, a pied ?
D'habitude je rêve là haut de m'envoler en parapente pour survoler les montagnes.
Mais ce jour la tempête est la. Je me tourne pour redescendre. Plus de trace. A gauche, à droite ? Je descend mais vers où? Non ce n'est pas la, je remonte. Maintenant il faut descendre. Je suis perdu. Je marche, marche. Soudain un enclot, une petite bergerie. Sauve. Je rentre dedans pour me réchauffer. J'entends des moutons, un chien, il y a de la paille, des outils. C'est l'Arche de Noé.
Ce n'est pourtant pas la mer qui m'entoure? Le vent est déchaîné. La mer est toute blanche, des vagues, des vagues.
Non ce n'est pas une rêverie j'irai en Arménie. Demain je prends le billet.
A l'heure où les étoiles brillent dans le ciel je suis au sommet du mont Ararat.
Pas un drapeau. Je me retrouve avec des alpinistes de la paix. Nous faisons une ronde accompagnée par une musique du monde. Les hommes unis par l'effort, la musique, le désir d'aller vers le beau.
Christian P.
Ecrits ensemble ...
" Quand les petits pois seront rose,
je raconterai ces histoires folles
à mes petits enfants."
Cet épouvantail a bien de la chance d'être le gardien d'un si beau jardin.
Juché sur un grand bâton, habillé de guenilles, accessoirisé de grandes bandes d'aluminium, il règne tel un Cerbère sur les plates-bandes de fraises et, surtout, sur les arbres fruitiers entourés de parterres de fleurs multicolores et odorantes.
En cette période estivale, il doit redoubler de vigilance car les fruits à maturité attirent la convoitise de tout ce qui vole au propre comme au figuré.
Il a appris à reconnaître les différentes espèces d'oiseaux et il sait les plus gourmands, les plus voraces ou ceux qui ne font que picorer.
Alors, à longueur de journée, il agite consciencieusement ses bras articulés dont le mistral favorise les mouvements pour faire fuir les chenapans : pies, moineaux, rouge-gorges, mésanges... mais aussi les enfants du voisinage qui essaient chaque année de venir chaparder quelques abricots, mirabelles et cerises.
Il faut dire que ces fruits sont particulièrement goûteux, gorgés de soleil généreux cette année.
Ses pires bêtes noires sont les frelons. Contre eux il est impuissant. Or il a toujours peur qu'un de ces insectes de l'espèce qui ne devrait pas exister sur terre pique la petite Emma quand elle joue dans le jardin. Celle-ci l'appelle Jules.
A l'entrée de l'hiver on le rentrera dans la remise où il pourra dormir comme une marmotte et prendre un repos bien mérité jusqu'au printemps prochain...
A l'heure où les étoiles se mettent à briller dans le ciel, je peux enfin relâcher ma vigilance et me reposer un peu. Bien campé sur mon bâton, tel un flamand rose de Camargue, les bras au repos qui ne s'agitent plus tels un sémaphore, je me détends, je m'évade...
C'est l'heure où je me retrouve au pays des songes et de Juliette. C'est ainsi que j'ai appelée la vigie du jardin voisin. Chaque jour je l'observe, gracile, avec son jupon flottant au vent et cela fait longtemps que je fantasme sur elle.
Et cette nuit je rêve que nous allons enfin nous étreindre.
Il suffirait de presque rien pour la rejoindre, juste que j'appuie très fort sur le sol pour impulser un mouvement de ressort, ensuite le vent m'emporterait jusqu'à elle...
Toutefois, j'ignore l'accueil que me fera la belle et, craignant que mes habits de gueux soient rebutants, je me prends à rêver que la maîtresse du jardin sur lequel je veille me fasse un nouveau costume plus présentable...
Mais voilà que je m'égare tandis que j'étais résolu à concrétiser mon rêve sans plus remettre au lendemain.
