Nuit noire, nuit de rêve

J'ai allumé un nouveau rêve

Minuit, heure du crime, quel crime ai-je commis ?

Je tourne, retourne dans mon lit, je suis mal.

Je me lève.

Dans le salon une femme nue aux cheveux longs.

Je mets un disque : Madame rêve d’apocalypse, de nuit sans fin, d’amour

Je sors sur la terrasse fumer une clope.

Les nuages remplis de rêves passent dans le ciel.

Sur le portable un message : « viens à 11 heures en face du pont Saint Bénezet"

Je soupçonne pourquoi

Elle arrive en plus en retard.

Tu devines ce que je vais te dire : c’est fini !!

 Je remonte chez moi très triste.

Je vais courir dans la nature au château pointu ; là- haut ou je recevais ses messages.

J’affronte le vent, le froid, la douleur, mais rien n’y fait, j’ai des bleus à l’âme.

En rentrant chez moi, je suis vide, mais elle est là, encore.

La nuit arrive. On tire le rideau ; ferme les persiennes.

Je regarde un film mais pas très joyeux.

Je zappe sur toutes les chaines mais ce soir, que tristesse.

Je décide d’aller me coucher sous la couette, un peu de chaleur.

Mais l’angoisse monte en moi. Pourquoi ?

Ce soir, c’est pleine lune, une nuit sans fin, nuit de chagrin.

La lune me jette un regard : « Viens rêver avec moi ».

J’allume une bougie dans le noir. La flamme vacille dans tous les sens comme ma tête.

Un petit passage aux WC, là où se trouvent mes trophées : une photo de la Réunion,

un concert de rock au Castellet.

 

Toutes les nuits ne sont pas tristes comme aujourd’hui. Vivement le jour !!

Je retourne me coucher. La lumière douce de la bougie me rassure.

Dans ma nuit, j’ai allumé un rêve

Oublions la Barthe lasse… Promenons-nous à la Réunion

Je me demande encore si les deux nuits passées à courir, je les ai rêvées

Dans ma poche j’avais un message à n’ouvrir qu’a la ligne d’arrivée.

Dans la nuit, à la frontale, j’avance.

Un rasta s’approche de moi, viens goutter ma tisane. Quelle plante magique ? mais je repars en courant.

Au bout de 50h je franchis la ligne.

Le petit message disait : « tu arriveras au bout de ton rêve ».

Mais maintenant qu’il est fait, ce n’est plus un rêve.

Si je changeais de monture, aujourd’hui le vélo.

Je grimpe. La route n’en finit plus. 

 Le brouillard. J’avance dans mon rêve de monter là-haut, là-haut, là-haut …

Sans m’en apercevoir je suis arrivé au bout de la nuit.

La bougie est finie, elle a dessiné une nouvelle route pleine de lacets.

J’ouvre les persiennes, le soleil arrive, la lumière.

Dans ma nuit de chagrin j’ai allumé un nouveau rêve.

Lequel ?

Christian P.

 

Rêve d'enfance

 

Le jour était tombé brutalement, comme un couperet,

après que le vilain mistral glacial  ait soufflé toute la journée occasionnant un froid polaire.

Maintenant la nuit était là, noire, une nuit d'encre, plombée, de celles qui vous filent l'angoisse.

Pas un rai de lune, seules quelques étoiles osaient braver les ténèbres.

Dans le jardin, la chouette hululait, troublant le silence qui régnait. Je cherchais le sommeil, me tournant et retournant, mais ce soir Morphée ne voulait pas me prendre dans ses bras.

Dormir, dormir, ça virait à l'obsession.

J'invitai les moutons pour les compter mais ceux-ci me refusaient leur présence. Idées noires. Une sorte de torpeur accompagnée de fièvre me gagnait.

Aux prises avec mes démons, ma chemise de nuit allait encore éponger mes sueurs nocturnes...

 J'aurais dû doubler la dose de pilules bleues, voire avaler la boîte entière :

ma nuit serait alors éternelle et finis les cauchemars.

Alors, dans ma nuit, j'ai allumé un rêve.

