Poétisons...

Sainte Beaume 20.04.08 649

 

OFFRANDE

 

Tu m'as offert tes yeux

et je parcours les étoiles

tes paysages m'émerveillent

Je t'ai offert mon coeur

tu y dessines des forêts

et les oiseaux s'invitent

Pourquoi la chanson folle

et les mots soleil ?

La mousse est douce

à nos pas clairs

Sur le chemin de lumière

éclats de vie

moisson de fleurs dans nos têtes

Le vent a balayé nos larmes de peine

et les vagues fatiguées de nos détresses nues

Nos hiers chavirent et nos demains s'enfantent

Oubliés nos naufrages

rejoindre l'horizon des promesses fertiles

pour que s'envolent nos rires candides

Les mots du jour nouveau

sur nos lèvres pleines

le regard du monde

sur nos visages

homme et femme de ciel

l'amour s'invente

 

Florence S.

 

 

Sainte Beaume 20.04.08 654 

 

Une colombe, ce n’est rien qu’un pigeon blanc.

La paix tombe en lambeaux.

Elle fait pour les hommes leur gastrique haine, paradoxe.

L’oiseau de lumière laisse la nuit envahir le monde,

il redevient pigeon puis corneille dans l’obscurité.

La nuit, tous les chats sont gris

et le sang fait tache sur une robe immaculée.

Au matin, l’être éventré côtoie les poubelles

et finit sa vie, plumes grises sur le bitume.

Les asticots courent dans sa chair noire comme le nuit,

la paix des hommes.

 

Dans la baignoire en émail bleu qu’est l’azur

 

Les sources se promènent dans les champs.

Voir au-delà de l’horizon, c’est se regarder dans le miroir de la vie.

Au bout de la route,

un pommier dont les branches s’équilibrent si bien au creux du ciel

marche la tête haute.

Sur ses rameaux,

délicatement posés,

des oiseaux qui construisent de voyages et de temps.

Une colombe, ce n’est rien qu’un pigeon blanc.

 

Une feuille vole aussi bien que les plumes des oiseaux. Dans leurs ailes comme sur les branches, le ciel sent bon. L’univers n’est qu’une lumière.

 

Des traces sur les galets, les galets dessinent des visages, sourire.

Sourire d’un étranger qui te ressemble.

Cisaillons les haies qui nous séparent en haines.

 

Que veut dire inventer lorsque l’on voit les trouvailles du hasard ?

 

A pas de loup, chaque jour nous rapproche de la mort. L’ombre tombe et se relève, apprivoise la,

l’oubli, c’est un peu de sérénité retrouvée.

 

Renouveau

 

Léa M.

Atelier "Des mots d'ado."

 

Sainte Beaume 20.04.08 621

 

 

La chance au jour éclate de jaune et de mauve.

L’oiseau en mon cœur fredonne la liberté

Le vent emmène une pensée ensemençant le monde

Jardins effilochés, franges de beauté sans cesse renouvelée

Des talus, garnis de galets, les ombres qui tombent

allument tes rêves en gouttes d’étoiles, telles des larmes

prenant un avion à la recherche d’autres mondes.

 

L’aboiement des terreurs dans le labyrinthe de nos peurs

ancestrales favorise le jaillissement de rires jusque là endiguées.

 

La boutique de nos sentiments solde à tout va…

Les souliers fatigués d’arpenter cède le pas à la légèreté…

Audace fugace de jaune et de mauve la chance au jour éclate.

 

F.T.

 

Sainte Beaume 20.04.08 651

 

Ombre qui tombe et se relève

La vague recule sans cesse

Repoussée par le cordon de galets

Et se débat pour le franchir,  comme ces fourmis qui dansent à la limite du sable

Comme les larmes parfois se débattent des mots.

Elle arrose les journées tombées au seuil de la nuit

Et là, alors que la lumière s’éteint,

Une joie bleue comme la mer s’envole.

Un instant, yeux fermés, au bord de vaciller..

Et ré-ouvrir les yeux sur la lumière si douce.

Vent, sable, tempête, orage je me glisse toute en vous

L’immensité du monde me donne le vertige

Et l’envie de m’y adonner

Le frisson d’impatience et le cœur qui s’emballe

Et les rêves qui viennent sans qu’on les ait conviés

La beauté des matins et de l’air si léger

Le soleil de midi qui mord si bien la peau

Le désir embusqué qu’on laisse s’échapper

Etancher toutes ses soifs, s’abreuver de la vie.

Je suis là étourdie, en bordure de la vague

Mes yeux tout embrumés se lèvent vers le ciel

Ou l’avion suspendu trace son chemin

Cherchant un autre monde.

 

Jocelyne G.

 

Sainte Beaume 20.04.08 624

 

Mots d’autre

 

Les saisons bâtissent des merveilles,

des talus avec des voyages.

Un oiseau dort dans mon transat : la liberté se repose.

Des voiliers du transat’ défient la prose.

Tu joues le jeu,

Je tue le je,

Je joue le tu.

Les mots mettent des coups de laine aux larmes.

Hier sera sans humeur.

Demain s’évanouissaient nos peurs.

Trop de lumière éteint.

Dis-moi quoi ?

Avatar du bavard,

Ecrits au hasard.

