Poétisons...
OFFRANDE
Tu m'as offert tes yeux
et je parcours les étoiles
tes paysages m'émerveillent
Je t'ai offert mon coeur
tu y dessines des forêts
et les oiseaux s'invitent
Pourquoi la chanson folle
et les mots soleil ?
La mousse est douce
à nos pas clairs
Sur le chemin de lumière
éclats de vie
moisson de fleurs dans nos têtes
Le vent a balayé nos larmes de peine
et les vagues fatiguées de nos détresses nues
Nos hiers chavirent et nos demains s'enfantent
Oubliés nos naufrages
rejoindre l'horizon des promesses fertiles
pour que s'envolent nos rires candides
Les mots du jour nouveau
sur nos lèvres pleines
le regard du monde
sur nos visages
homme et femme de ciel
l'amour s'invente
Florence S.
Une colombe, ce n’est rien qu’un pigeon blanc.
La paix tombe en lambeaux.
Elle fait pour les hommes leur gastrique haine, paradoxe.
L’oiseau de lumière laisse la nuit envahir le monde,
il redevient pigeon puis corneille dans l’obscurité.
La nuit, tous les chats sont gris
et le sang fait tache sur une robe immaculée.
Au matin, l’être éventré côtoie les poubelles
et finit sa vie, plumes grises sur le bitume.
Les asticots courent dans sa chair noire comme le nuit,
la paix des hommes.
Dans la baignoire en émail bleu qu’est l’azur
Les sources se promènent dans les champs.
Voir au-delà de l’horizon, c’est se regarder dans le miroir de la vie.
Au bout de la route,
un pommier dont les branches s’équilibrent si bien au creux du ciel
marche la tête haute.
Sur ses rameaux,
délicatement posés,
des oiseaux qui construisent de voyages et de temps.
Une colombe, ce n’est rien qu’un pigeon blanc.
Une feuille vole aussi bien que les plumes des oiseaux. Dans leurs ailes comme sur les branches, le ciel sent bon. L’univers n’est qu’une lumière.
Des traces sur les galets, les galets dessinent des visages, sourire.
Sourire d’un étranger qui te ressemble.
Cisaillons les haies qui nous séparent en haines.
Que veut dire inventer lorsque l’on voit les trouvailles du hasard ?
A pas de loup, chaque jour nous rapproche de la mort. L’ombre tombe et se relève, apprivoise la,
l’oubli, c’est un peu de sérénité retrouvée.
Renouveau
Léa M.
Atelier "Des mots d'ado."
La chance au jour éclate de jaune et de mauve.
L’oiseau en mon cœur fredonne la liberté
Le vent emmène une pensée ensemençant le monde
Jardins effilochés, franges de beauté sans cesse renouvelée
Des talus, garnis de galets, les ombres qui tombent
allument tes rêves en gouttes d’étoiles, telles des larmes
prenant un avion à la recherche d’autres mondes.
L’aboiement des terreurs dans le labyrinthe de nos peurs
ancestrales favorise le jaillissement de rires jusque là endiguées.
La boutique de nos sentiments solde à tout va…
Les souliers fatigués d’arpenter cède le pas à la légèreté…
Audace fugace de jaune et de mauve la chance au jour éclate.
F.T.
Ombre qui tombe et se relève
La vague recule sans cesse
Repoussée par le cordon de galets
Et se débat pour le franchir, comme ces fourmis qui dansent à la limite du sable
Comme les larmes parfois se débattent des mots.
Elle arrose les journées tombées au seuil de la nuit
Et là, alors que la lumière s’éteint,
Une joie bleue comme la mer s’envole.
Un instant, yeux fermés, au bord de vaciller..
Et ré-ouvrir les yeux sur la lumière si douce.
Vent, sable, tempête, orage je me glisse toute en vous
L’immensité du monde me donne le vertige
Et l’envie de m’y adonner
Le frisson d’impatience et le cœur qui s’emballe
Et les rêves qui viennent sans qu’on les ait conviés
La beauté des matins et de l’air si léger
Le soleil de midi qui mord si bien la peau
Le désir embusqué qu’on laisse s’échapper
Etancher toutes ses soifs, s’abreuver de la vie.
Je suis là étourdie, en bordure de la vague
Mes yeux tout embrumés se lèvent vers le ciel
Ou l’avion suspendu trace son chemin
Cherchant un autre monde.
Jocelyne G.
Mots d’autre
Les saisons bâtissent des merveilles,
des talus avec des voyages.
Un oiseau dort dans mon transat : la liberté se repose.
Des voiliers du transat’ défient la prose.
Tu joues le jeu,
Je tue le je,
Je joue le tu.
Les mots mettent des coups de laine aux larmes.
Hier sera sans humeur.
Demain s’évanouissaient nos peurs.
Trop de lumière éteint.
Dis-moi quoi ?
Avatar du bavard,
Ecrits au hasard.