« Oublie le vêtement Jules, tu es habillés de rêves ! Allez rassemble toutes tes forces et tu vas y arriver ! Regarde comme Juliette est belle, nimbée d'un halo de lumière de clair de lune ! »
A la une, à la deux, à la trois, tel Zébulon dans le dessin animé de mon enfance dans une autre vie, je décolle du sol. Ça y est, je flotte dans les airs et ô surprise !,en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, j'atterris auprès de ma Dulcinée.
Dans un mouvement dû à Eole que je remercie au passage, Juliette ouvre des bras et les referme sur moi... La rêverie est réalité. Je suis aux anges !
Anne Rh
Un petit garçon, enfin assez petit en taille mais portant déjà en lui quelques éclaboussures de la vie, baguenaudant dans la ruelle à une heure tardive, trop tardive
Il était habillé en guenilles avec des vêtements sombres, rapiécés, dont l’ampleur n’était pas accordé à son corps svelte en mouvement.
Il dégageait de lui une impression vivifiante et son accordéon pendu nonchalamment sur l’épaule égrenait quelques notes de musique…..sorte d’étincelles, de mélodie d’un temps nostalgique.
Derrière sa frimousse émacié par les vents se pressentait une espièglerie dont la contagiosité faisait route vers nous ; une invite à l’accompagner quelques instants dans on voyage
A l’heure où les étoiles montèrent à leur firmament, il s’enfonça dans sa rêverie se projetant dans le ciel là-haut au dessus de la voie céleste.
Il allait dominant le monde, à la recherche des entrailles qui l’avaient façonnées mais dont il était resté ignorant….
Où se trouvait l’énergie enfanteresse qui lui avait soufflé vie ?
Où puiserait-il sa créativité ?
Par quelles constellations serait-il éclairé pour trouver son chemin ?
Il allait de cirrus floconneux en stratus énervés, rebondissants sur un nimbus effiloché ;
On aurait dit, un parcours de petit poucet céleste naviguant la mer de nuages.
Il embarqua à bord d’une frégate qui appareillait pour aller pourfendre la tempête et se jeter dans la gueule de la baleine.
Celle-ci lui avait fait savoir qu’elle pouvait l’emmener sur les océans et lui donner la chance de rencontrer sa génitrice pour peu qu’il ait l’envie de s’en approcher pour peu qu’il ait le désir ensuite de s’en affranchir.
Les heures défilaient ; il lui fallait décider rapidement ; se hâter pour entreprendre ce parcours initiatique car évidemment les pénombres étaient indispensables.
A l’aube, l’heure où la clarté s’éveille sur terre et dans les esprits, il serait trop tard, il ne saurait prolonger indéfiniment ce périple. Il devrait entrouvrir les paupières, apercevoir le fossé dans lequel il s’est endormi pour se défaire de fatigues accumulées.
En s’étirant, il sentirait qu’il n’est pas seul, qu’il n’est plus seul….d’autres, une ribambelle d’autres sont là ; tous se réchauffent et se donnent du courage pour entamer la ronde à la recherche de l’origine.
Il se met à déambuler dans le labyrinthe de ses filiations, de ses pensées pour réaliser qu’il ne rêve pas ;
Il peut s’adonner librement à sa canaillerie et s’imaginer qu’il a été porté par une nuée dont les gouttelettes l’ont suffisamment abreuvées pour qu’il puisse s’épancher dans la rosée des matins et se ressourcer à l’aune de la tombée des pénombres.
Francine T.G.
Ecrits ensemble ...
" Quand l'amour sera géant,
j'inventerai des mots d'amour bleus."
C’était un petit chat blanc que je voyais de temps à autre sur le rebord de sa fenêtre
Sur les pattes de devant de petites moufles noires le rendaient élégant
L’œil coquin, le genre insaisissable et intrépide, il avait la faculté de disparaître de ma vue avant que je n’ai pu faire un geste dans sa direction
Comment, comment une telle boule d’énergie avait elle pu se laisser enfermer dans l’ascenseur ?
