Rêves de Haïkus ...
La chanson de l'Art des Haïkus
« Si tu veux apprendre l'art des haïkus
assieds-toi
la vie se passe au-delà de toi-même
prends une plume et du papier blanc si tu veux
tes mains
sont aussi une toile ou deux
Ici même et tout de suite,
capture une image, une scène, un sentiment
c'est tout ce qu'il faut pour les décrire
sens comme toutes choses coulent dans le même fleuve
ta vie
est une goutte de pluie que tu lâche toi-même. »
In : « Le plus bel endroit du monde est ici » - F. Miralles & C. Santos
Françoise C.
Le jardin et ses feuilles à terre
Un cimetière en automne
Mon âme frissonne - Grand-mère où es-tu ?
Rafales - Nuit - Course
Peur dans la ville rougie
Hurlement de nos insouciances brisées
Le Diable et le Bon Dieu se donnent la main
Affreux tintamarre - hurlements - cacophonie
Le monde doit choisir son camp
Une petite fille traverse la ville
Dans son sac pain et chocolat
Et toute la joie du monde à partager
Mets ton costume de scène et sors
Drape-toi dans ta dignité
Pourquoi laisser parler les armes ?
Une estrade en cette fin d’été
L’enfant reçoit la récompense
Bravo lui dit-on - Il chantonne en rentrant
Tragédie - Comédie
La ville est la scène où tout se joue
Aujourd’hui mes yeux pleurent
Tu t’assieds devant l’immensité
Tu contemples et t’interroges
Pourquoi ? L’automne est si doux
|
Jean-Claude N.
L’envers du décor dans le noir, Montre des coussins abandonnés, … et des instruments débranchés.
Rouge, noir, panneaux gris, Chaise isolée vide, nature froide Mais extincteur protecteur.
Le peintre du décor et ses couleurs Assaillent l’œil du spectateur : Mais quel rôle, alors, pour l’auteur ?
La voix acide de Jean Vilar, en noir et blanc, Convoque les ombres du passé Et le Palais revit immédiatement … en instantané.
Blanc, blancheur, surface accueillante, Montée d’escalier aux voix brisées Qui m’accompagnent, improbable visiteur.
Salle grise aux dalles bleu/blanc/rouge Couleurs du jour ou de toujours : La liberté triomphe de l’actualité.
T N P Tout Pour nous Pousser Sur cette affiche à nous dépasser, Bleu, blanc, rouge, à nous surmonter.
Merci Marcel JACNOT pour ce sigle TNP Mais aussi pour les « Gauloises » Aujourd’hui délicieusement envolées en fumée.
J’entends des pas dans l’escalier, Vaste espace abandonné : Je me retourne, étonné … de m’y trouver. |
Marc O.
Quelques hommes qui courent après un ballon
Des milliers qui les suivent à la trace
Qu’ont-ils fait de mal ?
Le rire interdit
L’amusement un crime
Que reste-t-il à la vie ?
Des yeux, un regard
Qui parlent du cœur, des tripes
D’une histoire qui raconte la vie
Des yeux qui regardent ailleurs
Qui parlent de quelqu’un d’autre
D’une folie qui n’est pas la sienne
Des notes de musique, une voix
Qui transforment un vécu brut
En sentiments partagés
Dominique D.
Tombent les feuilles d’automne
Rouges comme des larmes de sang
L’arbre fier relève la tête
L’artiste sur la scène
Le poète sur sa feuille
Se moquent bien de la censure
Quand la liberté est attaquée
La culture crie au secours
Le monde entier se réveille
Pleure la patrie
Sonne le glas
On respire et on rêve encore
Des hommes chantent sous la mitraille
Leurs voix s’élèvent au milieu du fracas
La musique redonne espoir
La musique vient au secours
De l’art et de la poésie
Ouvre tes yeux et tes oreilles
Seul sur la scène immense
Devant le public debout
Il pleure des larmes de joie
Gilbert B.
Compagnon d’écriture,
Ta présence me réconforte.
Ferronnerie travaillée, beauté figée
Qui finalement- n’est pas du rable
Mangé par l’artisan qui t’a fait naître !
Arbre,
Ton lieu de naissance te permet,
D’être honoré
Ou de finir aux oubliettes
Des toilettes.
Silhouette inconnue, élégante et gracile,
Vous disparaissez aussi vite
Que vous m’êtes apparue.
Danse sur le trapèze de lumière
Et imagine l’acrobate.
Mur noir, uni sombre et triste,
Grâce à toi, la photo est plus belle.
Mobile immobile de l’artiste
Dans quel sens dois-tu tourner pour avoir un sens ?
Jean-Pierre C.
Les mots courts
Haletés
Disent et cachent les même secrets
Les petits mots habillant se déshabillent
Le souffle des voix s'organise
Les oreilles voient l'inaudible
Danse la flamme de la nuit
Laisses courir tes jambes
L'ogre ne peut t'attraper
Dans le silence
Des voix inconnues
T'appellent
Fumée bleu froid
Incandescence rouge
Bleu blanc rouge est en berne cigarette
Roule tabac et filtre la fumée froide
Goulée tiède
La fumée rejetée c'est toi qui la réchauffes
Jolie fille talons en équilibre sur les pavés
Vieille dame arpente les mauvais pavés le mal en patience
Qui es-tu
Froid gris enveloppe et pénètre
Mauvais rêve
Souffles et chasses le désarroi
Un bébé de l'exil brinqueballe dans sa carriole
Roland, de Roncevaux, se précipite
Et sauve l'empereur en devenir
Les pavés jonchent la cour
Ils se ramassent à l a pelle
Les coups de pelle fracassent tout aussi bien
Ligne nette entre l'ombre et la lumière sur la paroi ensoleillée
L'automne est impitoyable
Le regard éclairé se chauffe aux vitres illuminées
Roland G.
La pierre polie
luit pressée
sous les pas.
Ils se déplacent
et parlent
les mots sous-entendus.
Seul quand le crayon
crisse sur le blanc
au papier donné.
Il reste la photo
sous les plumes
et les ombres.
Seul au coin
des yeux percés
reposent.
Si petit
l’escalier de l’immeuble
regarde la lumière.
Même pas peur des balles
du bonimenteur
sous les stucs.
Sous la fenêtre
l’oiseau plonge
et les feuilles jaunes.
Déshabillé sans fard
l’arbre muet
se penche.
Elle souffle l’âme
elle respire à peine
écoute son silence.
Les règles du haïku traditionnel
- Comporter 3 vers non rimés
- Être bref pour permettre de le lire à voix haute le tempsd d'une respiration
- De préference faire référence à la nature ou aux saisons
- Être toujours rédigé au présent ; même si les verbes peuvent être omis, il ne doit jamais renvoyer au passer ni au futur
- Exprimer la vision ou l'étonnement du poète
- Faire allusion à l'un des cinq sens.
In : « Le plus bel endroit du monde est ici » - F. Miralles & C. Santos