Les gouttes d’étoiles enveloppent les à-coups
d’une joie bleue noircie de mots débris.
Elles font le doux.
Envole-les !
Les idées auront des bras.
Les jambes, heureuses d’être des pas,
allumeront les rêves,
filtreront les canulars.
Puisque le héron m’indiffère,
j’irai.
Prune C.
Le vent dans sa fureur
Comme le malheur
Egratigne les cœurs
Les chemins sortent
malgré le froid
Voyage lointain
Il fera beau demain
Les sources se promènent
dans les champs
Autour de la vie,
comme des enfants
qui ont le regard clair
malgré les ombres
Leurs yeux espèrent des merveilles
Leurs oreilles jouent à entendre
Une comptine, une voix tendre
« Un papillon zélé
Comptait fleurette
A une coccinelle fluette
Trop fière pour l’écouter
Il s’éloigna dépité
Il en perdit son zèle et ses ailes »
La nuit enveloppe les arbres de douceur
Le temps tricote avec lenteur
La velours du soir
Le calme et l’ espoir
Une petite voix égrène :
« Une grenouille grise
grignotait allègrement
de grosses grappes de cerises
en dépit du règlement »
Eclats de rires, tendres soupirs.
Quelques gouttes d’étoiles
Pour mieux gouter la nuit
Là-haut un avion cherche d’autres mondes.
Une joie bleue s’envole vers d’autres rêves.
Dominique D.
Parce qu’elle ne comprenait plus rien à ses rêves.
Il continuait à vouloir l’entraîner sur des chemins brûlants de glace.
Il voulait encore vivre avec elle au milieu des oiseaux bâtisseurs de rivières sans détours.
Ils nageraient tous deux, suivant les sources qui se promènent à travers les champs.
Il croyait pouvoir encore donner une chance à leur cabane d’éternité.
Mais la joie bleue s’envole à l’infini.
Et parce qu’elle ne croyait plus à ces jours qui portent chance, elle mettait en solde sa collection de chapeaux et d’émois fatigués.
Et parce qu’elle ne comprenait plus rien à ses rêves, elle faisait lentement sa valise de fleurs.
Et lui, versait des larmes astronomiques.
Il lui revenait à l’esprit le début de leur rencontre.
D’abord ces caresses à peine échangées au beau milieu d’une boîte sardines.
Il l’avait observé entrain de lui tricoter des écharpes de désirs.
Elle était arrivée à leur premier rendez-vous emmitouflée de senteurs capricieuses.
Lui, en retard, à folle allure, contre sens et dans la pagaille, lui avait tout de suite proposé d’aller à la rencontre des pâquerettes.
Elle, boudeuse.
Alors il avait joué à tout ou rien et lui avait promis d’apprivoiser la violence du vent.
Face à ce bel homme cosmopolite bien de chez nous elle avait l’impression d’avancer à tâtons au milieu des scoubidous, mais peu à peu tous deux, à force de questionner les rêves avaient finis par décrisper les contraintes.
On les avait vus casser la glace pour pêcher avec les ours sur la voie lactée.
Souvent ils se mitonnaient des ardeurs aux petits lardons, ou organisaient des fêtes à offrir des crayons de couleurs à tous les gens sérieux.
Mais peu à peu une lassitude indescriptible la gagnait, à force de le voir sans cesse jouer au preux chevalier à coup de spaghettis.
De le voir toujours amarrer sa chaloupe bien trop prés du volcan, elle trouvait les fumerolles collantes et l’atmosphère désenchantée : elle ne comprenait plus rien du tout à ses rêves.
Elisa. G.
Tout possible
s'approcher du vivant jusqu'à s'immerger
s'extraire avec douceur de l'aube
l'arbre alors s'éprend du ciel
le galet espère la vague
au hasard d'un oiseau bleu
de l'écume à la marée
la lune se dissout et renaît
l'horizon s'échappe vers la source de l'aube
tout possible
nos yeux espèrent
savent ils où nous allons ?
Petit éclat de songe sur le rebord du temps
connaître le silence
s'étirer vers l'attente
espérer un jour doux
où tout possible
Quels chemins alors sortent de nos visages
plein d'oreillers
La patine de l'absence d'été
effeuille l'hiver dans la cheminée
l'idée d'un froid vertigineux
invente un vent vivant à venir sur le visage
la pluie même se pare d'espérance...
tout possible
Des ombres tombent pour ouvrir des fenêtres sur la lumière
Matin
page blanche et vierge
tout possible
un velours de lèvres comme un pétale de fleur
un amour sucré d'infinie douceur
peut être
à déguster
oser le rêve d'espérer tout possible
Un oiseau d'un chant soudain
propose la joie
sait elle où elle va ?
Le sommeil s’efface et s'effiloche
comme une bouteille à la mer
le marcheur enfante le mouvement
vers le vie qui s'épanche
saisir la chance
heureuse du voyage
dans un jour remis à neuf
où tout possible
naît
Anne Rp.