Les gouttes d’étoiles enveloppent les à-coups

d’une joie bleue noircie de mots débris.

Elles font le doux.

Envole-les !

Les idées auront des bras.

Les jambes, heureuses d’être des pas,

allumeront les rêves,

filtreront les canulars.

Puisque le héron m’indiffère,

j’irai.

 

Prune C.

 

Sainte Beaume 20.04.08 654

 

Le vent dans sa fureur

Comme le malheur

Egratigne les cœurs

Les chemins sortent

malgré le froid

Voyage lointain

Il fera beau demain

Les sources se promènent

 dans les champs

Autour de la vie,

comme des enfants

qui ont le regard clair

 malgré les ombres

Leurs yeux espèrent des merveilles

Leurs oreilles jouent à entendre

 Une comptine, une voix tendre 

« Un papillon zélé

Comptait fleurette

A une coccinelle fluette

Trop fière pour l’écouter

Il s’éloigna dépité

Il en perdit son zèle et ses ailes »

La nuit enveloppe les arbres de douceur

Le temps tricote avec lenteur

La velours du soir

Le calme et l’ espoir

Une petite voix égrène :

« Une grenouille grise

 grignotait allègrement

de grosses grappes de cerises

en dépit du règlement »

Eclats de rires, tendres soupirs.

Quelques gouttes d’étoiles

Pour mieux gouter la nuit

Là-haut un avion cherche d’autres mondes.

Une joie bleue s’envole vers d’autres rêves.

 

Dominique D.

 

Sainte Beaume 20.04.08 648

 

 Parce qu’elle ne comprenait plus rien à ses rêves.

 

Il continuait à vouloir l’entraîner sur des chemins brûlants de glace.

Il voulait encore vivre avec elle au milieu des oiseaux bâtisseurs de rivières sans détours.

Ils nageraient tous deux, suivant les sources qui se promènent à travers les champs.

Il croyait pouvoir encore donner une chance à leur cabane d’éternité.

Mais la joie bleue s’envole à l’infini.

Et parce qu’elle ne croyait plus à ces jours qui portent chance, elle mettait en solde sa collection de chapeaux et d’émois fatigués.

Et parce qu’elle ne comprenait plus rien à ses rêves, elle faisait lentement sa valise de fleurs.

Et lui, versait des larmes astronomiques.

 

Il lui revenait à l’esprit le début de leur rencontre.

D’abord ces caresses à peine échangées au beau milieu d’une boîte sardines.

Il l’avait observé entrain de lui tricoter des écharpes de désirs.

Elle était arrivée à leur premier rendez-vous emmitouflée de senteurs capricieuses.

Lui, en retard, à folle allure, contre sens et dans la pagaille, lui avait tout de suite proposé d’aller à la rencontre des pâquerettes.

Elle, boudeuse.

Alors il avait joué à tout ou rien et lui avait promis d’apprivoiser la violence du vent.

Face à ce bel homme cosmopolite bien de chez nous elle avait  l’impression d’avancer à tâtons au milieu des scoubidous, mais peu à peu tous deux, à force de questionner les rêves avaient finis par décrisper les contraintes.

On les avait vus casser la glace pour pêcher avec les ours sur la voie lactée.

Souvent ils se mitonnaient des ardeurs aux petits lardons, ou organisaient des fêtes à offrir des crayons de couleurs à tous les gens sérieux.

 

Mais peu à peu une lassitude indescriptible la gagnait, à force de le voir sans cesse jouer au preux chevalier à coup de spaghettis.

De le voir toujours amarrer sa chaloupe bien trop prés du volcan, elle trouvait les fumerolles collantes et l’atmosphère désenchantée : elle ne comprenait plus rien du tout à ses rêves.

 

Elisa. G.

 

Sainte Beaume 20.04.08 618

 

Tout possible

 

s'approcher du vivant jusqu'à s'immerger

s'extraire avec douceur de l'aube

 

l'arbre alors s'éprend du ciel

le galet espère la vague

au hasard d'un oiseau bleu

 

de l'écume à la marée

la lune se dissout et renaît

l'horizon s'échappe vers la source de l'aube

 

tout possible

nos yeux espèrent

savent ils où nous allons ?

 

Petit éclat de songe sur le rebord du temps

connaître le silence

s'étirer vers l'attente

espérer un jour doux

où tout possible

 

Quels chemins alors sortent de nos visages

plein d'oreillers

 

La patine de l'absence d'été

effeuille l'hiver dans la cheminée

l'idée d'un froid vertigineux

invente un vent vivant à venir sur le visage

la pluie même se pare d'espérance...

 

tout possible

 

Des ombres tombent pour ouvrir des fenêtres sur la lumière

 

Matin

page blanche et vierge

tout possible

un velours de lèvres comme un pétale de fleur

un amour sucré d'infinie douceur

peut être

à déguster

oser le rêve d'espérer tout possible

 

Un oiseau d'un chant soudain

propose la joie

sait elle où elle va ?

 

Le sommeil s’efface et s'effiloche

 

comme une bouteille à la mer

le marcheur enfante le mouvement

vers le vie qui s'épanche

 

saisir la chance

heureuse du voyage

dans un jour remis à neuf

où tout possible

naît

 

Anne Rp.

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