Quelle ne fut pas ma surprise en ouvrant la porte de l’élévateur ce matin là, de le trouver couché, un peu engourdi, et tout roulé sur lui comme une bobine de poils
Lui, étonné, toutes oreilles dressées, l’air à peine soulagé, s’étire un court instant, me fixe intensément et prend bien tout son temps pour me filer entre les jambes, descendre l’escalier comme s’il avait été meneur de revue au lido, la queue toute en panache et la jambe légère
A l’heure ou les étoiles, ces petites pierres de lune accrochées dans le ciel du petit prince l’incitaient à parler à son mouton, un petit chat tout blanc avec des bottines noires, sorti le matin même d’un ascenseur prison, décida de profiter de sa liberté retrouvée pour tenter une expérience bizarre qu’il avait dans la tête : essayer la survie dans un milieu urbain
Vous savez comme ces gens qui décident un beau jour, fatigués de leur monde de tourner le dos à la société de consommation pour vivre avec le minimum, changer d’environnement.
Les poubelles des supermarchés regorgent de trésors, les jardins publics font des dortoirs très fréquentables à condition que le temps soit un peu clément
Alors en route chat nanti.
Chat de poubelle ce pourrait être la honte, mais on peut surmonter de telles pensées en mettant son orgueil de côté
Et puis quel beau défi !
Les maîtres dans la maison ne seront pas contents, ils vont pleurer un peu, mais cela va passer…et quelle fête j’aurai lorsque je reviendrai
D’abord s’organiser, manger dormir certes mais aussi affronter les matous de gouttière, qui vont lutter pour la sauvegarde du territoire.
Faire cela en douceur , dans la négociation. Surtout ne pas se battre, garder sa dignité, pas de chat écorché, revenir beau et propre pour être ré adopté
Et l’aventure se fait. Chaque jour a ses épreuves, mais vaincre avec périls donne de l’assurance.
Il s’éloigne de ses bases, rencontre un tas de potes, obligés par naissance à cette vie sauvage
Le monde est surprenant : que de belles poubelles , que de parcs moelleux et toutes ces chattes si belles !!
De découvertes en déconvenues, il fait l’apprentissage de la vraie liberté sans entrave et sans maître
Pas de l’indépendance que l’on dit chère au chat, mais du sans foi ni loi, juste « le monde et moi »
Parfois épuisé, au cœur d’une rêverie, un œil tout endormi et l’autre vigilant, il pense à sa maison, son panier plein de laine et cet enfant joyeux qui lui tirait la queue. Mais très vite il renonce, le temps n’est pas fini, il s’est donné deux mois pour son exploit survie
L’épreuve est dure et douce, elle le révèle à lui, aura-t-il envie après cela de rentrer dans sa vie
Lui-même ne le sait pas, c’est un jour après l’autre….mais il se sent plus fort et cela lui suffit.
Jocelyne G.
A l'heure où les étoiles s'allument
une à une
dans la vastitude et la profondeur des cieux bleus
nous nous asseyons sur la lune
nous les anges heureux
Nous invitons nos rêves les plus fiers
qui tels des papillons ivres de joie
s'envolent et déposent sur la terre
nos trésors de tendresse et d'émois
Nous l'aimons tant et tant
depuis le firmament
cette pauvre terre
ridée de misère
et de folie guerrière
avec ses petits humains pâles
drôles d'épouvantails
au sourire bancal
Mais aujourd'hui le défi est de taille
un seul voeu
et qu'il se réalise sous peu
Plus question de rêveries enfantines
et d'espérances divines
Nous aussi les anges réjouis
nous voilà sans façon
soumis à obligation
de résultat
Alors tout à mon embarras
j'imagine que tout un chacun
sur son chemin de songe
me rencontrera
et cessera le mensonge
Plus de doute en route
pour semer mes graines de vérité
et d'éternité
A ma grande surprise
mes premières rencontres sont grises
tant d'hommes et de femmes ne rêvent plus
J'ai beau frapper à leur porte sans trêve
peine perdue
ils font grève
barricadés derrière leurs peurs
et la certitude de leur malheur
Les tentatives suivantes
ne sont guère plus concluantes
Par milliers
ils s'approchent intrigués
mais sans supplément d'âme
ils se réveillent et se damnent
Ils ont cru voir un ange
bien trop étrange !