J'y ai mis le paquet et n'ai pas lésiné sur les moyens :;

j'ai invoqué les Mille et Une Nuits, Shéhérazade, les berceuses de mon enfance, les nuits d'amour, l'ivresse, la tendresse.... et, soudain,

la nuit s'est faite douce et câline, mon père était à mon chevet pour me rassurer

« ce n'est rien ma chérie, tu as fait un cauchemar, rendors toi, je suis là ».

Rassérénée, je me retrouve marchant sur une plage de sable blanc

bordée de cocotiers tenant dans ma main celle de ma fille.

La mer est turquoise et chaude, nous y entrons et nous nous y ébattons...

J'étais retournée au jardin de l'enfance, la mienne et celle de ma fille mêlées...

Anne Rh

 

 

La nuit pour lumière

 

La vitesse de la lumière est de 300.000 km/seconde,

mais la nuit, elle, est évasive;elle est courte, elle est longue, elle est blanche, noire : elle est.

Dans un monde de perception, la nuit à bien y regarder,

si tant est qu'on peut voir dans le noir, la nuit donc, n'est que lumière.

 

Et je ne vous parle pas de ces nuits sur la campagne,

ces nuits sur la solitude, ces nuits de chasseurs, de tueurs, de chercheurs à tâtons,

d'aveugles dans les yeux desquels luit la lumière précise et pâle de la lune ;

non, je parle des nuits sur la ville, ces nuits que chasse la lueur robotique  des réverbères,

le rêve lumineux et bon marché des devantures,

la chaleur de l'abat-jour dans une chambre,

l'éclaboussement rassasiant d'un néon dans une cuisine,

ces nuits masquées et invisibles parce que non vues, non regardées.

Dans mes nuits irréelles,

j'allume des rêves,

dont la clarté est un sirop d'orgeat gris jaune, sucré, amer,

dans lesquels des personnages, des personnes de rêve bien sûr,

se révèlent, se penchent à mes oreilles, défiant le noir de la nuit

et y substituant un noir âcre et plus noir que la noirceur, plus incisif : le noir de mes idées ;

installant un noir incompréhensible et surprenant; on ne l'a pas vu arriver;

quelle est la vitesse de l'obscurité ?    

Mes rêves invariablement me réveillent et c'est dans l'urgence que j'allume les lumières de la maison;

je chasse la nuit de mon âme, et c'est dans la lumière artificielle, au grand jour de la nuit,

que j'entre dans mon monde dont les rêves vivants et éveillés sont faits de phantasmes,

de voyages, d'espoirs,

lumineux comme le balayage des phares côtiers sur les tempêtes de mon cœur.

 

Jean-Pierre C. 

 

Insomnie -

Nuit aveugle, dans le silence de l’insomnie. Les idées noires prennent le pas sur la réalité ;ça tourne et retourne dans la tête, ça s’enchevêtre, court-circuit de pensées néfastes, solutions introuvables,

dans les bruits feutrés de la nuit : le vent léger dans les branches, une poutre qui craque, le souffle régulier de l’autre qui dort sans bouger. Les minutes et les heures passent, la nuit noire devient blanche.

Par les volets entrebâillés, la lueur pâle de la lune fait un repère de lumière.

 « Dans la nuit, on voudrait allumer un rêve ».

Se lever dans bruit, pas glissés sur le parquet, sortir de sa torpeur, sortir de la maison.

Tant qu’à être réveillé, autant vivre : grande rasade d’eau fraiche pleine de bulles.

Le jardin est accueillant, il y fait doux.

Ecouteurs sur les oreilles, en sourdine la musique, peu à peu, calme les idées noires

et une somnolence s’installe, à mesure que l’aube perce le ciel.

Peu à peu, des images de douceur s’insinuent dans l’inconscient,

le sommeil est là qui peuple l’esprit de couleurs et d’images de bonheur réel ou irréel,

puis un chant d’oiseau.

Le premier du matin. Ne pas ouvrir les yeux,

se laisser bercer par le souvenir apaisé du bonheur d’un rêve.

 Hélène A.

 

 

 

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