Ils ont oublié le goût fiévreux
du merveilleux
et ne sont plus que des enfants frileux
A ce moment là j'ai rêvé de ne plus exister
la tristesse collée
à la peau de mes ailes cassées
C'est alors qu'une femme sans âge
et qui venait d'un long voyage
a mes côtés doucement
s'est posée
émerveillée
le coeur et les yeux confiants
j'ai déposé mes graines d'ange
sous sa frange elle m'a souri
bel échange
et nous avons partagé
le silence des bontés
le temps passe vite à s'aimer
Le petit jour frémissait
et la lune se couchait
je suis retourné
sans plus tarder
dans la vastitude et la profondeur des cieux bleus
a l'heure où les étoiles s'éteignent
par vingtaine
pour l'obligation de résultat
je n'avais pas rempli mon contrat
tant mieux pour moi
quoi! je suis un ange
et je n'aime pas que l'on me dérange
mes rêves les plus beaux
resteront bien au chaud
pourquoi s'aventurer sur la terre
en plein hiver
j'attendrai l'été
pour y retourner.
Florence S.
Bichon le lutin
Sous un ciel bleu d’une banalité réjouissante, Bichon le lutin sort de son refuge. Accueilli par la rosée du matin, il fait un câlin à son arbre. De son rire éclatant, il fait bruisser les feuilles et réveille les fruits bleus. C’est l’heure. Il s’emmêle dans l’entrelacement des branches et s’installe dans un cocon de bien-être. Conformément à ses habitudes, non sans en avoir demandé l’autorisation, il brise la coquille d’un fruit et se délecte de sa chair juteuse, sucrée, au doux parfum de chocolat.
Gourmand, il tente d’en cueillir un autre mais l’arbre lui refuse en écartant ses branches. « zut, se dit Bichon, à l’heure où les étoiles se lèvent, j’aurais bien besoin d’un deuxième fruit ». Mais l’arbre n’est pas de cet avis et lui conseille prestement de s’en aller retrouver Picram le farfadet et qu’ils s’attèlent à leurs besognes ! Aujourd’hui, il faut préparer l’arrivée des coccinelles et on sait qu’elles sont très exigeantes.
Pendant que Bichon et Picram encerclent les pucerons pour leurs hôtes, Bichon confie son rêve à son ami. Un deuxième fruit, ce n’est pourtant pas grand-chose ! Mais il faut convaincre l’arbre…
Ou alors une carotte ? un chou ? peut-être que le potager de Picram lui accorderait cette faveur ?!
- Tu sais très bien que ce n’est pas possible, lui rappelle Picram. A chacun son doyen, et les moutons seront bien nourris.
Tout en récoltant les pucerons, Bichon continue à flâner dans sa rêverie. Et s’il offrait quelques coccinelles à son arbre, il lui en serait reconnaissant !
Ni une, ni deux, mais cinquante mille coccinelles furent si comblées par l’accueil de Bichon qu’elles acceptèrent de lui rendre service.
Le soir venu, à l’heure où les étoiles se couchent, Bichon vient trouver l’arbre, escorté d’un nuage de coccinelles. Celles-ci se mettent immédiatement au travail et débarrassent l’arbre de ses envahisseurs. Elles expliquent bien que l’idée est de Bichon, qu’il est très travailleur et qu’il mérite qu’on le bichonne. L’arbre acquiesce et consent à donner, chaque jour, deux fruits à Bichon le lutin bichonné dans son cocon.
Satisfait, Bichon sourit et se dit que le rêve, ça a du bon. Maintenant qu’il a son deuxième fruit, pourquoi ne pas espérer un chou ?
Prune C.
Ecrits ensemble ...
" Quand la vie sera fleuve,
je donnerai tout l'amour que j'ai."
